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Donald Trump promet de rendre publique sa conversation 'totalement appropriée' avec le président ukrainien

Donald Trump promet de rendre publique sa conversation 'totalement appropriée' avec le président ukrainien
© REUTERS/Jonathan Ernst

Le président américain Donald Trump va devoir s'expliquer. Selon plusieurs médias américains, il aurait pressé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, à quelque huit reprises au cours d'un entretien téléphonique le 25 juillet dernier, d'enquêter sur son rival Joe Biden et son fils. La Chambre des représentants a ainsi lancé mardi une enquête pour "impeachment" à l'encontre de Donald Trump, première étape d'une procédure de destitution contre le président des Etats-Unis.

En réponse, Donald Trump a annoncé mardi que la transcription "complète, totalement déclassifiée et non expurgée" de son entretien avec Volodymyr Zelensky serait rendue publique mercredi, et qu'elle montrerait que cette conversation était "totalement appropriée". Donald Trump a également confirmé qu'il avait suspendu près de 400 millions de dollars d'aide à l'Ukraine tout en démentant avoir eu recours à cette aide comme moyen de chantage.

D'après la presse américaine, le président a demandé à huit reprises au cours de sa conversation avec Volodymyr Zelensky l'ouverture d'une enquête des autorités ukrainiennes sur Joe Biden et son fils Hunter, qui fait des affaires en Ukraine. Il a par la suite annoncé au président ukrainien la suspension de l'aide, ses accusateurs voyant dans cette "contrepartie" une manière évidente sinon explicite d'exercer un chantage sur Kiev.

La Maison blanche s'apprête aussi à divulguer d'ici la fin de la semaine la plainte du lanceur d'alerte concernant l'appel téléphonique, a annoncé un responsable de l'administration américaine. La Maison blanche va probablement autoriser le lanceur d'alerte, qui appartient à la communauté américaine du renseignement, à rencontrer les enquêteurs du Congrès, a précisé le responsable, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.

'Personne n'est au-dessus de la loi'

Après avoir hésité pendant des mois, les démocrates, majoritaires à la chambre basse du Congrès depuis janvier, se sont finalement résolus à engager un bras de fer avec la Maison blanche qui devrait peser sur la campagne en vue de l'élection présidentielle de 2020. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a annoncé le lancement de cette enquête pour "impeachment" (mise en accusation) à l'issue d'une réunion à huis clos avec les élus démocrates, estimant que le président Trump avait mis en danger la sécurité nationale des Etats-Unis et violé la Constitution.

"Le président doit rendre des comptes. Personne n'est au-dessus de la loi", a expliqué Nancy Pelosi. Donald Trump a répliqué rapidement sur Twitter en dénonçant "une chasse aux sorcières pourrie".

Beaucoup d'élus démocrates préconisent depuis longtemps l'ouverture d'une procédure de destitution contre Trump en raison de l'ingérence russe dans son élection, ou de ses conflits d'intérêt, mais ces efforts avaient jusque-là été bloqués par l'aile modérée du Parti. C'est finalement l'affaire ukrainienne qui a convaincu cette dernière de se rallier à l'option politiquement risquée de l'"impeachment".

"S'il continue à bafouer la loi, Donald Trump ne donnera pas d'autre choix au Congrès que d'enclencher une procédure d'impeachment", a déclaré Joe Biden dans un bref communiqué avant l'annonce de Nancy Pelosi.

La destitution de Donald Trump, hypothèse improbable

La Chambre va tenter de déterminer si Donald Trump a cherché à faire pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d'un entretien téléphonique le 25 juillet dernier, pour obtenir des informations susceptibles de nuire à Joe Biden, favori dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020.

La procédure d'"impeachment" se déroule en plusieurs étapes. La Chambre des représentants enquête et, s'il y a lieu, rédige et vote à la majorité simple des motifs de mise en accusation ("impeachment") contre le président. Si la Chambre vote l'impeachment, le Sénat organise un procès. La décision de culpabilité est prononcée par les sénateurs à la majorité des deux tiers, ce qui, au vu de la configuration actuelle du Sénat à majorité républicaine, est une hypothèse improbable.

Business Insider
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