Publicité

Drone suicide, laser, 'railgun'... 10 armes futuristes en cours de développement

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Drone suicide, laser, 'railgun'... 10 armes futuristes en cours de développement
Le nouveau bombardier stratégique furtif de l'US Air Force, le B-21 Raider, devrait voler pour la première fois en 2022. © Northrop Grumman/US Air Force
Publicité

Quelle sera la réalité du champ de bataille de demain ? Les armées les plus développées rivalisent d'imagination pour mettre au point des technologies de rupture, à même de leur offrir un avantage stratégique sur le terrain — et de protéger, au mieux, la vie de leurs soldats. Le progrès technologique et l'avènement de l'intelligence artificielle (IA) modifient déjà la réalité des théâtres de guerre. Les drones terrestres, aériens et maritimes prolifèrent et soulèvent des questionnements éthiques. Faut-il laisser à des systèmes d'armes létales autonomes (SALA) la décision d'ôter des vies, sans intervention humaine ?

La France, pour l'heure, n'entend pas franchir le Rubicon. "Pour respecter un haut niveau éthique, la France a fait le choix de maintenir systématiquement la responsabilité du commandement militaire dans l’emploi des armes", affirme le ministère des Armées dans son nouveau Document de référence de l'orientation de l'innovation de défense (DrOID), publié lundi 12 juillet.

À lire aussi — Comment une guerre dans la péninsule coréenne pourrait virer en un affrontement naval

"Nous ne pouvons pas écarter le risque que de telles armes puissent être développées, un jour, par des États irresponsables et tomber entre les mains d'acteurs non-étatiques", relevait toutefois la ministre de tutelle, Florence Parly, lors d'un discours consacré à l'IA en 2019. La position française, par ailleurs partagée par une majeure partie de la communauté internationale, ne fait malgré tout pas l'unanimité.

Certains pays, et non des moindres, investissent massivement pour développer leurs capacités en armement autonomes, freinant tout projet de création d'un cadre réglementaire. "Une poignée de puissances militaires, notamment la Russie et les États-Unis, ont fermement rejeté les propositions visant à négocier un nouveau protocole à la Convention sur les armes classiques ou un traité international autonome", déplorait l'ONG Human Rights Watch (HRW), dans un rapport publié en août 2020.

Si la question d'une éventuelle interdiction des SALA reste sur la table, les plus grandes puissances militaires ne lésinent pas sur les moyens pour développer des innovations militaires que l'on aurait, autrefois, rangé dans la case "science-fiction" : laser, canon électromagnétique, navire autonome...

Business Insider France a sélectionné dix systèmes d'armement prometteurs, en cours de développement à l'international — cette liste est, bien entendu, non-exhaustive :

Laser anti-missile — États-Unis

Lockheed Martin/Air Force Research Lab

Coordonné par le laboratoire de recherche de l'US Air Force, le programme SHiELD (Self-Protect High Energy Laser Demonstrator) vise à installer une arme à énergie dirigée sur un avion de combat pour neutraliser des missiles. La tâche n'est pas simple. Le laser devra être extrêmement puissant tandis que le rayon devra être assez rapide pour suivre la trajectoire du projectile.

Débuté en 2016, le projet rassemble trois des plus importantes sociétés de défense américaines : Lockheed Martin, Northrop Grumman et Boeing. Tous les composants de l'arme devraient être livrés ce mois-ci ; le premier essai en vol a été annoncé pour 2024.

À lire aussi — Voici le poids des forces chinoises face à l'armée américaine

Char autonome — Russie

FPI/Advanced Research Foundation

La plateforme robotique, dénommée Marker, doit combiner la capacité de navigation autonome et l'interaction avec d'autres systèmes basés sur l'IA. Le système est en développement depuis 2018 et plusieurs tests, notamment de tirs, ont eu lieu en 2020. Selon un responsable de la Fondation pour les projets de recherche avancée dans l'industrie de la défense (FPI), cité par l'agence de presse Tass, les essais de tir ont montré une précision et une vitesse supérieures à celle des tireurs d'élite. Selon ses concepteurs, le char autonome sera capable de détecter et d'abattre de petits drones, tout en faisant la différence entre un civil et une menace réelle.

Marker, qui sera également pourvu de drones de reconnaissance et d'attaque, entre dans sa phase finale d'essais en 2021.

Canon électromagnétique — Chine

Depuis 2017, la marine chinoise teste sur l'un de ses navires ce qui est considéré par CNBC comme "le canon naval le plus puissant du monde". Un canon électromagnétique, ou "railgun", tire des projectiles hypervéloces grâce à l'attraction électromagnétique.

L'arme a été aperçue pour la première fois en 2011 et la Chine est pour l'heure la seule nation à l'avoir montée sur un navire de combat. Le projet de canon électromagnétique américain, sur lequel travaillait l'US Navy depuis plus d'une décennie, a été abandonné début juillet après une série de déboires.

Selon des sources gouvernementales citées par CNBC, le canon chinois est capable d'atteindre des cibles distantes de 200 kilomètres, à une vitesse de plus de cinq kilomètres par seconde. Les autorités américaines estiment que l'arme sera mise en service dans la marine chinoise d'ici 2025.

À lire aussi — La croissance des avions de transport de l'armée chinoise impressionne et inquiète ses rivaux

Drone suicide pour combat urbain — Israël

Développé par l'autorité israélienne de développement de technologie militaire Rafael, le drone suicide Spike Firefly peut embarquer une charge explosive de 350 grammes pour un poids total de 3 kg. Conçu pour un utilisation en combat urbain, il peut être rapidement déployé puis guidé via tablette par un soldat pour atteindre une cible dans un rayon d'un kilomètre. Surtout, il peut atteindre des ennemis à couvert et au-delà du champ de vision de l'opérateur.

Ses deux moteurs électriques peuvent le faire voler jusqu'à 500 mètres d'altitude, avec une autonomie de 15 minutes. Lors de sa plongée vers la cible, ce petit drone peut atteindre 70 km/h.

Dévoilé en 2019 au salon Milipol, à Paris, Spike Firefly sera prochainement déployé dans l'armée de terre israélienne.

DroneGun — Australie

DroneShield/Capture d'écran

L'entreprise australienne DroneShield a mis au point une arme géante au design peu courant pour neutraliser des drones. Le DroneGun, qui mesure 1,4 mètre de long sur 45 centimètres de haut est capable de brouiller la connexion entre un aéronef et son opérateur. Sur une portée de deux kilomètres, ce fusil non cinétique pirate le drone pour forcer son atterrissage ou le pousse à faire demi-tour, vers son point de départ.

Le 15 juillet, l'entreprise australienne a annoncé avoir reçu une commande émanant d'une agence fédérale américaine "de premier plan" pour "un système anti-drone portable", sans plus de précision.

À lire aussi — Un laser détruit un mini-drone en plein vol, une première pour l'armée française

Drone-hélicoptère — Chine

Capture d'écran YouTube/ZIYAN UAV

Le Blowfish A2, développé en Chine par l'entreprise privée Ziyan, est un drone-hélicoptère pouvant être utilisé pour des missions variés. Cet aéronef d'un peu plus de 13 kg peut évoluer à une altitude maximale de 5 100 mètres ; le tout à des vitesses allant de 70 à 130 km/h.

Avec une portée de 80 kilomètres et une capacité de charge utile de 15 kg, il peut mener des opérations de fret, de reconnaissance ou d'attaque — il peut embarquer, par exemple, six obus de mortier de 60 mm.

Le Blowfish A2 peut aussi être associé à d'autres hélicoptères de Ziyan pour former un essaim capable d'attaquer une cible de manière coordonnée et autonome.

Bombardier furtif — États-Unis

Représentation artistique du futur bombardier furtif B-21 Raider. Alan Radecki/Wikimedia Commons

Northrop Grumman a remporté, fin 2015, un appel d'offre chiffré à plusieurs dizaines de milliards de dollars pour développer le prochain bombardier furtif de l'US Air Force : le B-21 Raider. Censé remplacer les bombardiers B-2 Spirit et B-1 Lancer. Il est conçu pour transporter des ogives thermonucléaires sur de très longues distances, avec une signature radar quasi-nulle.

Le B-21 Raider, dont le premier vol est prévu pour 2022, deviendra partie intégrante de la triade nucléaire américaine — en addition aux missiles balistiques intercontinentaux et aux missiles mer-sol balistiques stratégiques. "Le B-21 Raider sera capable de pénétrer les défenses les plus solides pour effectuer des frappes de précision partout dans le monde", promet Northrop Grumman.

Deux prototypes sont aujourd'hui en développement, pour un coût unitaire de 639 millions de dollars (environ 541 millions d'euros). Au total, le coût du programme s'envole à plus de 90 milliards de dollars (environ 76 milliards d'euros), avec 145 appareils commandés.

À lire aussi — Robot-mule, shrapnel anti-drone... 5 innovations technologiques portées par l'armée allemande

Essaims de drones sous-marins — Russie

Le président russe, Vladimir Poutine, accompagné de son ministre de la Défense Sergueï Choïgu et du commandant en chef de la marine, Nikolai Yevmenov, le 11 septembre 2020. Wikimedia Commons

Le média russe Gazeta.ru a révélé début mars que la Russie travaille sur un système d'essaims de drones sous-marins "contrôlés par l'intelligence artificielle".

Selon le site d'information, qui cite une source haut placée dans le complexe militaro-industriel russe, le système serait composé d'engins en surface et dans les profondeurs. L'ensemble, d'un poids oscillant entre 500 et 1 000 tonnes, pourra être utilisé dans une grande variété de missions d'attaque, y compris contre des porte-avions, explique cette source.

Aucune date de mise en service n'a pour l'heure été communiquée. Les développeurs du systèmes s'efforce actuellement d'améliorer la transmissions des signaux entre les milieux terrestres et maritimes.

Toujours est-il que la Russie place de grands espoirs dans cette nouvelle technologie, qui pose déjà d'énormes défis stratégiques lorsqu'elle est déployée depuis les airs. "(...) Celui qui arrivera à compléter cette technologie aura des avantages indéniables dans la lutte armée en mer. Il deviendra, sans exagération, le seigneur des océans", a affirmé la source du média russe.

Navire de combat autonome — Chine

China Shipbuilding Corporation/Twitter

Développé le conglomérat public China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC), le navire autonome JARI a débuté des essais en mer en janvier 2020, d'après le South China Morning Post.

Long de 15 mètres, ce navire a un rayon d'action de 500 miles nautiques, soit 926 kilomètres. Surtout, ce drone est loin d'être un bateau de plaisance : il possède deux torpilles anti-sous-marin, deux petits lanceurs de missiles sol-air et antinavire, un canon de 30mm sur son pont avant ainsi que des missiles anti-aériens de courte portée...

Le JARI peut être contrôlé à distance à partir d'un navire-mère ou depuis la côte. Il peut aussi être configuré de manière autonome, seul ou en essaim, et entreprendre des activités de combat une fois commandé.

À lire aussi — Ce navire de l'US Navy parvient à neutraliser des essaims de drones grâce au brouillage

Découvrir plus d'articles sur :