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'Dune' au cinéma : notre avis sur le film événement de la rentrée

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'Dune' au cinéma : notre avis sur le film événement de la rentrée
Zendaya et Timothée Chalamet dans "Dune". © Warner Bros.
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A en croire la campagne publicitaire massive et les avant-premières en grande pompe, au festival de Venise comme au Grand Rex de Paris, “Dune” est le film événement de la rentrée. Voire de l’année, tant le Covid nous a privé de nombreux blockbusters depuis 18 mois. Il a d’ailleurs subi lui aussi la vague de reports qui a frappé Hollywood, puisqu’il était initialement attendu en salles en décembre dernier.

De quoi ajouter de l’attente à l’attente. “Dune” est la nouvelle adaptation du roman de Frank Herbert, œuvre de science-fiction devenue mythique car réputée inadaptable. Alejandro Jodorowsky avait essayé sans succès dans les années 70, avant que David Lynch ne reprenne le projet et réalise, en 1984, un ovni drôle au second degré mais franchement raté. Quand le studio a annoncé que Denis Villeneuve, qui s’est fait un nom avec des films de science-fiction grand public mais exigeants — “Premier Contact” et “Blade Runner 2049” — réaliserait une nouvelle adaptation, les fans du monde entier se sont mis à rêver de voir, enfin, une digne représentation du monde de Frank Herbert à l’écran.

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Un projet ambitieux, tant le roman est dense et dépeint un monde complexe, mais aussi une prise de risque pour le studio Warner Bros., qui veut lancer une nouvelle franchise avec cette saga, et a déjà commandé une série spin-off pour sa plateforme HBO Max. La concrétisation de la vision du réalisateur repose entièrement sur le succès du film, puisqu’il ne couvre que la première moitié du roman, et la suite ne sera produite que si les résultats sont au rendez-vous.

Autant dire qu’avec 2h35 de film, “Dune” prend donc le temps de poser le décor. Celui de deux clans qui se battent pour le contrôle d’Arrakis, une planète désertique inhospitalière qui attise les convoitises pour l’épice qu’elle abrite en quantité importante, une drogue qui permet d’allonger l’espérance de vie, d’étendre ses capacités mentales, et rend possible le voyage au-delà de la vitesse de la lumière.

Timothée Chalamet interprète Paul, le fils du Duc Leto Atreides (Oscar Isaac), chef du clan qui va être envoyé par l’empereur galactique pour prendre le contrôle d’Arrakis, et de Jessica (Rebecca Ferguson), membre des Bene Gesserit, une organisation de sorcières aux pouvoirs surnaturels et à l’influence politique importante et mystérieuse. Avec cet héritage, Paul est considéré par les Fremens, la population indigène d’Arrakis, comme l’élu qui pourrait les conduire au paradis.

Techniquement bluffant

A mi-chemin entre Star Wars et Game of Thrones, “Dune” est donc d’abord l’histoire d’un jeune héros face à sa destinée, sur fond d’intrigues politiques et de complot. Un récit aux premiers abords alambiqué que Denis Villeneuve arrive à rendre lisible en simplifiant certains éléments.

Mais il faut toutefois attendre une bonne heure d’exposition avant de voir l’action vraiment démarrer, lorsque les Harkonnens, le clan rival dirigé par un monstrueux baron (Stellan Skarsgård) et son neveu brutal (Dave Bautista), débarquent sur Arrakis avec leur puissante armée.

Heureusement le film est techniquement bluffant. Les décors, signés du même chef décorateur que “Premier contact”, sont gigantesques, comme pour écraser les personnages face au poids de leur destin. Des vaisseaux spatiaux monumentaux, tous plus austères les uns que les autres, défilent à l’écran, et le palais qu’habitent les Atreides sur Arrakis ressemblent à un blockhaus brutaliste, pour signaler à quel point leur nouvelle planète est inhospitalière.

Denis Villeneuve a travaillé pour la première fois avec Greig Fraser comme directeur de la photographie. Celui qui avait déjà filmé “Zero Dark Thirty” et "Rogue One” prend ici aussi le parti du réalisme, aussi bien pour retranscrire les scènes sous un soleil plombant que celles de nuit — qui sont du coup très sombres, même dans une salle de cinéma. La séquence de l’invasion des Harkonnens est particulièrement saisissante.

Pour ces images léchées, pour entendre aussi les moteurs des vaisseaux vrombir, mais aussi pour la musique de Hans Zimmer — compositeur attitré de Christopher Nolan et d’une pléthores d’autres blockbusters — “Dune” mérite amplement d’être vu au cinéma, sur le plus grand écran possible.

Rendez-vous pour l'épisode 2

Si on peut craindre un blockbuster très beau mais désincarné, la deuxième moitié du film parvient heureusement à nous impliquer dans les émotions qui traversent les personnages. Le duo composé de Timothée Chalamet — convaincant en jeune homme qui se construit un costume de héros — et Rebecca Ferguson fonctionne à merveille, et on croit à la connexion entre les deux personnages.

Néanmoins, il ne faudra pas vous attendre à un final explosif. Contrairement à la majorité des blockbusters récents, le film ne s’achève pas par une bataille épique. En restant fidèle à la structure du roman, ce “Dune - Première partie”, comme il se nomme à l’écran, laisse forcément le spectateur sur sa faim, nous invitant à revenir pour la deuxième partie. Zendaya, pourtant propulsée comme une des stars du film pendant sa campagne promotionnelle, n’apparaît que très peu. Elle devrait avoir un rôle central dans la suite.

“Dune” développe une variété de thèmes qui font raisonner ce monde fantasmé avec le nôtre, et c’est là un des principes de la science-fiction après tout. On y parle de fanatisme religieux, de colonisation, d’exploitation des ressources naturelles. Reste à voir comment ces idées se concrétiseront dans la deuxième partie, si elle existe un jour.

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