L’Europe a un projet pour mieux protéger la vie privée sur internet et il fait paniquer les médias

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Bruxelles, le 29 avril 2017. REUTERS/Olivier Hoslet

Une trentaine d'éditeurs de presse européens s'inquiète de ne plus pouvoir utiliser aussi librement les données de navigation de leurs lecteurs à des fins publicitaires.

Ils ont publié une lettre ouverte ce 29 mai 2017 pour demander la modification du projet de protection de la vie privée en ligne porté par la Commission Européenne, intitulé ePrivacy.

Les médias s'opposent en particulier au point du projet qui concerne les cookies publicitaires — des petits "mouchards" qui traquent le comportement d'un internaute lorsqu'il se rend sur un site, et qui permet notamment de lui proposer des publicités ciblées. 

Le règlement ePrivacy souhaite que l'internaute ne donne son accord pour le recueil de leurs données de navigation qu'une seule fois lors de l'installation d'un nouveau navigateur (Chrome, Opera, Safari, Firefox...).

Jusqu'ici, l'internaute doit donner son accord à chaque fois qu'il se rend sur un nouveau site.

Si le règlement ePrivacy est mis en œuvre tel quel, cela signifie qu'une fois que l'internaute aura décidé qu'il ne veut pas activer les cookies publicitaires, aucun site ne pourra utiliser ses informations.  

Or les sites d'info se basent sur ces données de navigation pour proposer des contenus "journalistiques et marketing personnalisés", précisent-ils dans leur lettre ouverte.

Ils regrettent ne plus être en mesure "d’informer chacun des lecteurs sur les raisons pour lesquelles leur consentement est sollicité" ainsi que "d’expliquer les avantages de contenus journalistiques et marketing personnalisés".

Les annonceurs apprécient particulièrement les publicités ciblées. Si les médias ne peuvent plus monnayer les données dont ils disposent sur leurs lecteurs, ils perdront en recettes publicitaire, une "condition [qui permet] à la presse d’être compétitive face à Google et Facebook", justifient-ils.

"La presse a besoin des données numériques générées par les lecteurs pour améliorer ses offres éditoriales et de services : seules ces données permettent de proposer des contenus journalistiques pertinents et des publicités adaptées permettant ainsi de mieux satisfaire les attentes de chaque lecteur internaute."

Parmi les médias français signataires, on trouve le groupe Le Monde, Libération, Le Figaro, l'Equipe ou encore Les Echos.

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