Edouard Philippe a fait plusieurs annonces qui concernent les salariés et les retraités — voici ce qui va changer pour eux en 2019

Le Premier ministre Edouard Philippe à la sortie du Palais de l'Elysée, le 3 août 2018. REUTERS/Benoit Tessier

Le gouvernement fait sa rentrée dans un contexte politique et économique plus compliqué que prévu, entre l'affaire Benalla et le net ralentissement de la croissance attendu cette année.

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le Premier ministre, Edouard Philippe, a fait part des arbitrages décidés par l'exécutif, alors que le gouvernement table à présent sur une croissance de 1,7% pour 2019, contre 1,9% auparavant, et anticipe "un rebond" du déficit public.

Cette hausse du déficit serait notamment liée à la transformation du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en "allégement de charges pérennes" pour les entreprises, mais aussi au ralentissement de la croissance.

Edouard Philippe assure néanmoins que le gouvernement restera en ligne avec ses engagements, sans fournir de chiffre plus précis. L'exécutif prévoyait jusqu'ici un déficit stable par rapport à celui attendu 2018, à 2,3% du PIB.

Voici les annonces faites par le Premier ministre qui auront un impact sur le pouvoir d'achat des Français et le service public:

  • La suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires, dans le privé comme dans le public, dès le 1er septembre 2019. Cette mesure ne changera rien pour l'employeur, qui continuera de verser des cotisations sociales. En revanche, le salarié pourra travailler plus en bénéficiant d'un meilleur salaire net pour ses heures supplémentaires, car non diminué des cotisations retraite, chômage, maladie...
  • La fin de l'indexation des pensions de retraite sur l'inflation. Comme l'aide personnalisé au logement (APL) et les allocations familiales, les pensions progresseront de seulement 0,3% par an en 2019 et en 2020. Cette annonce signifie une baisse du pouvoir d'achat, notamment pour les retraités, dans la mesure où cette faible revalorisation serait bien inférieure au niveau de l'inflation, la Banque de France et les économistes anticipant une hausse des prix autour de 1,5 à 1,6% en 2019, selon Reuters.
  • La suppression de 4500 postes dans le fonction publique d'Etat, et de 50.000 au total à l'horizon 2020. "Nous avons annoncé des réorganisations au ministère des Finances, dans l'audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l'Etat", rappelle Edouard Philippe.
  • Le recrutement de 2000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), ainsi que de 1300 personnes à la justice. 
  • La poursuite de la réduction des emplois aidés. "Nous allons poursuivre l'action engagée: nous voulons transformer l'action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d'obtenir ensuite un emploi viable", considère Edouard Philippe.
  • La non-prise en charge par les entreprises des arrêts maladie de leurs salariés. Selon Les Echos, le gouvernement envisageait de basculer quatre jours d'indemnisation de la Sécurité sociale vers les employeurs pour les arrêts de moins de huit jours. Cette information avait fait bondir le patronat. "J'écarte l'hypothèse d'une mesure brutale de transfert vers les entreprises, c'est clair", a déclaré au JDD le Premier ministre.

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