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Edouard Philippe officialise le 'système universel par points' pour les retraites et la suppression des régimes spéciaux


Le Premier ministre Edouard Philippe s'exprimait devant la presse ce mercredi 11 décembre pour dévoiler le projet de réforme des retraites du gouvernement. Il a confirmé la mise en place d'un régime universel à points, comme prévu par le rapport du Haut-Commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye. Ce système "implique la suppression des 42 régimes existants, dont les régimes spéciaux", a-t-il précisé. Et de marteler : "Le temps du régime universel est venu, celui des régimes spéciaux s'achève." Edouard Philippe a toutefois ajouté qu'il sera mis fin aux régimes spéciaux "très progressivement".

Les points engendrés au cours de sa carrière remplaceront le système actuel basé sur la validation de trimestres. La valeur du point sera fixée par les partenaires sociaux et non le gouvernement, et elle sera indexée sur les salaires qui augmentent plus vite que l'inflation. "La loi prévoira une règle d'or pour que la valeur du point ne baisse pas. (...) Chaque heure travaillée permettra d'acquérir des points et donc d'améliorer sa pension", indique le Premier ministre.

Par ailleurs, une pension minimale de 1 000 euros nets par mois sera garantie pour une carrière complète au Smic. La pension s'élèvera sinon à 85% du Smic au minimum, avec des points alloués pour compenser les périodes de chômage et de maladie.

L'âge légal maintenu à 62 ans, l'âge d'équilibre fixé à 64 ans

Les Français nés avant 1975 ne seront pas concernés par la réforme des retraites. À l'inverse, la génération 2004 sera la première à intégrer totalement le système par points. L'âge légal (et minimal) de départ à la retraite est maintenu à 62 ans. En revanche, pour les métiers "pénibles", les salariés auront la possibilité de partir deux ans plus tôt. L'âge d'équilibre sera quant à lui fixé à 64 ans à partir de 2027, avec un système de bonus-malus. "Sans les y forcer, nous allons devoir inciter les français à travailler plus longtemps", a déclaré Edouard Philippe. "Selon les projections, 64 ans, ce sera l'âge moyen auquel partiront les salariés dans cinq ans", assure-t-il.

Si les régimes spéciaux disparaîtront, le compte pénibilité sera ouvert à la fonction publique. "Nous étendrons le régime de la pénibilité aux trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière, ndlr)". Selon le Premier ministre, les femmes seront les "grandes gagnantes" du système universel. Ce système compensera la maternité "à 100%"et des points supplémentaires seront accordés dès le premier enfant.

Les syndicats très remontés par ce discours

Edouard Philippe estime que le régime universel permettra "plus de solidarité en faisant contribuer les plus hauts revenus". Jusqu'à 120 000 euros de revenus annuels, tout le monde cotisera au même taux. Puis, au-delà de ce montant, la cotisation de solidarité sera "plus élevé qu'aujourd'hui" pour les plus riches, sans leur apporter de droits supplémentaires.

Mais le discours d'Edouard Philippe, et notamment la perspective de l'instauration d'un "âge d'équilibre" à 64 ans, a fait l'unanimité des syndicats contre lui, rapporte l'AFP. Même la CFDT, partisane de la retraite universelle à points, estime qu'"une ligne rouge a été franchie". "Le gouvernement s'est moqué du monde (...) Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable", a de son côté déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

La fédération CGT des cheminots invitent les salariés "à renforcer la grève" après les annonces du Premier ministre, tandis que l'Unsa, premier syndicat à la RATP, appelle à "installer la mobilisation dans la durée" et à "élargir le mouvement au-delà des transports".

Business Insider
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