Edouard Philippe vient de donner la raison pour laquelle il ne se retiendra pas de défendre des réformes impopulaires

Le Premier ministre Edouard Philippe en conférence de presse à Paris, le 12 juillet 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

Le gouvernement d'Edouard Philippe est aux manettes depuis bientôt trois mois. Une période pendant laquelle il a avancé au pas de charge — annonçant des économies dans les ministères et ailleurs, et poussant son projet de réforme de Code du travail, qui sera présentée le 31 août.

Ces actions ne réjouissent pas tout le monde. Sans surprise, les sondeurs constatent que la cote de popularité du Président de la République et de son Premier ministre baissent.

"Selon le baromètre YouGov publié jeudi, la cote de popularité d'Edouard Philippe s'est effritée de deux points en un mois pour tomber à 37 % d'opinions favorables. Un petit point de mieux qu'Emmanuel Macron qui, lui, atteint les 36 %, une dégringolade de 7 points", rapporte ce vendredi Le Parisien, qui publie un entretien avec Edouard Philippe.

Ce dernier y évacue sobrement l'affolement de certains concernant sa popularité. Edouard Philippe explique au Parisien: 

"Il est plus important d'expliquer ce qu'on fait que d'être approuvé. Je crois que les Français respectent ceux qui expliquent. Nous devons rappeler en permanence le sens de notre action, dépasser la seule argumentation budgétaire pour rappeler le cap que nous suivons."

Pour le Premier ministre, l'obsession de la popularité est même un piège politique. Il ajoute ainsi: 

"Ceux qui ont passé leur temps à regarder les sondages, ou pire, à gouverner au gré des sondages, ont échoué. Je vais essayer de ne pas faire la même erreur. (...) Je ne suis pas là pour faire plaisir à tel ou tel, je suis là pour mettre en oeuvre les engagements du président de la République et pour faire redémarrer le pays.  "

Dans l'entretien, Edouard Philippe détaille diverses mesures qui ne plaisent pas à tout le monde, dont:

  • un pacte de responsabilité pour les collectivités locales: "l'Etat ne baissera plus ses dotations dès lors qu'elles maîtriseront leurs dépenses",
  • le rétablissement d'un jour de carence chez les fonctionnaires,
  • une réforme structurelle de la politique du logement en 2018,
  • des économies sur la dépense publique,
  • le plafonnement des indemnités prud'homales et l'augmentation des indemnités de licenciements dans le cadre de la réforme du travail.

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