Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden vient de prévenir le gouvernement français et particulièrement son Premier ministre : utiliser WhatsApp est dangereux. "Si quelqu'un au gouvernement s'occupe de questions sensibles et utilise WhatsApp, c'est une erreur", a déclaré lundi le lanceur d'alerte au micro de France Inter. L'ancien employé de la NSA était interrogé sur l'utilisation de la messagerie cryptée qui aurait les faveurs d'Edouard Philippe selon la radio — Emmanuel Macron préférant Telegram. "N'importe lequel de ces deux programmes vaut toujours mieux que des SMS ou des messages non cryptés", estime Edward Snowden, ajoutant toutefois que WhatsApp et Telegram "sont extrêmement risqués, si vous êtes Premier ministre".

Pour Edward Snowden, Facebook serait derrière ce problème en siphonnant année après année les barrières de protection pour des enjeux de sécurité nationale. "Facebook est propriétaire de WhatsApp, et lui enlève, couche après couche, ses différents niveaux de protection, depuis qu'ils ont racheté l'entreprise. Ils disent 'non, non nous n'écoutons pas les conversations, vu qu'elles sont codées, pour l'instant en tous cas'.... Alors qu'ils essaient bien d'écouter ces conversations en invoquant des raisons de sécurité nationale."

Le lanceur d'alerte recommande les applications Wire et Signal qui utiliseraient un meilleur codage "disponibles gratuitement".

Edward Snowden demande l'asile en France

Réfugié en Russie après avoir dénoncé le système de surveillance massive des services secrets américains en 2013, Edward Snowden "aimerait beaucoup" qu'Emmanuel Macron lui accorde le droit d'asile. "Le plus triste dans toute cette histoire, c'est que le seul endroit où un lanceur d'alerte américain a la possibilité de parler, ce n'est pas en Europe mais c'est ici (en Russie)", dit-il dans cette interview qui sera diffusée intégralement lundi.

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Il explique avoir demandé vainement l'asile en France dès 2013, sous la présidence de François Hollande. "Evidemment j'aimerais beaucoup que M. Macron m'accorde le droit d'asile", poursuit-il. "Ce n'est pas seulement la France qui est en question, c'est le système dans lequel on vit. Protéger les lanceurs d'alerte, ce n'est pas un acte hostile. Accueillir quelqu'un comme moi, ce n'est pas une attaque contre les Etats-Unis", ajoute-t-il.

L'ancien employé de l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA) publiera ses mémoires la semaine prochaine dans une vingtaine de pays, dont les Etats-Unis et la France.

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