Festival de sports aériens près des pyramides de Gizeh en Egypte, le 28 avril 2018. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

L'Egypte a annoncé qu'elle allait mettre en place une loi pour lutter contre les informations mensongères dans un domaine très précis: les prévisions météorologiques, a rapporté The Guardian.

Lors d'une interview télévisée, Ahmed Abdel-Al, chef des autorités météorologiques en Egypte, qui représentent la seule source d'informations météorologiques du pays, a déclaré que le projet de loi devrait punir toute personne "qui parle de météo ou qui utilise un outil de prévisions météorologiques sans le consentement de l'Etat ou quiconque qui pourrait créer de la confusion au sujet de la météo".

Cette annonce intervient peu après que les autorités égyptiennes ont été accusées d'impréparation après un épisode de météo extrême, qui a coûté la vie à un homme et provoqué des inondations qui ont bloqué des routes au Caire notamment. 

Le gouvernement égyptien a dû présenter ses excuses et a formé un comité d'enquête sur le manquements des responsables de l'Autorité de contrôle administratif. 

La météo était déjà devenue un sujet politique en 2015, lorsque le ministère de l'Intérieur avait affirmé que les inondations à Alexandrie avaient été causées non par des problèmes d'infrastructures mais par des membres des Frères musulmans bannis qui avaient bloqués les évacuations avec du ciment.

Avec ce projet de loi contre les fake news météo, l'Egypte franchit une nouvelle étape contre la propagation des informations mensongères, après avoir annoncé le mois dernier l'ouverture de lignes téléphoniques dédiées que les citoyens peuvent appeler pour dénoncer les fakes news qui porteraient atteinte à la sécurité de l'Etat. 

Interrogé sur le sujet par The Guardian, Timothy Kaldas, du thinktank Tahrir Institute for Middle East Policy a affirmé:

"Que ce projet de loi ait un impact réel ou pas, il reflète le point de vue du gouvernement qui dit qu'il a le droit de contrôler tous types d'informations, y compris les informations qui devraient être issues d'analyses scientifiques apolitiques."

L'Egypte est classée 161e — sur 180 pays — dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Depuis mai 2017, le pays dirigé par le maréchal Abdel Fattah al Sissi — qui en est à son deuxième mandat — a bloqué au moins 497 sites, après avoir adopté une loi contre la cybercriminalité l'autorisant à fermer ou à bloquer tout site qui "constituerait un danger" pour l'économie ou la sécurité nationale.

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