Résultats des élections européennes : EELV obtient une troisième place surprise, le Rassemblement national en tête

Yannick Jadot, tête de liste EELV, le 23 mai 2019. Stephane De Sakutin/Pool via REUTERS

Le Rassemblement national a réussi son pari en prenant la première place lors des élections européennes qui se sont tenues dimanche en France. Néanmoins, la liste de Jordan Bardella n'a finalement obtenu qu'un point de plus que la liste de la majorité présidentielle "Renaissance", selon les derniers résultats publiés lundi par le ministère de l’Intérieur. Le Rassemblement national a obtenu 23,31% des suffrages exprimés, contre 22,41% pour la liste LREM-MoDEM. Ces résultats centralisés sont susceptibles d'être rectifiés avant d'être proclamés par la commission nationale de recensement des votes, précise le ministère. Le RN obtiendrait ainsi 22 sièges au Parlement européen avant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (23 après le Brexit), contre 21 (23) pour la liste LaRem-Modem.

La liste Europe Ecologie-Les Verts conduite par Yannick Jadot, troisième place surprise, obtient 13,47% des suffrages et envoie 12 députés au Parlement européen (13 après le Brexit). Les Républicains, emmenés par François-Xavier Bellamy, sont quatrièmes, avec 8,48%, soit huit sièges à Strasbourg avant ou après le Brexit. A gauche, la France insoumise (LFI) devance de peu, avec 6,31% des voix, Envie d'Europe (Parti socialiste-Place publique) de Raphaël Glucksmann, qui enregistre 6,19% des suffrages, obtenant respectivement six et cinq sièges (six et six après).

Les autres listes obtiennent moins de 5% des suffrages, le seuil pour envoyer des élus au Parlement européen, notamment Debout la France (souverainiste) de Nicolas Dupont-Aignan (3,51%), Liste citoyenne de l'ancien candidat socialiste à la présidence de la République Benoît Hamon (3,27%), Les Européens du centriste UDI Jean-Christophe Lagarde (2,50%) et celle du Parti communiste Ian Brossat (2,49%). Le taux de participation s'est établi à 50,12 %, contre 42,43 % en 2014.

Une "sanction claire" pour Emmanuel Macron

Lors de sa première déclaration post-résultats, Jordan Bardella a estimé que les résultats des européennes étaient une "sanction claire ainsi qu'une leçon d'humilité" adressées à Emmanuel Macron. "C'est lui et sa politique qui sont rejetés", a-t-il ajouté. Marine Le Pen a appelé Emmanuel Macron à tirer les conséquences de son échec, et a évoqué une dissolution de l'Assemblée nationale.

"C'est donc bien une vague verte européenne", a estimé la tête de liste d'Europe Ecologie-Les Verts. "Nous ne pouvons pas nous résigner élection après élection à voir l'extrême droite dominer les scrutins et devenir une option crédible de conquête du pouvoir", a-t-il ajouté.

La tête de liste des Républicains, François-Xavier Bellamy, a reconnu sa défaite. "Nous n'avons pas réussi à faire entendre aux Français notre vision et notre proposition. L'enseignement que je tire de ce résultat, c'est d'abord la crise profonde que traverse notre démocratie", a-t-il dit. "De très nombreux électeurs se sont exprimés d'abord pour voter contre. Une démocratie ne peut trouver un équilibre durable quand elle n'offre que des élections par défaut".

Emmanuel Macron ne changera pas de politique

De son côté, l'Élysée salue un "score honorable" pour la liste LREM-MoDem et estime que la participation aux élections européennes est "une bonne nouvelle", rapporte Reuters. Emmanuel Macron compte "intensifier l'acte II de son quinquennat" et assure qu'il n'y aura pas d'inflexion de sa politique. Il compte s'entretenir avec Angela Merkel ce dimanche soir, à 22h.

"Il n'y a pas eu d'effet de remontée du RN alors que le parti de la majorité partait de zéro", a réagi la source à l'Elysée. LREM fait "aujourd'hui un score tout à fait honorable compte tenu du fait qu'on a traversé une crise importante (des "Gilets jaunes"-NDLR), qu'on est à mi-mandat, qu'on sait souvent que ce vote a été un vote sanction pour le parti présidentiel".

"Il y a bien sur une déception" de voir RN arriver en tête, Emmanuel Macron "n'a jamais caché qu'il aurait voulu être devant", a ajouté cette source, mais "on n'a pas eu ce vote sanction, au contraire, on s'est maintenu quasiment à un niveau équivalent de celui du premier tour" de l'élection présidentielle et "ça c'est fondamental".

A la question de savoir si le chef de l'Etat comptait infléchir sa politique en France, cette source a répondu : "on a toujours dit qu'on se gardait d'une lecture nationale de ce scrutin, l'intention du président de la République c'est d'intensifier l'acte II de son quinquennat". "Son obsession, c'est que cet acte II puisse se réaliser et de l'intensifier, donc il n'y a pas d'inflexion prévue de ce point de vue là", a-t-elle ajouté. "Les orientations qui ont été annoncées à la sortie du grand débat vont se poursuivre. L'objectif, c'est que les Français puissent ressentir le changement".

Sur le plan européen, Emmanuel Macron, qui s'entretiendra à 22h avec la chancelière allemande Angela Merkel, "reste à la manoeuvre pour construire cette grande alliance de progressistes et de pro-européens" qu'il appelle de ses voeux et "pour que la France garde toute son influence dans les institutions européennes".

Le taux de participation plus élevé qu'en 2014

En France, le taux de participation aux élections européennes ce dimanche devrait être nettement supérieur à celui observé lors du précédent scrutin. Il s'établissait en effet à 43,29% à 17h, en hausse de plus de 8 points par rapport aux élections de 2014 (35,07%), d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Le Parlement européen estime le taux de participation en hausse d'environ 9 points pour 27 Etats membres (hors Royaume-Uni) à 51% des inscrits contre 42,61% en 2014. Pour l'ensemble des 28 Etats membres, ce taux s'établirait de 49 à 52%, au plus haut depuis vingt ans. 

Les députés européens sont élus pour cinq ans au scrutin proportionnel à un tour. Seules les listes obtenant au moins 5% des suffrages auront accès à la répartition des sièges, attribués selon la règle de la plus forte moyenne.

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