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Elon Musk prétend que la hausse des cas de coronavirus est due à des erreurs de test, mais c'est faux

Elon Musk prétend que la hausse des cas de coronavirus est due à des erreurs de test, mais c'est faux
© Bill Pugliano/Getty Images

Elon Musk s'est exprimé sur Twitter jeudi pour affirmer que des erreurs de test sont à l'origine de la récente augmentation des cas de coronavirus aux États-Unis. "Il y a un nombre incroyable de tests faussement positifs", a-t-il écrit. "C'est en grande partie la raison pour laquelle les tests positifs pour le Covid-19 augmentent alors que les hospitalisations et la mortalité diminuent".

Angela Rasmussen, virologiste à l'Université de Columbia, a qualifié cette information de "fausse et dangereuse", et les deux se sont disputés en ligne alors qu'elle démontait les affirmations d'Elon Musk. "Les tests diagnostiques Covid-19 ne donnent pas de faux positifs assez souvent pour expliquer la récente augmentation du nombre de cas", affirme la scientifique. Depuis le 15 juin, la moyenne des nouveaux cas quotidiens a plus que doublé, et le nombre total de cas dans aux Etats-Unis est passé de 2,1 millions à plus de 2,7 millions.

Contrairement à ce que prétend Elon Musk, les hospitalisations augmentent par endroits avec de nouveaux foyers d'épidémie. Au Texas, par exemple, les hospitalisations quotidiennes pour Covid-19 ont plus que doublé au cours des deux dernières semaines.

Après qu'Elon Musk a suggéré que toutes les personnes dont le test est positif devraient se faire tester à nouveau, Angela Rasmussen a déclaré que "personne ne profite du fait que les personnes disposant de plateformes leur permettant de toucher des millions de personnes diffusent des informations et des conseils de santé publique manifestement faux".

Elon Musk (à gauche) et l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine portent des masques faciaux pour accueillir les astronautes de la NASA Robert Behnken (à gauche) et Douglas Hurley, au Centre spatial Kennedy en Floride, le 27 mai 2020.  NASA/Kim Shiflett

C'est alors qu'elle a reçu une réponse.

"Oui, Angela, s'il vous plaît, montrez-nous les graphiques/données qui prouvent votre point de vue", a écrit Elon Musk, secondant un partisan qui exhortait Angela Rasmussen à "contester les faits et non les références".

Pour étayer son argumentation, Elon Musk a partagé des graphiques du New York Times montrant le pic des cas comparé à la baisse du nombre de décès quotidiens. L'hypothèse selon laquelle la hausse du nombre de cas doit être erronée si le nombre de décès diminue est trompeuse, car il faut généralement plusieurs semaines pour que le Covid-19 tue des gens, et cette hausse des cas n'a commencé qu'à la mi-juin.

Selon Angela Rasmussen et d'autres spécialistes des maladies infectieuses, le nombre de décès augmente trois ou quatre semaines après une augmentation du nombre de cas. "Le nombre de décès augmentera probablement dans les prochaines semaines, à mesure que le temps passe et que les cas diagnostiqués plus tôt deviennent plus malades", explique-t-elle. "Le pire est encore à venir".

Il y a cependant des raisons pour lesquelles cette nouvelle vague pourrait ne pas produire autant de décès aux États-Unis qu'en avril et mai. Mais elles n'ont rien à voir avec des erreurs de tests, comme l'a suggéré Elon Musk. Les experts affirment plutôt que c'est parce que cette fois-ci, plus de jeunes sont infectés, et qu'ils risquent moins de mourir. Environ 80 % des décès dus au coronavirus aux États-Unis jusqu'à la mi-juin concernaient des personnes de plus de 65 ans.

Pourtant, les décès sont en augmentation dans certains États. En Arizona, les nouveaux décès dus au Covid-19 ont plus que doublé depuis début juin, passant d'une moyenne de 15 décès par jour à 37.

Elon Musk se trompe : les hospitalisations ne diminuent pas aux Etats-Unis

Elon Musk a l'habitude de partager des informations trompeuses sur la pandémie. Il a précédemment laissé entendre que les décès étaient surestimés et que les mesures de confinement étaient inutiles. En mars, il avait prédit que les États-Unis verraient "près de zéro" nouveaux cas d'ici la fin avril. Ce fut finalement le premier pic du virus.

Une voiture corbillard vient chercher les corps devant l'hôpital de Brooklyn le 1er avril 2020 à New York.  ANGELA WEISS/AFP via Getty Images

En réponse aux déclarations d'Angela Rasmussen, Elon Musk s'en est pris à la médecine elle-même. "Il y a quelque chose qui cloche dans la médecine, qui est anti-science", a-t-il écrit. "En science, on remet tout le monde en question, peu importe qui ils sont. Les faits et le raisonnement sont tout, mais en médecine, on met trop l'accent sur les titres de compétences, souvent par des personnes qui n'ont rien accompli d'autre qu'une thèse utilisée par personne".

Mais l'argument d'Elon Musk ne semble pas tenir compte des faits : il insiste sur le fait que les hospitalisations sont en baisse. En réponse, Angela Rasmussen a souligné la hausse des taux d'hospitalisation en soins intensifs en Arizona, qui connaît l'une des plus fortes hausses de nouveaux cas dans le pays.

Elon Musk l'a accusée d'avoir choisi un seul État et a tourné son argument en ridicule. Il a de nouveau partagé les mêmes graphiques du New York Times, même si ceux-ci ne montrent pas les hospitalisations.

En fait, les hospitalisations ont augmenté dans tout les Etats-Unis depuis le 17 juin, selon les données du projet de suivi COVID. Le projet, dirigé par des journalistes de The Atlantic, note également que les hospitalisations sont probablement sous-estimées, d'autant plus que la Floride ne rapporte pas ces chiffres et connaît actuellement l'une des plus fortes hausses du pays.

Il faut parfois plusieurs semaines pour qu'un cas de Covid-19 devienne suffisamment grave pour justifier un séjour à l'hôpital, de sorte que les hospitalisations sont généralement à la traîne par rapport au nombre de cas, comme c'est le cas pour les décès. Le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains) le note même sur le site où il publie les données préliminaires d'hospitalisation. Ce site montre une baisse du nombre de personnes hospitalisées avec des résultats positifs au test Covid-19 du 18 avril au 20 juin. Mais le CDC n'a plus de données après cela.

Quant aux tests diagnostiques Covid-19, la probabilité de faux positifs est faible. Selon le Massachusetts Institute of Technology, les tests PCR utilisés dans tout le pays ne donnent "presque jamais" de faux résultats positifs.

Angela Rasmussen considère au contraire que le "problème majeur" est celui des faux négatifs, qui peuvent conduire à la sous-déclaration de nouveaux cas.

Version originale : Morgan McFall-Johnsen/ Business Insider

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