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Emmanuel Macron annonce un investissement de 800 millions d'euros pour la robotique

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Emmanuel Macron annonce un investissement de 800 millions d'euros pour la robotique
La réindustrialisation de la France passera aussi par le développement de la robotique. © Owen Beard/Unsplash
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La robotique n'a pas été oubliée dans le plan d'investissement France 2030. Celui-ci consacrera 800 millions d'euros pour développer le secteur de la robotique, dont 400 millions pour la fabrication de robots qui intègrent de l'intelligence artificielle, a annoncé lundi 25 octobre Emmanuel Macron en visitant l'entreprise Siléane à Saint-Etienne. L'objectif est de réindustrialiser la France avec des technologies "de demain", a dit le président, qui souhaite promouvoir d'ici cinq ans une filière industrielle mêlant automatisation de la fabrication, intelligence artificielle et objets connectés, ce qui "évite de délocaliser dans les pays à bas coûts", selon lui.

L'usine 4.0, capable d'arrêter seule sa production et de la réorienter en fonction des demandes du marché, avec des conditions de travail nettement moins pénibles qu'une usine classique, fait figure de graal de la réindustrialisation européenne post-Covid. Un premier appel à projet est prévu dans les prochains jours, ainsi que 400 millions pour "accompagner la transformation de sites industriels qui vont de manière massive vers de la machine intelligente", a précisé le président.

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"Nous allons aider au déploiement d'une vraie transformation industrielle qui permettra de réindustrialiser la France, plutôt que de regarder les solutions d'il y a 30 ans." "La nostalgie n'est pas bonne conseillère", a-t-il poursuivi. L'enjeu est énorme. À elle seule, la Chine, usine du monde, représente un tiers de la demande mondiale en matière de robots industriels, selon la banque d'affaires Bryan Garnier, spécialisée dans les technologies.

En avril 2019, les députés Bruno Bonnell et de Catherine Simon s'inquiétaient dans un rapport ("Robotique et systèmes intelligents") d'un retard français dans la robotisation des processus industriels, source de perte de compétitivité dans des secteurs-clés.

Siléane, l'une des entreprises qui pourraient être aidées, emploie une centaine de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros. Spécialisée dans la "robotique adaptative", l'entreprise produit des robots intelligents capables de conditionner des poches de perfusion pour le domaine médical ou encore de gérer des déchets nucléaires. Ces robots sont conçus pour s'adapter à des situations imprévisibles, capables, si les choses ne se passent pas comme prévu, de s'ajuster et d'évoluer.

La France en 7e position pour l'utilisation de robots

La France est en 7e position mondiale pour le nombre de robots utilisés, derrière la Chine, le Japon, les États-Unis, la Corée du Sud, l'Allemagne et l'Italie, selon la Fédération Internationale de la robotique (IFR), basée à Francfort en Allemagne. Avec des machines âgées en moyenne de 17 ans dans les PME industrielles françaises, Bercy se désole de voir qu'une grande partie des 8 000 projets de modernisation qui ont vu le jour grâce au guichet "industrie du futur" du plan de relance en 2020 ont bénéficié à des constructeurs de robots étrangers.

La robotisation est "au cœur du projet France 2030", a dit le président. Ce plan dévoilé le 12 octobre par le chef de l’État porte sur 30 milliards d'euros d'investissements sur cinq ans pour développer la compétitivité industrielle et les technologies d'avenir en France.

Le défi de l'emploi

Reste la lourde et délicate question de l'emploi. Est-ce que cette automatisation industrielle risque de "détruire" demain tous les emplois industriels humains? Un rapport du Sénat "demain les robots" s'en inquiétait en décembre 2019. Pour la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, la robotisation des usines, et plus généralement l'utilisation des nouvelles technologies telles que l'intelligence artificielle, et demain la 5G, vont surtout "permettre de développer voire de relocaliser des productions en France".

"La mise en place d'une filière française de l'offre robotique et de solutions pour l'industrie du futur, que je porte depuis plusieurs années, permettra également de créer de nouveaux emplois dans ce secteur d'avenir", a-t-elle affirmé à l'AFP.

"Nous avons besoin d'usines plus flexibles, capables de se reconfigurer pour faire face à des brutales variations de la demande", souligne Thierry Weil, conseiller au groupe de réflexion "La fabrique de l'industrie" et animateur de la chaire "Futurs de l'industrie et du travail" à Mines Paris, PSL.

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