• Les employés d'Amazon dans plusieurs pays d'Europe prévoient d'organiser des protestations pendant le Black Friday, pour dénoncer les conditions de travail dans les entrepôts du géant de l'e-commerce.
  • Les protestations prendront la forme de manifestations au Royaume-Uni, tandis que les employés en Espagne et Italie prévoient une grève de 24 heures.
  • Un porte-parole du syndicat britannique GMB déclare à Business Insider que les manifestants veulent sensibiliser l'opinion et amener Amazon à la table des négociations pour parler de la sécurité des employés.

Les employés des entrepôts d'Amazon prévoient d'exprimer leur colère contre les conditions de travail lors de manifestations coordonnées à travers l'Europe pendant le Black Friday, ce vendredi 23 novembre 2018.

Le syndicat britannique GMB travaille avec des centaines d'employés pour organiser des manifestations devant cinq centres logistiques vendredi, tandis que les employés en Espagne et en Italie prévoient une grève de 24 heures.

Au Royaume-Uni, des employés d'Amazon et des membres du GMB projettent de manifester devant les entrepôts d'Amazon, en brandissant des banderoles et en distribuant des tracts, explique un porte-parole du GMB à Business Insider.

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La plus grande manifestation aura lieu à Rugeley, près de Birmingham, avec plus de 100 personnes attendues. Après avoir manifesté à l'entrepôt, ils ont l'intention de marcher jusqu'à un rassemblement au Lea Hall Miners' Club, où Jack Dromey, ministre du contre-gouvernement au sein du Parti travailliste, chargé du travail et des retraites, doit prendre la parole.

Le porte-parole du GMB indique que les manifestants cherchent à accroître la sensibilisation plutôt que de perturber les ventes du Black Friday. "Tout ce que nous voulons, c'est mettre Amazon autour de la table" des négociations, dit-il.

Le secrétaire général du GMB, Tim Roache, affirme dans un communiqué que les conditions de travail chez Amazon sont "franchement inhumaines". Il ajoute: "Ils se cassent des os, sont assommés, perdent conscience et sont emmenés en ambulance."

À l'aide d'une série de demandes dans le cadre de la loi d'accès à l'information en vigueur au Royaume-Uni, le GMB a découvert en juin que des ambulances avaient été appelées 600 fois dans 14 entrepôts Amazon au cours des trois dernières années.

Une manifestation contre Amazon, en Allemagne, plus tôt cette année. Sean Gallup/Getty

Sur le site de Rugeley, des ambulances ont été appelées 115 fois au cours de cette période pour des chocs électriques, des saignements, des douleurs thoraciques et des traumatismes majeurs. Les ambulances ont été appelées trois fois pour "grossesse/maternité".

"Dans un entrepôt de distribution de supermarché de taille similaire situé à quelques kilomètres de là, il n'y a eu que huit appels au cours de la même période ", a constaté le GMB.

'C'est un endroit horrible pour travailler'

Avant la manifestation de vendredi, le GMB a recueilli les déclarations des employés de l'entrepôt.

"Je suis enceinte et ils m'ont mise debout pendant 10 heures sans chaise", dit l'une d'elles, en ajoutant: "Ils me disent de travailler dur, même s'ils savent que je suis enceinte. Je me sens déprimée quand je suis au travail."

Lorsqu'un porte-parole d'Amazon a été contacté par Business Insider au sujet de cette déclaration, il a déclaré que l'entreprise n'était "pas en mesure de commenter cette affaire car nous n'avons aucune information" mais que le congé maternité chez Amazon pouvait commencer jusqu'à quatre semaines avant la naissance de l'enfant et durer jusqu'à 16 semaines, avec salaire complet.

Un autre employé ajoute: "C'est un endroit horrible pour travailler, où l'on ne peut pas respirer ou exprimer son opinion, où l'on se sent piégé comme un animal avec un manque de soutien et de respect".

Les conditions de travail d'Amazon ont déjà été critiquées par le passé, notamment par le sénateur américain Bernie Sanders, qui a fait campagne pour que le DG Jeff Bezos augmente le salaire minimum d'Amazon et a déclaré qu'il allait lancer une enquête sur ce qu'il a appelé les "conditions de travail dangereuses".

Amazon a augmenté son salaire minimum à 15 dollars de l'heure en octobre, mais a rejeté les témoignages de ses employés comme un "mythe".

En réponse à cette protestation, Amazon a fait la déclaration suivante à Business Insider:

"Tous nos sites sont des lieux de travail sûrs et les rapports indiquant le contraire sont tout simplement faux. Selon la Direction de la santé et de la sécurité du gouvernement britannique, Amazon a plus de 40% moins de blessures en moyenne que les autres entreprises de transport et de logistique au Royaume-Uni. Nous encourageons tout le monde à comparer nos salaires, nos avantages sociaux et nos conditions de travail à ceux des autres et à venir voir par vous-même lors d'une des visites publiques que nous proposons chaque jour dans nos centres à travers le Royaume-Uni."

Version originale: Isobel Asher Hamilton/Business Insider

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