Les usages numériques ne font que progresser et leur impact sur la planète aussi. En 2019, l'empreinte du numérique sur l'environnement représente 4,2% de la consommation mondiale d'énergie et 3,8% des émissions de gaz à effet de serre, selon une étude du cabinet d'experts GreenIT. Elle équivaut à deux à trois fois l'empreinte de la France. Et le numérique devrait encore augmenter ses impacts sur l'environnement dans les années à venir.

En 2025, il devrait passer à un peu moins de 6% de l'empreinte de l'humanité. Les émissions de gaz à effet de serre du numérique devrait également monter à 5,5%. Aujourd'hui, GreenIT recense déjà pas moins de 34 milliards d'équipements pour 4,1 milliards d'utilisateurs dans le monde. Ces équipements constituent d'ailleurs la principale source d'impacts du numérique, devant les centres informatiques hébergeant les serveurs et le réseau reliant les utilisateurs entre eux et aux serveurs. 

Des télévisions de plus en plus grandes et polluantes

Les équipements génèrent à eux seuls 39% des émissions de gaz à effet de serre du numérique. Ils contribuent aussi à hauteur de 76% à l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables. A l'avenir, la multiplication des objets connectés risque d'accroître la pression sur l'environnement. Ces objets doivent passer d'environ un milliard en 2010 à 48 milliards en 2025. Résultat, bien qu'ils soient souvent petits, ils devraient générer 18% à 23% des impacts sur l'environnement en 2025, contre 1% seulement en 2020.

Autre équipement dont l'empreinte risque de fortement augmenter : les télévisions numériques, connectées à un décodeur ou un boîtier TV, dont le parc devrait doubler en 15 ans pour atteindre 1,2 milliard en 2025. Avec le doublement de la taille des écrans, passant d'une diagonale moyenne de 31 pouces en 2010 à 65 pouces en 2025, les télévisions connectées devraient représenter 9% à 26% des impacts sur l'environnement en 2025, contre 5% à 15% en 2010.

Les smartphones, dont la croissance est bien moins forte dans un marché déjà saturé, devraient de leur côté peser pour 4% à 16% de l'empreinte du numérique en 2025, contre 2% à 6% en 2010. 

Le numérique en danger face à l'épuisement des stocks de minerais

"Alors que l'informatique — ordinateurs et dispositifs d'affichage associés — concentrait autour de 40 % du total des impacts du numérique en 2010, un basculement s'opère depuis 2015 et accélère jusqu’en 2025, avec principalement 3 nouvelles sources d'impacts", précise GreenIT, évoquant les télévisions, les smartphones et les objets connectés. 

Frédéric Bordage, expert français du "numérique responsable" et auteur de l'étude, tire la sonnette d'alarme sur les matières premières utilisées pour fabriquer nos équipements numériques. "Au rythme actuel, le numérique — qui dépend directement de ressources abiotiques (ressources naturelles non renouvelables comme les minerais, ndlr) en voie d'épuisement — sera considéré comme une ressource critique non renouvelable d'ici moins d'une génération", prévient-il.

Au-delà de l'impact environnemental, l'un des grands enjeux de demain sera donc de trouver comment sauvegarder le numérique face à la raréfaction des ressources. A moins long terme, la progression du poids du numérique dans nos sociétés risque aussi de renforcer les tensions sur les matières premières et le rôle des minerais dans le financement de conflits armés en Afrique et en Asie. 

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