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En redressement judiciaire, Camaïeu aurait reçu sept offres de reprise

En redressement judiciaire, Camaïeu aurait reçu sept offres de reprise
Magasin Camaïeu du centre commercial Auchan à Aubagne (13), juin 2020. © Business Insider France/Claire Sicard

Le bout du tunnel est-il proche pour l'enseigne de prêt-à-porter ? En redressement judiciaire depuis le 26 mai dernier, le groupe Camaïeu semble néanmoins rester intéressant pour de potentiels investisseurs : sept offres de reprise ont été déposées au tribunal de commerce de Lille Métropole en début de la semaine, selon Les Échos. Sur ces sept offres, deux porteraient sur une reprise totale de l'entreprise et cinq seraient partielles. La première offre de reprise totale provient du management actuel de Camaïeu et de son président Johannes Soënnen, arrivé en septembre 2019.

Soutenu financièrement par trois fonds, l'offre porterait sur une reprise de la chaîne pour 2 millions d'euros, auxquels seraient ajoutés 30 millions de fonds propres, selon des sources syndicales citées par le quotidien économique. 250 magasins sur les 632 que comptent l'enseigne, soit 40% du parc en France, fermeraient leurs portes et 1 246 postes seraient ainsi supprimés sur les 3 230 salariés. Cette offre reste néanmoins soumise à l'obtention d'un Prêt Garanti par l'État (PGE) d'un montant de 45 millions d'euros. La seconde offre de reprise totale, toujours selon les syndicats, proviendrait de la Financière Immobilière Bordelaise (FIB), propriété de Michel Ohayon, déjà repreneur en 2018 des magasins La Grande Récré.

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Le montant de reprise de Camaïeu pour cette deuxième offre ne serait que de deux euros symboliques et elle prévoirait la fermeture de 132 magasins, soit 21% du parc français, et la suppression de 465 emplois. Les cinq autres offres partielles ne proposeraient que la reprise de points de vente, 45 par exemple pour le groupe Casino, ou encore 83 pour la société Grain de Malice. Maître Stéphane Ducrocq, l'avocat des salariés de l'enseigne, dénonce "une casse sociale importante" pour les deux offres de reprise globales.

La crise a 'bon dos' selon la CGT

Très inquiet, il évoque même un risque sur le versement des salaires d'août pour les employés de Camaïeu, le passif (créanciers, banques, Urssaf...) du groupe se montant actuellement à 300 millions, toujours selon lui. Comme pour de nombreuses autres enseignes, la chaîne d'habillement souffrirait de la crise liée à la pandémie de coronavirus qui a fait chuter son chiffre d'affaires déjà fragilisé par le mouvement des gilets jaunes en 2018 et les grèves contre la réforme des retraites fin 2019. Autre facteur aggravant selon l'enseigne, la non-obtention d'un PGE à l'instar de Conforama par exemple.

Mais selon le syndicat CGT la crise a "bon dos" : "la société a fait ces dernières années de mauvais choix stratégiques". Le tribunal de commerce de Lille métropole examinera les offres de reprise le 24 juillet prochain, les repreneurs potentiels pouvant néanmoins les améliorer d'ici là.

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