Vue des chantiers de l'Altantique à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, depuis la terrasse de la base sous-marine. Business Insider France/Elisabeth Hu

C'est un nouveau coup porté au mariage sans cesse retardé depuis deux ans entre les Chantiers de l'Atlantique (ex-STX) et l'Italien Fincantieri. 

Ce mardi, la Commission européenne a annoncé dans un communiqué avoir accepté une requête soumise par la France et l'Allemagne, lui demandant d'examiner le projet au regard du règlement de l'Union européenne sur les concentrations.

Le rachat des chantiers français par Fincantieri n'a pas besoin normalement d'être notifié à la Commission européenne en raison d'un chiffre d'affaires inférieur au seuil fixé par le règlement mais la France et l'Allemagne ont fait chacune une demande de renvoi, pour des raisons différentes.

L'Allemagne s'inquiète réellement d'une situation qui pourrait devenir anticoncurrentielle. La France, quand à elle, aimerait un feu vert officiel à l'opération de rachat par Fincantieri. 

"Sur la base des éléments fournis par la France et l'Allemagne, et sans préjudice de l'issue de son enquête exhaustive, la Commission considère que l'opération pourrait nuire de manière significative à la concurrence en matière de construction navale, en particulier sur le marché mondial des bateaux de croisière", lit-on dans le communiqué de l'institution. 

La Commission a également conclu qu'elle était "l'autorité la mieux placée pour examiner les effets transfrontaliers potentiels de l'opération."

Par conséquent, l'acquisition des Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri sera examinée dans sa totalité par la Commission.

Très long processus

L'affaire remonte déjà à 2016. A l'époque, le constructeur coréen STX Offshore & Shipbuilding, propriétaire des chantiers STX de Saint-Nazaire (anciennement "Chantiers de l'Atlantique" puis à nouveau rebaptisés "Chantiers de l'Atlantique" en 2018), avait été mis en vente pour cause de redressement judiciaire.

Le site de français était alors la seule entité rentable du coréen mais n'a attiré qu'un seul candidat à la reprise: l'italien Fincantieri, désigné repreneur le 3 janvier 2017.

L'affaire, jusque là relativement simple, a été remise en cause par l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République en mai 2017. Il entame alors des négociations avec Fincantieri pour sécuriser l'avenir du site de Saint-Nazaire. Les discussions piétinant, le gouvernement annonce ensuite en juillet une nationalisation temporaire, via l'Agence des participations de l'Etat.

Le 27 septembre 2017, un compromis est finalement trouvé. Fincantieri aura 50% du capital et l'Etat français lui prêtera 1% supplémentaire permettant à l'italien d'avoir le contrôle opérationnel des chantiers. Charge à l'Etat de reprendre ce 1% s'il estime que Fincantieri ne respecte pas ses engagements au bout de 2 ans, 5 ans, 8 ans et 12 ans.

Le 18 juillet dernier, la nationalisation annoncée un an plus tôt prend finalement effet. L'Etat rachète 100% du capital et fait entrer dans la foulée Naval Group au capital des chantiers (à hauteur de 12%), ainsi qu'un groupement d'entreprises locales (1,5%) et une partie des salariés (2,4%).

Les chantiers navals de Saint-Nazaire emploient près de 2.600 salariés. Ils fabriquent des paquebots parmi les plus gros du monde et disposent d'un carnet de commande plein pour les dix prochaines années. 

L'été dernier, le gouvernement espérait pouvoir revendre la moitié du capital à Fincantieri "à l'automne". Mais les délais s'allongent encore avec l'enquête de la Commission européenne. 

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