Showroom de Schneider Electric situé à Rueil-Malmaison, en 2008. Wikimedia Commons/Energy efficiency

Quatre multinationales françaises spécialisées dans les matériels électriques ont fait l'objet de pas moins de 12 perquisitions dans la journée de jeudi. Les fabricants Schneider Electric et Legrand et les distributeurs Rexel et Sonepar sont soupçonnés d'entente illicite, rapporte Reuters.

Et les délits présumés sont nombreux. L'enquête a été ouverte pour entente illicite, mais aussi faux et usages de faux, abus de confiance, abus de biens sociaux, blanchiment de fraude fiscale, corruption d'agents privés et corruption d'agents publics, signale Mediapart. Le site d'information avait déjà révélé début avril un système d'entente pour tirer les prix vers le haut.

A la Bourse de Paris, vendredi 7 septembre, les sociétés impliquées sont sanctionnées par les investisseurs. Schneider Electric chute ainsi de 4,92%, à 64,5 euros, à la clôture du marché, pour finir lanterne rouge de l'indice CAC 40. Rexel perd également 3,40%, à 13,07 euros, et Legrand recule de 1,65%, à 62 euros.  L'entreprise Sonepar n'est quant à elle pas cotée en Bourse.

Cours de l'action Schneider Electric à la clôture de la Bourse, vendredi 7 septembre 2018. Investing.com

Les perquisitions interviennent après une information judiciaire ouverte le 7 juin par le Parquet de Paris, à la suite de signalements reçus de l'Autorité de la concurrence et de l'Agence française anticorruption (AFA).

Une pratique dite de "prix dérogés" permettrait aux fabricants Schneider Electric et Legrand de contrôler les prix pratiqués par Rexel et Sonepar, qui seraient dédommagés en retour sous la forme d'avoirs financiers.

Les sociétés de matériel électriques concernées encourent des sanctions financières de la part des autorités européennes de la concurrence, qui peuvent atteindre jusqu'à plusieurs centaines de millions d'euros. En 2007, la Commission européenne avait déjà infligé une amende de 750 millions d'euros à 11 fabricants de matériel électriques, dont 8,1 millions pour Schneider Electric, en raison d'une entente sur un segment du marché.

Pour Invest Securities, "il est difficile d'évaluer le coût potentiel, sachant que ce dernier dépend du périmètre d'activité et de la durée de l'entente", rapporte Reuters. Le courtier pense que l'affaire devrait prendre "plusieurs années avant d'être traitée". A court terme, il identifie surtout "un impact négatif en termes d'image" pour les entreprises impliquées.

Rexel a confirmé vendredi que ses locaux avaient fait l'objet d'une perquisition. Schneider et Sonepar avaient déjà déclaré collaborer avec la justice jeudi. Legrand s'est pour le moment abstenu de commentaire.

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