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Des espions chinois ont été arrêtés après avoir tenté de voler une technologie du Français Safran utilisée dans de nombreux moteurs d'avion

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Des espions chinois ont été arrêtés après avoir tenté de voler une technologie du Français Safran utilisée dans de nombreux moteurs d'avion
© Facebook/Safran/Eric Drouin

La justice américaine a inculpé des agents des services de renseignement chinois qu'elle accuse d'avoir conspiré avec des hackers pour pirater les systèmes informatiques de plusieurs sociétés privées, dont le groupe français Safran.

Une dizaine de personnes sont concernées. Elles sont suspectées d'avoir voulu voler des données d'un moteur utilisé par de nombreux avions de ligne.

Le journal suisse Le Temps précise que l'enquête a été menée par le FBI en coopération avec les services de contre-espionnage français (DGSI) et la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris.

Plus d'une dizaine de sociétés ont été ciblées mais l'acte d'inculpation n'en cite qu'une seule, Capstone Turbine.

Pourtant, selon Reuters, le document se réfère aussi à une société française qui co-développait un moteur turbofan avec une société américaine. Or, la seule entreprise dans ce cas s'appelle Safran, qui co-développe un moteur turbofan avec l'américain General Electric dans le cadre de leur coentreprise CFM International, numéro un mondial des moteurs d'avions de ligne en termes d'unités vendues. Leur modèle le plus récent, appelé LEAP, équipe notamment les avions gros-porteurs d'Airbus et de Boeing ainsi que le nouvel appareil chinois C919 de Comac (Commercial Aircraft Corporation of China).

Selon les documents de la justice américaine, les faits se seraient déroulés entre janvier 2010 et mai 2015, sur le site de Safran à Suzhou. L'un des deux complices aurait été le chef de la sécurité informatique de l'entreprise française.

General Electric et un porte-parole de Safran en Chine n'ont pas souhaité faire de commentaire, indique Reuters.

Selon l'acte d'inculpation rendu public mardi aux Etats-Unis, une entreprise chinoise sous contrôle de l'Etat travaillait au moment où les piratages ont eu lieu au développement d'un modèle comparable de turboréacteur à double flux (turbofan) destiné à un appareil produit en Chine et à l'étranger.

Les avions de fabrication chinoise comme le C919 et l'ARJ21 utilisent pour le moment des moteurs étrangers mais la Chine essaie de développer une alternative locale.

Les dix personnes inculpées ont conspiré en vue de vol des données sensibles "qui pouvaient être utilisées pour construire un moteur identique ou similaire sans avoir à supporter les coûts liés à la recherche et au développement", écrit le département de la Justice.

Parmi les inculpés figurent deux agents du ministère de la Sécurité de la province de Jiangsu, une unité des services de renseignements extérieurs chinois.

Il s'agit de la troisième affaire importante de vol de propriété intellectuelle impliquant des agents chinois rendue publique aux Etats-Unis depuis le mois dernier, dans un contexte de guerre commerciale entre les deux pays.