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Est-ce une bonne idée d'acheter des actions de la Française des jeux bientôt privatisée ?

Est-ce une bonne idée d'acheter des actions de la Française des jeux bientôt privatisée ?
© Presentation Super LOTO at Francaise Des Jeux FDJ in Boulogne-Billancourt, France on April 10, 2018. Photo by Alain Apaydin/ABACAPRESS.COM Loto Sweepstake | 632506_001 Boulogne-Billancourt France

La Française des jeux (FDJ) lance son introduction en Bourse ce jeudi 7 novembre, dans le cadre de la privatisation de l'opérateur public de jeux d'argent et de hasard. L'Etat compte ainsi céder un nombre maximum de 99 320 000 actions de l'entreprise, représentant jusqu'à 52% de son capital. Les particuliers pourront acquérir ces titres jusqu'au 20 novembre 2019, avec un seuil minimum de souscription de 200 euros, soit un peu plus d'une dizaine d'actions achetées dans la mesure où elles seront vendues avant décote entre 16,50 euros à 19,90 euros par action.

Via cette opération, l'Etat, qui détient actuellement 72% de la FDJ, compte ramener sa participation à 20%. Bruno Le Maire avait déclaré dans Le Journal du Dimanche qu'il souhaitait "que cette privatisation soit un succès populaire et que le plus grand nombre y participe". L'acquisition de titres de l'opérateur public, spécialisé dans la loterie, les jeux de grattage et de tirage ainsi que les paris sportifs, peut présenter des avantages.

Les futurs actionnaires "pourront ainsi bénéficier du partage des fruits de sa croissance, grâce à une politique de dividende attractive, dont l’objectif est de distribuer 80 % du résultat net dès 2020", assure Stéphane Pallez, le PDG de la FDJ, dans un communiqué.

Une action gratuite pour 10 achetées

"Pour les particuliers, (...) une action gratuite sera accordée pour dix actions achetées, si ces actions sont conservées 18 mois. Je souhaite par ailleurs qu'une décote de 2% sur le prix de l'action achetée soit appliquée", avait détaillé Bruno Le Maire. "Acquérir des actions de la FDJ peut être intéressant pour diversifier son portefeuille d'actifs", estime Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés chez le courtier IG France.

Les jeux d'argent sont selon lui "un secteur très rentable, une industrie qui marche très bien". Bruno Le Maire pense peu ou prou la même chose : "C'est une entreprise en croissance sur un marché porteur." La FDJ a réalisé l'an passé 170 millions d'euros de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 1,8 milliard d'euros, en hausse de 2,3%. Et l'entreprise s'attend à une croissance annuelle de ses revenus de 5% en 2020, puis comprise entre 3 et 4% sur la période 2020-2025.

L'Etat comme garde-fou

Facteur rassurant pour les futurs actionnaires, l'Etat a a priori intérêt à ce que la Française des jeux se porte bien puisqu'il "conservera l'intégralité des recettes fiscales et sociales versées par la FDJ, soit 3,5 milliards d'euros", précise Bruno Le Maire. Et ce montant "pourra augmenter si l'entreprise croît". La FDJ est sur une bonne dynamique : elle a enregistré une progression de 8% des mises sur les neuf premiers mois de l'année et anticipe environ 16,9 milliards d'euros de mises au total sur l'ensemble de l'exercice 2019.

Forte de 30 000 points de vente dans l'Hexagone, essentiellement via le réseau des bar-tabac-presse, la FDJ représente la deuxième loterie européenne et la quatrième mondiale. Le gouvernement pourrait tirer jusqu'à près de 2 milliards d'euros de cette privatisation, si le prix des actions atteint 19,90 euros. Le ministre de l'Economie souligne que l'Etat continuera à agréer les dirigeants de la FDJ, "et personne ne pourra acquérir 10% de l'entreprise sans son accord".

Une 'valeur de rendement'

En revanche, du fait de l'abaissement de sa participation au capital, l'Etat percevra moins de dividendes — il a touché 100 millions d'euros de dividendes de la FDJ l'an passé. Pour les investisseurs particuliers, l'entreprise représente "une valeur de rendement", précise Alexandre Baradez. Autrement dit, la FDJ est une société mature qui n'a plus besoin de lever d'argent et peut distribuer des dividendes conséquents à ses actionnaires.

L'analyste financier met toutefois en garde sur le calendrier de l'introduction en Bourse de l'entreprise, alors que le marché parisien est proche de ses plus hauts depuis la crise financière de 2008. "Si l'entrée en Bourse se fait en haut de cycle, il y a le risque d'une vague de correction." Résultat, les titres FDJ pourraient perdre de leur valeur.

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