L'Insee a publié ce mercredi 30 janvier 2019 sa première estimation de croissance pour le quatrième trimestre 2018.

Il en ressort une hausse du PIB de 0,3% au dernier trimestre, identique à celle du trimestre précédent. 

"Malgré la dégradation de l'environnement international et le mouvement des gilets jaunes, la croissance française est solide. Notre politique donne des résultats", a commenté Bruno Le Maire ce mercredi sur son compte Twitter.


Si ce quatrième trimestre limite la casse et fait mieux que le 0,1% anticipé par des économistes interrogés par Reuters, il ne permet toutefois pas à la France d'atteindre la croissance escomptée par le gouvernement l'an dernier.

En effet, sur l'ensemble de l'année 2018, l'économie française n'affiche que 1,5% de croissance. Par rapport aux 2,3% de 2017, c'est un véritable coup de frein et par rapport aux 2% sur lesquels le gouvernement tablait lors d'estimations publiées en avril dernier, c'est vraiment moins bien.

Plus tard dans l'année, Bercy avait réajusté son ambition à 1,7%, ce qui aurait nécessité 0,8% de croissance au quatrième trimestre. Là, la France termine encore en-dessous.

Les ménages ont moins dépensé

Le ralentissement de la consommation des ménages est une des causes de ce résultat. La croissance de leurs dépenses a été nulle au quatrième trimestre, après une hausse de 0,4% au trimestre précédent.  

En particulier, "le net repli des dépenses en biens fabriqués (−1,2 % après +0,6 %) est lié à la baisse des achats d'automobiles qui fait suite à la forte hausse du troisième trimestre", remarque l'Institut national de la statistiques et des études économiques.

De même, les dépenses en énergie ont de nouveau reculé (−0,4 % après −0,1 %) "en raison d'une consommation de carburants peu dynamique et de températures supérieures aux normales saisonnières", expliquent encore les analystes de l'Insee. En revanche, dans les services, la consommation accélère très légèrement (+0,5 % après +0,4 %).

Sur toute l'année, la consommation des ménages décélère légèrement en 2018 (+0,8 % après +1,1 %).

Mais les exportations sont robustes

Malgré tout cela, la croissance française peut s'appuyer sur le commerce extérieur qui contribue une nouvelle fois positivement au PIB. Si "les importations se redressent nettement au quatrième trimestre 2018 après avoir fléchi au troisième trimestre (+1,6 % après −0,7 %), les exportations accélèrent de manière marquée (+2,4 % après +0,2 %) en raison du dynamisme des livraisons de matériel aéronautique et naval", écrit l'Insee.

Au total, les échanges extérieurs contribuent positivement à la croissance : +0,2 point après +0,3 point au troisième trimestre.

"En moyenne annuelle, les exportations ralentissent (+3,1 % après +4,7 %) mais de façon moins marquée que les importations (+1,1 % après +4,1 %). Par conséquent, les échanges extérieurs contribuent davantage à l'activité en 2018 qu’en 2017 (+0,6 point après +0,1 point)", indique encore l'Institut.

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