Logo du Groupe ADP lors de la présentation de ses résultats semestriels à Paris, le 31 juillet 2018. REUTERS/Philippe Wojazer

Payer pour pouvoir vendre. C'est ce que prévoit l'Etat dans le cadre de la privatisation annoncée d'Aéroports de Paris. Cette privatisation doit prendre la forme d'une concession limitée dans le temps, en l'occurence 70 ans, à l'image de ce qui s'était fait pour les concessions autoroutières. 

Aujourd'hui actionnaire majoritaire avec 50,6% des parts — valorisées un peu plus de 9 milliards d'euros —, l'Etat compte donc vendre tout ou partie de ses actions d'ici l'été 2019. En parallèle, il doit aussi dédommager les actuels actionnaires d'ADP. Ceux-ci ont en effet investi dans une entreprise ayant une concession éternelle mais qui sera finalement réduite à 70 ans, ce qui leur porte un préjudice important. Mais comment établir un prix pour cette perte d'éternité? 

Jusqu'à 3 milliards d'euros 

D'après BFM Business, cette indemnité pourrait varier entre "zéro et 3 milliards d'euros", mais "il s'agit d’un pur calcul statistique sans réalité économique". Selon plusieurs sources proches d’ADP, citées par la chaîne économique, "elle devrait en réalité s'établir entre 500 millions et un milliard d'euros".

"Un milliard d'euros est le plus probable en se basant sur des hypothèses de croissance raisonnables du trafic aérien", explique Yan Derocles, analyste chez Oddo à BFM Business.

Une estimation à laquelle croient également les analystes d'UBS, qui évaluaient début septembre dans le Revenu, le dédommagement à 1 milliard d'euros, soit environ 10 euros par action.

Ce montant correspondrait à une croissance annuelle de 1% à 1,5% du trafic mondial par an à long terme, un scénario prudent, souligne BFM Business. 

Sur ce milliard, la moitié reviendrait tout de même dans la poche de l'Etat en vertu des 50% d'ADP qu'il possède. 

L'avis de deux commissions 

Les articles 44 à 50 de la loi Pacte, dont l'examen débute mardi en séance à l'Assemblée nationale, doivent régler les détails de cette privatisation et évoquent l'indemnisation à prévoir. 

Elle sera fixée "par arrêté du ministre en charge de l'économie, sur avis conforme de la Commission des participations et des transferts". 

Cette Commission des participations et des transferts s'appuiera elle-même sur une autre commission "composée de trois membres désignés conjointement, en raison de leurs compétences en matières financière, par le premier président de la Cour des Comptes, le président de l’Autorité des marchés financiers et le président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables".

Après l'Etat, les deux plus gros actionnaires d'Aéroports de Paris sont Vinci et Schiphol Group (exploitant de l’aéroport d'Amsterdam), qui détiennent chacun 8% des parts, mais 300.000 petits porteurs ont également des actions ADP dans leur porte-feuille et plusieurs fonds d'investissement sont aussi concernés. 

L'Etat doit donc être extrêmement vigilant sur la fixation du montant de l'indemnisation faute de quoi il s'exposera à des poursuites judiciaires si les autres actionnaires s'estiment lésés. 

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