Voici 10 animaux qui s'adaptent rapidement pour survivre dans les villes et les nouveaux climats

La hausse des températures modifie les habitudes de reproduction des écureuils roux. Wikimedia Commons

  • Le changement climatique joue un rôle dans l'évolution de certains animaux.
  • Certains animaux s'adaptent aussi à la vie en milieu urbain.
  • Les écureuils roux, par exemple, ont modifié leur calendrier de reproduction à cause des températures printanières plus élevées.
  • La couleur des plumes de la chouette chevêche a également changé à cause du changement climatique.

Le changement climatique et l'urbanisation perturbent considérablement la vie et les comportements des animaux sur terre et dans l'eau.

À mesure que les températures augmentent, les modèles de précipitations changent, la météo devient moins prévisible et plus extrême, et le niveau de la mer monte. De tels changements obligent de nombreuses espèces animales à s'adapter afin de survivre dans leurs environnements modifiés.

L'urbanisation croissante a également modifié les habitats de nombreux animaux, les amenant à adopter de nouveaux comportements pour se reproduire ou trouver de la nourriture.

Certains animaux se déplacent lorsque l'environnement qui les entoure change, tandis que d'autres modifient leur comportement ou même leur apparence physique. Des différents modes de reproduction aux nouvelles couleurs sur leur pelage, voici 10 animaux qui s'adaptent à leur environnement sous nos yeux.

Les Anolis à crête se sont adaptés à la vie en milieu urbain.

Le lézard anole à crête est originaire de Porto Rico. Wikimedia Commons

Les Anolis à crête, une espèce de lézard originaire des forêts de Porto Rico, s'adaptent rapidement aux environnements urbains, comme on a pu l'entendre dans un reportage de Public Radio International (PRI) en 2017.

Reconnus pour leur capacité à grimper aux arbres, ces reptiles ont évolué pour s'adapter à des surfaces plus lisses, telles que les fenêtres en verre et le béton peint. Les coussinets situés sur leurs orteils, recouverts d'écailles appelées lamelles, sont la clé de leur forte adhérence.

Les chercheurs ont découvert que les populations urbaines d'Anolis sont dotés de coussinets plus gros qui possèdent notamment des écailles en surplus.

De plus, Kristin Winchell, candidate doctorante à l'Université du Massachusetts à Boston a déclaré à PRI que "les animaux urbains semblent également être capables de supporter des températures plus élevées".

La couleur des plumes de la chouette chevêche est en train de changer à cause du changement climatique.

Les plumes de la chouette semblent être de plus en plus brunes. REUTERS / Suzanne Plunkett

Les chouettes se sont adaptées au changement climatique grâce à la micro-évolution de la coloration de leur plumage. Les teintes de leurs plumes sont déterminées par le degré de pigmentation de la phéomélanine brun rougeâtre.

D'après des données recueillies en Finlande entre 1981 et 2008, des chercheurs ont indiqué que, bien que les plumes grises dominent, le nombre de chouettes au plumage marron a augmenté, car les hivers sont plus doux.

Les chercheurs expliquent: "notre étude constitue, à notre connaissance, la première preuve empirique d'un changement de sélection lié à un climat sur un trait héréditaire".

Le saumon rose d'Alaska émigre plus tôt à cause de la hausse des températures de l'eau.

Le saumon rose se trouve généralement dans les cours d'eau côtiers. Domaine public

Dans le ruisseau Auke, un petit ruisseau près de Juneau, en Alaska, le changement climatique a entraîné une augmentation moyenne de la température de l'eau de 0,03 degrés Celsius chaque année, selon National Geographic.

En conséquence, les populations locales de saumon rose migrent plus tôt.

Des chercheurs ont découvert que les récifs coralliens peuvent s'acclimater aux variations de température.

Lorsque les récifs coralliens sont "blanchis", ils deviennent sensibles aux maladies. NPS image by A. Bourque

Le réchauffement climatique et la pollution entraînent le blanchissement des récifs coralliens — un processus qui se produit lorsque les coraux expulsent les algues qui vivent dans leurs tissus et leur donnent de la couleur. C'est un problème grave qui pourrait amener le monde à perdre tous ses récifs, même si quelques populations montrent des signes de résistance à la chaleur.

Une étude publiée dans la revue Science en 2014 a examiné la manière dont les coraux s'acclimatent à différents sites de récifs où la température de l'eau varie. Pour déterminer pourquoi certaines populations de coraux sont plus tolérantes que d'autres aux variations de température, des chercheurs ont transplanté des populations de coraux dans des sites soumis à des régimes de température différents pour voir si elles s'acclimateraient à leur nouvel environnement. Les chercheurs ont déterminé qu'en moins de deux ans, l'acclimatation instaurait le même niveau de tolérance à la chaleur qui résulterait normalement de générations de sélection naturelle.

Les papillons monarques retardent leur migration vers le sud à cause de la température plus chaude.

Les papillons monarques migrent plus tard qu’avant, peut-être à cause du changement climatique. Wikimedia Commons

Le papillon monarque est connu pour sa migration dans les deux sens: il vole vers le sud en hiver, puis revient au nord avec le retour des températures clémentes. Cette capacité migratoire est liée à un gène qui code pour une protéine impliquée dans la construction des muscles de vol des papillons.

Cet insecte élégant effectue son trajet du nord des États-Unis et du Canada au Mexique en fonction de la température et de la durée du jour. En raison de températures supérieures à la moyenne, les papillons ont retardé leur migration vers le sud de six semaines au cours des dernières années, selon le Earth Institute de l'Université de Columbia.

La couleur des coquilles d'escargots européens est en train de changer.

Les escargots à carapace plus sombre ont tendance à absorber plus de radiations que les escargots à carapace jaune. Wikimedia Commons

Selon une étude publiée en 2011, les escargots des Pays-Bas et d'autres régions d'Europe se sont adaptés aux changements climatiques et environnementaux en modifiant la couleur de leur coquille du brun au jaune.

Les recherches sur ce sujet sont également issues d'une initiative citoyenne menée par les Pays-Bas, appelée SnailSnap, dans laquelle les gens soumettent des photos d'escargots via une application mobile. Le projet a révélé qu'il y avait plus d'escargots jaunes dans les zones urbaines. Parce que les escargots noirs absorbent plus de chaleur que leurs cousins jaunes, le phénomène pourrait être lié à la température (puisque les villes ont tendance à être plus chaudes que les zones rurales).

Les souris de New York s'adaptent et mangent du fast-food.

Les souris à pieds blancs de New York semblent avoir une alimentation urbaine. Wikimedia Commons

Si vous n'êtes pas né et que vous n'avez pas été élevé comme un citadin, il faut du temps pour s'adapter à la vie en ville. C'est aussi vrai pour les souris qui vivent dans les parcs de New York.

Les scientifiques ont analysé les génomes de 48 souris à pieds blancs de la ville et des localités voisines (comme le New Jersey et la vallée de l'Hudson dans l'État de New York). Les chercheurs de l'Université d'État de New York et de l'Université Fordham ont découvert que les bestioles métropolitaines avaient évolué génétiquement pour gérer les régimes alimentaires urbains, y compris la nourriture humaine comme la pizza et la restauration rapide.

Le changement dans la digestion des souris peut également être dû à une différence de disponibilité de certaines plantes et de certains insectes.

Les merles changent la hauteur de leurs appels à cause de la pollution sonore.

Les merles noirs changent de hauteur de voix afin qu’elle se démarque du bruit ambiant. Wikimedia Commons

Dans les environnements bruyants comme les villes, les espèces animales qui communiquent par la voix ont du mal à se parler. Une étude menée à Salamanque, en Espagne, a révélé que les merles peuvent modifier le ton de leur voix de sorte qu'ils ne soient pas emportés par le bruit ambiant, qui est plutôt de basse fréquence.

Les crustacés des cavernes ont perdu la vue, car ce n'est plus vraiment nécessaire.

Des chercheurs ont constaté que depuis des millions d'années, certaines formes de crustacés se sont adaptées à la vie dans l'obscurité totale des grottes marines profondes. Wikimedia Commons

Trois espèces de crustacés cavernicoles, appartenant chacune à des sous-groupes différents de la classe Malacostraca (qui contient également des crevettes et des homards), ont perdu la vue au cours des derniers millions d'années. Voir n'est pas très utile lorsque vous vivez dans l'obscurité. Ces créatures ont donc évolué pour survivre en utilisant l'odorat et le toucher.

Il n'est peut-être pas surprenant que des animaux vivant dans l'obscurité totale puissent, pendant de nombreuses générations, se débarrasser des parties de leur cerveau consacrées à la vision. Mais cet acte de disparition n'avait jamais été confirmé pour ces espèces jusqu'à ce qu'une étude de 2015 révèle une "réduction considérable du lobe optique" sur des millions d'années chez les crustacés aveugles vivant dans des cavernes profondes et sombres. Le taux de changement est surprenant, comme l'a déclaré le Dr Martin Stegner de l'Université de Rostock en Allemagne à la BBC.

Les écureuils roux ont modifié leur période de reproduction pour s'adapter à la hausse des températures printanières.

Les écureuils roux sont en train de changer leurs habitudes de reproduction à cause de la disponibilité de nourriture et des températures printanières plus élevées. Wikimedia Commons

Selon une étude canadienne publiée en 2003, les changements climatiques ont amené les écureuils roux du Yukon à modifier leur période de reproduction de 18 jours en raison de la hausse des températures printanières et de l'augmentation de l'approvisionnement en nourriture. L'étude a présenté les données de 5000 écureuils femelles marqués, suivis pendant 10 ans.

De plus, utilisant une série de données couvrant une période allant de 20 à 30 ans, une étude finlandaise de 2016 a révélé que les conditions météorologiques, en fonction des sources de nourriture, sont essentielles au succès de la reproduction de deux espèces d'écureuils, l'écureuil roux européen et l'écureuil volant de Sibérie. L'équipe a confirmé que le réchauffement des températures printanières avait favorisé l'apparition de la reproduction chez les deux espèces.

L'étude a conclu en déclarant: "Nos résultats confirment clairement l'idée que les effets du changement climatique sont plus importants que de simples changements de température".

Version originale: Zoë Miller/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : En 44 ans, la Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages

VIDEO: Une petite astuce a permis à cette athlète de courir plus vite instantanément — la voici