Des anciens employés de Facebook et Apple s'allient pour alerter les enfants sur l'addiction aux technologies

Marcus Donner/Reuters

  • D'anciens cadres de la tech ont formé une coalition pour atteindre 55.000 écoles publiques américaines dans le but de prévenir les enfants des effets négatifs de l'addiction aux nouvelles technologies.
  • De récentes études ont démontré que les utilisateurs assidus de technologies étaient plus sujets à la dépression, l'anxiété et aux envies ou tentatives suicidaires. 
  • Cette nouvelle coalition coïncide avec les attaques de plus en plus virulentes contre Facebook et les autres géants de la tech. 

Un groupe d'anciens employés de Facebook, Google et Apple a annoncé la formation du Centre de la Technologie humaine (The Center of Humane Technology), une coalition visant à lutter contre la menace grandissante de l'addiction aux technologies chez les jeunes enfants et adolescents, rapporte le New York Times.

Cette coalition va lancer sa première campagne appelée The Truth About Tech ("La vérité sur la technologie"). L'un de ses objectifs est de cibler 55.000 écoles publiques américaines avec des études sur l'addiction aux technologies et ses effets, grâce à un financement de 7 millions de dollars de la part du Common Sense Media. 

Cette annoncer intervient alors qu'un mouvement émerge dans la Silicon Valley pour critiquer ouvertement Facebook et les autres entreprises tech et leur propension à créer des plateformes addictives, qui captent l'attention de très jeunes cerveaux. Des experts en psychologie estiment que les pires scénarios d'une utilisation excessive de ces technologies comprend des risques élevés de dépression, d'anxiété et des envies ou tentatives de suicide.

"Cette baisse de moral et ce pic de dépression pourraient être causés par l'utilisation excessive d'écrans, qui laissent moins de temps aux activités plus bénéfiques pour la santé mentale comme voir ses amis en personne, faire du sport, s'exercer, ou encore dormir", précise le psychologue Jean Tweng à Business Insider, auteur du livre "iGen" et co-auteur d'un bon nombre d'études sur l'addiction aux technologies. 

La coalition se compose de Justin Rosenstein, créateur du bouton "like", Roger McNamee, l'un des premiers investisseurs de Facebook; Lynn Fox, un ancien dirigeant de la communication d'Apple et de Google; Tristan Harris, anciennement en charge du design éthique de Google, et d'autres. 

Ensemble, ils ont créé le Ledger of Harms (ou Registre des Nuisances), un document vivant qui aide les ingénieurs à en apprendre plus sur les technologies qu'ils créent au sein de grandes firmes. De plus, la coalition souhaite faire pression sur les institutions publiques pour financer la recherche sur l'addiction aux technologie et ses effets, et proposer des solutions pour prévenir les contenus dangereux pour les jeunes utilisateurs. 

Harris et ses collègues ont dit avoir été aux premières loges pour observer toutes ces tactiques ingénieuses. Des fonctions comme l'autoplay sur les vidéos, le défilement continu et la gamification favorisent une utilisation constante, a précisé Harris. Tout cela aiderait à expliquer comment les gens qui avaient prévu de ne regarder qu'une seule vidéo sur YouTube et de jeter un simple coup d'œil à leur fil Twitter, ont fini par passer une demi-heure sur chacune de ces applications.

"On est en plein dedans", a déclaré Harris au Times. "On sait comment les sociétés procèdent. On sait comment elles communiquent, et comment les ingénieurs travaillent". 

Version originale:  Chris Weller/Business Insider

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