Expérimenter la reconnaissance faciale à l'entrée de lycées à Nice et Marseille est 'disproportionné' pour la Cnil

Les deux lycées, situés à Nice et Marseille, entendent placer un portique virtuel de contrôle d'accès à leurs établissements par reconnaissance faciale. jxfzsy/Getty Images

Début octobre, la Cnil donnait son aval, sous certaines conditions, à Air France et l'Aéroport de Paris pour se doter de la reconnaissance faciale d'ici 2020. Mais quand il s'agit de lycées les choses sont bien différentes, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a indiqué ce mardi qu'elle s'opposait à la mise en place d'un système de reconnaissance faciale que souhaitent expérimenter deux lycées à Nice et à Marseille. En effet, le lycée niçois des Eucalyptus et le lycée Ampère à Marseille attendaient le feu vert du gendarme français des données personnelles, pour mettre en place un portique virtuel de contrôle d'accès à leurs établissements par reconnaissance faciale. "Ce dispositif (...) devait permettre d'assister les agents en charge du contrôle d'accès aux lycées afin de prévenir les intrusions et les usurpations d'identité et de réduire la durée de ces contrôles", note la Cnil.

"Ce dispositif concernant des élèves, pour la plupart mineurs, dans le seul but de fluidifier et de sécuriser les accès n'apparaît ni nécessaire, ni proportionné pour atteindre ces finalités", explique l'institution dans un communiqué transmis à l'AFP, confirmant ainsi des informations de Mediapart. De plus, "en présence de moyens alternatifs moins intrusifs, tel qu'un contrôle par badge, le recours à un dispositif de reconnaissance faciale pour contrôler les accès à un lycée apparaît disproportionné". Estimant encore qu'un tel dispositif "ne saurait donc être légalement mis en oeuvre".

Certains élus locaux dénoncent une décision d'un autre temps

Christian Estrosi, le maire de Nice, a notamment réagi sur Twitter, estimant cette décision "triste et incompréhensible". Pour l'élu LR, la Cnil "semble bloquée au XXe siècle" et sa position serait basée sur des "principes dépassés".

 

Renaud Muselier, le président LR de la région Paca, a quant à lui fait part de sa désapprobation via un communiqué publié sur Twitter : "La Région déposera un nouveau dossier dans les plus brefs délais, et je m'engage personnellement à aller le défendre auprès des dirigeants de cette instance. Pour la sécurité de nos enfants, nous devons pouvoir avancer rapidement en faveur de ce projet essentiel", a-t-il indiqué."Cette décision a un siècle de retard", a estimé l'élu.

 

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