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Face aux difficultés de Mediapro, la LFP pourrait se tourner vers une autre chaîne pour diffuser la Ligue 1

Face aux difficultés de Mediapro, la LFP pourrait se tourner vers une autre chaîne pour diffuser la Ligue 1
Jaume Roures, président de Mediapro, en janvier 2020. © Oscar J. Barroso/AFP7/Europa Press Sports via Getty Images

Le feuilleton Mediapro n'en finit plus de s'envenimer. Alors que le diffuseur principal du championnat de France n'a pas honoré son premier paiement de 172 millions d'euros début octobre, la Ligue de football professionnel (LFP) a décidé de riposter. Obligée jeudi 15 octobre de valider un nouvel emprunt pour pallier le retard de paiement du diffuseur principal de la Ligue 1, la LFP a mis le groupe sino-espagnol en demeure de payer, menaçant de se tourner vers d'autres diffuseurs. En 2018, Mediapro avait, à la surprise générale, remporté l'appel d'offres portant sur les droits de diffusion français pour la période 2020-2024 avec à la clé un (potentiel) pactole pour les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 : 814 millions d'euros annuels.

C'est le directeur général exécutif de la LFP, Arnaud Rouger, qui conduit la contre-attaque, le jour d'une réunion d'urgence du Conseil d'administration de l'instance. Dans un courrier adressé mercredi 14 octobre aux clubs et consulté par l'AFP, Arnaud Rouger annonce avoir "mis (Mediapro) en demeure de régler les échéances des 1er et 5 octobre".

Le patron de Mediapro, Jaume Roures, s'est récemment engagé dans un bras de fer avec la LFP, réclamant un délai de paiement — qui lui a été refusé — et une renégociation à la baisse des droits, que le groupe sino-espagnol exploite par le biais de sa nouvelle chaîne Téléfoot. Pour faire valoir ses arguments, Mediapro s'est placé sous mandat ad hoc auprès du tribunal de commerce de Nanterre le 14 octobre. Cette procédure, réservée aux entreprises en difficultés financières, va permettre au groupe d'engager une procédure de médiation et de négocier avec son créancier — autrement dit la LFP.

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Des clubs au pied du mur

La Ligue, qui s'était déjà endettée au printemps dernier avec un prêt garanti par l'Etat de 224,5 M EUR pour compenser l'arrêt prématuré du Championnat et alimenter la trésorerie des clubs, devait valider jeudi en Conseil d'administration un nouvel emprunt pour pallier le retard de paiement du diffuseur. Selon la lettre d'Arnaud Rouger, la Ligue a "obtenu une offre de financement compétitive".

L'échéance non payée par Mediapro doit en effet être reversée le 16 octobre aux clubs, dont les droits de diffusion sont la principale source de revenus (36% pour la L1 en 2018-19 selon la DNCG, le gendarme financier du foot français). Faute de quoi certains risqueraient de ne pas pouvoir payer leurs joueurs dans les temps.

"Il y a évidemment un certain nombre de clubs qui peuvent se trouver en grande difficulté", a souligné le président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas mercredi, jugeant que "ne pas être inquiet serait commettre une erreur".

"La LFP a bien fait, comme la procédure le commande, une proposition (validée par le Bureau) au mandataire ad hoc. Celle-ci a été suivie par une réponse de Mediapro qui a été totalement inacceptable au regard des incertitudes financières pour les clubs", détaille l'a missive d'Arnaud Rouger. "Il reste alors deux possibilités, soit une issue favorable est trouvée avec Mediapro, soit ce n'est pas le cas, et il faudra envisager la reprise du contrat par d'autres opérateurs", conclut-il, tout en précisant avoir activé par ailleurs "la garantie donnée par la société mère du groupe Mediapro", le fonds chinois Orient Hontai Capital.

Auquel cas les droits TV pourraient être remis aux enchères, avec le risque d'obtenir une enveloppe nettement plus faible de Canal+ ou BeIn Sports, les autres diffuseurs majeurs en France.

"La médiation en cours bloque le recours à la caution", a néanmoins précisé à l'AFP une source proche du dossier. "La LFP est en train de traverser ce que vivent beaucoup de TPE (très petites entreprises) et de PME en France, avec un fournisseur qui ne paye pas."

Un changement de diffuseur — et donc de contrat — pourrait avoir des conséquences en cascade pour les clubs, qui ont déterminé leur masse salariale en fonction du contrat avec Mediapro et sont déjà fragilisés par l'assèchement, crise sanitaire oblige, des recettes de billetterie.

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