Facebook a payé trois fois plus d'impôts en France en 2018 qu'en 2017 mais ça reste dérisoire

David Marcus, le DG de Calibra de Facebook, lors d'une audition devant le  Washington, U.S., July 17, 2019. REUTERS/Joshua Roberts

C'est un changement comptable qui a eu une incidence certaine. Facebook France a payé trois fois plus d'impôts en 2018 qu'en 2017, révèle le JDN, citant les comptes déposés auprès du tribunal de commerce de Paris. Facebook France a ainsi versé 5,7 millions d'euros d'impôts sur les bénéfices en 2018, contre 1,96 million d'euros en 2017. Cette différence s'explique par un changement dans la manière de calculer et déclarer le chiffre d'affaires de Facebook France, rappelle le JDN. "Avant, les factures étaient éditées par Facebook Dublin, elles sont désormais éditées par Facebook France", avait expliqué Laurent Solly, le vice-président Europe du Sud Facebook en France, en avril dernier, note le site internet. Facebook France aurait donc réalisé 389 millions d'euros en 2018 de chiffre d'affaires, contre 55,9 millions d'euros un an plus tôt. Au global, Facebook a déclaré près de 55,8 milliards de dollars en 2018.

Ce montant reste faible comparé aux entreprises du CAC40 qui paient le plus d'impôts en France. En 2018, selon L'Obs, Le Crédit Agricole a payé près de 6 milliards d'euros d'impôts devant BNP-Paribas, avec plus de 4 milliards d'euros, puis la Société Générale avec plus de 3 milliards. Et dans la tech, le site de BFM TV rappelait que Google avait payé en 2017 14 millions d'euros d'impôts sur les bénéfices, Apple 19 millions et Twitter près de 300.000 euros.

Pour la France, Facebook avait ainsi pris l'engagement il y a plus d'un an d'y déclarer l'intégralité de ses revenus réalisés sur place, alors que le réseau social le faisait majoritairement en Irlande où est situé son siège européen. Et dans un entretien accordé au Parisien au printemps dernier, comme pour montrer patte blanche, Laureng Solly, ancien directeur général de TF1 Publicité, avait affirmé au printemps 2019 que "Facebook va payer de plus en plus d’impôts en France" et "c'est normal".

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Facebook comme les autres géants de la tech est de plus en plus sous pression des gouvernements européens et de leurs citoyens qui attendent une contribution financière plus juste et importante au regard de leurs réelles activités commerciales dans leurs pays.

Le fisc français, qui a récemment conclu des accords avec Amazon et Apple portant sur le paiement de millions d'euros d'arriérés d'impôts, surveille de près les grandes entreprises du numérique mais éprouve des difficultés à les faire payer en raison de leurs schémas d'optimisation fiscale, qui restent légaux. La France a fait un premier pas en adoptant toute seule une taxe GAFA qui doit rapporter normalement 400 millions d'euros en 2019, mais le dispositif demeure très controversé car les entreprises pourraient ne jamais la payer.

C'est plutôt au niveau international qu'une réponse devrait intervenir. D'ailleurs, les ministres des Finances du G7 sont tombés d'accord sur trois points pour avancer sur la voie d'une imposition minimale des bénéfices des entreprises, et non du chiffre d'affaires comme voté en France.

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