Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. Reuters

  • Facebook est condamné à une amende de 500.000 livres (565.397 euros) par le Commissariat à l'information du Royaume-Uni, suite à la fuite de données à l'origine de l'affaire Cambridge Analytica.
  • C'est le montant maximum d'amende possible pour le gendarme britannique, mais il aurait été beaucoup plus élevé si les règles du RGPD avaient été en vigueur en Europe au moment des faits.
  • La commissaire à l'information, Elizabeth Denham, déclare que Facebook "aurait dû être mieux informé et mieux agir".

Le gendarme britannique de la vie privée condamne Facebook à l'amende maximale pour sa part de responsabilité dans le scandale Cambridge Analytica.

Le Commissariat à l'information du Royaume-Uni (OIC) condamne Facebook à une amende de 500.000 livres (565.397 euros), la plus haute sanction qu'il puisse infliger en cas de fuite de données.

L'OIC a annoncé en juillet son intention d'infliger cette amende à Facebook après que Cambridge Analytica a exploité les données de 87 millions d'utilisateurs récoltées par le développeur Aleksandr Kogan.

La sanction a été confirmée jeudi. La Commissaire à l'information, Elizabeth Denham, déclare: "Une entreprise de cette taille et avec cette expertise aurait dû mieux être informée et mieux agir".

L'amende est bien sûr minuscule rapportée au chiffre d'affaires de Facebook, qui dépasse les 40 milliards de dollars. Denham indique qu'elle aurait été beaucoup plus élevée si les règles européennes du RGDP étaient en vigueur lors des faits. Le RGPD permet aux autorités d'infliger aux entreprises une amende allant jusqu'à 4% de leur chiffre d'affaire global, ce qui représenterait 1,6 milliard de dollars dans le cas de Facebook.

"Nous avons considéré que ces infractions étaient si graves que nous avions imposé la peine maximale prévue dans la législation précédente. L'amende aurait inévitablement été beaucoup plus lourde dans le cadre du RGPD", a-t-elle déclaré.

"L'une de nos principales motivations à appliquer la loi est de provoquer des changements significatifs dans la manière dont les organisations traitent les données personnelles des personnes."

Facebook peut faire appel de l'amende. Sollicitée par Business Insider UK pour réagir, la société n'a pas immédiatement répondu.

L'avis de pénalité de 27 pages de l'OIC est accessible en ligne. En résumé, l'OIC estime que Facebook n'a pas réussi à protéger les informations des utilisateurs en permettant aux développeurs d'y accéder sans un consentement clair et approprié, entre 2007 et 2014.

Cela a permis à Kogan et à son entreprise GSR de collecter des données, qui ont finalement été détournées par Cambridge Analytica lors de l'élection présidentielle de 2016 aux États-Unis.

Même après la découverte de la brèche en 2015, l'OIC a déclaré que Facebook n'avait pas pris de mesures suffisantes pour garantir que ceux qui détenaient les données les avaient supprimées.

Version originale: Jake Kanter/Business Insider

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