Publicité

Facebook déclare la guerre à Apple sur les données personnelles

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Facebook déclare la guerre à Apple sur les données personnelles
Le géant des réseaux sociaux attaque Apple sur sa nouvelle politique de transparence sur la gestion des données personnelles. © Andrew Harrer/Bloomberg/Getty Images
Publicité

Depuis plusieurs semaines maintenant, deux géants de la tech s'affrontent autour des précieuses données personnelles de leurs milliards d'utilisateurs. Apple se pose en défenseur de ces données, alors que Facebook revendique la nécessité de les utiliser. Le réseau social a enfilé les gants de boxe mercredi 17 décembre pour réagir aux nouvelles mesures d'Apple sur la transparence dans la collecte des données par les applications téléchargeables sur la boutique en ligne du fabricant d'iPhone, accusant la marque à la pomme de nuire aux petites entreprises.

Pleines pages de publicité dans le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post, mise en ligne d'un site internet recueillant des témoignages de petits commerçants et tribune au vitriol : le géant des réseaux sociaux n'a pas lésiné sur les moyens. Dans le viseur du groupe dirigé par Mark Zuckerberg, une mise à jour du système d'exploitation mobile iOS d'Apple obligeant les développeurs d'applications à fournir de nombreux détails sur la collecte et l'utilisation des informations personnelles des utilisateurs dans l'App Store, le magasin virtuel du géant de Cupertino (Californie).

À lire aussi — 48 États américains demandent à la justice de forcer Facebook à revendre Instagram et WhatsApp

"Les nouvelles règles de iOS 14 d'Apple vont avoir un impact nuisible sur de nombreuses petites entreprises qui luttent pour se maintenir à flot et sur l'internet libre, sur lequel nous comptons tous plus que jamais", écrit Dan Levy, vice-président de la pub et des produits commerciaux de Facebook dans un article de blog.

Pour défendre ces changements, qui sont évoqués depuis le mois de juin et s'inscrivent dans une vaste politique de l'entreprise sur la gestion des données, Apple met en avant un souci de transparence.

La fonctionnalité ATT (App Tracking Transparency), qui doit être déployée à grande échelle début 2021, va en effet contraindre les applications mobiles à demander aux usagers leur permission pour les suivre à la trace, répondant ainsi à des demandes insistantes de plusieurs ONG et de groupes de défense des consommateurs.

La publicité ciblée au cœur de la bataille

Mais Facebook, qui fait part de son opposition à ATT depuis l'été, jure qu'Apple est bien plus intéressé par les profits financiers que par la protection de la vie privée en cherchant à considérablement limiter la possibilité pour les développeurs de diffuser des publicités ciblées.

Ces contenus sont également une importante source de revenus pour Facebook . "Cela va contraindre les entreprises à se tourner vers des modèles d'abonnements et d'achats intégrés à l'application, ce qui signifie qu'Apple va en bénéficier et que de nombreux services gratuits vont devoir devenir payants ou quitter le marché", défend Dan Levy.

Le responsable va jusqu'à accuser Apple de pratique anticoncurrentielle "en se servant de leur contrôle de l'App Store pour faire gonfler leur bilan aux dépens des développeurs d'applis et des petites entreprises."

Dan Levy accuse en outre Apple de ne pas se plier à ses propres règles en ne soumettant pas sa plateforme de publicités personnalisées aux nouvelles mesures.

Lors d'un appel téléphonique mercredi, Facebook a fait témoigner des petits commerçants américains qui ont détaillé à quel point la modification des critères pour les pubs ciblées pouvait affecter leur activité.

À lire aussi — Apple limitera bien la publicité ciblée malgré les protestations de Facebook

La taxe d'Apple également remise en cause

Un autre sujet de conflit entre les deux piliers de la tech porte sur la commission que le fabricant d'iPhone prélève sur les transactions des consommateurs réalisées via l'App Store, et qui peut s'élever jusqu'à 30%.

Le montant de cette "taxe" est notamment contesté par Epic Games, l'éditeur du populaire jeu vidéo Fortnite, dont le téléchargement est banni des appareils Apple jusqu'à l'été 2021.

Dans sa tribune, Dan Levy indique que Facebook, qui a pris fait et cause pour Epic Games, va fournir des éléments à la justice montrant que cette interdiction heurte les revenus publicitaires du réseau social.

Des "déclarations excentriques"

Lors d'un sommet à Bruxelles la semaine dernière, le vice-président de l'ingénierie logicielle d'Apple, Craig Federighi, avait anticipé des réactions négatives aux nouvelles mesures sur la transparence. Il avait alors qualifié ces attaques de "déclarations excentriques" et de "tentatives éhontées pour maintenir le statu quo sur l'intrusion dans la vie privée."

"Il est évident que certaines entreprises vont faire tout ce qu'elles peuvent pour arrêter la fonctionnalité App Tracking Transparency — ou toute innovation similaire — et pour maintenir leur accès sans entraves aux données des utilisateurs", avait prévenu Craig Federighi.

Plusieurs spécialistes jugeaient d'ailleurs ironique qu'un mastodonte comme Facebook se pose en défenseur des PME. Carolina Milanesi de Creative Strategies s'est ainsi montrée dubitative face à l'encart publicitaire du réseau social qui assure vouloir "défendre les petites entreprises". "Sauf que ce n'est pas le cas!", a tweeté l'experte. "#Facebook tient tête à Apple pour conserver la possibilité de collecter des données et de générer des revenus."

Apple estime défendre les intérêts des utilisateurs

Apple a réagi aux attaques de Facebook suite à la parution des publicités critiquant ouvertement sa nouvelle politique de transparence dans divers journaux américains. Dans un communiqué envoyé à The Verge, Apple a répliqué : "Nous pensons qu'il s'agit simplement de défendre les intérêts de nos utilisateurs. Les utilisateurs doivent savoir quand leurs données sont collectées et partagées avec d'autres applications et sites web — et ils doivent avoir le choix de l'autoriser ou non."

Le communiqué revient également sur le problème de la publicité ciblée, chère à Facebook : "La transparence du suivi des applications dans iOS 14 n'oblige pas Facebook à modifier son approche du suivi des utilisateurs et de la création de publicités ciblées, elle exige simplement qu'il donne le choix aux utilisateurs."

À lire aussi — Voici comment limiter la publicité ciblée sur votre téléphone et les réseaux sociaux

Découvrir plus d'articles sur :