REUTERS/Charles Platiau

  • Facebook dit avoir supprimé 652 pages et comptes de désinformation russes et iraniens de sa plateforme. 
  • Les campagnes de désinformation russe et iranienne sont distinctes mais ont eu recours à des méthodes similaires, a dit Facebook. 
  • Les comptes iraniens ont acheté plus de 6000 dollars de publicités sur Facebook et Instagram et ont organisé 25 vrais événements.

Facebook a supprimé des centaines de pages et de comptes liés à l'Iran et à la Russie qui sont impliqués, selon le réseau social, dans des campagnes de désinformation coordonnées pour cacher leurs identités et dans certains cas pour lancer des cyberattaques. 

Dans une note de blog publiée ce mardi 21 août 2018, Facebook a dit avoir détecté "des comportements coordonnés inauthentiques" sur son réseau social qui compte deux milliards d'utilisateurs ainsi que sur son service de partage de photos Instagram. 

La révélation d'une campagne de désinformation sur Facebook venue d'Iran, même si ce type de campagne existe depuis déjà plusieurs années, souligne à quel point les réseaux sociaux axés sur les consommateurs sont en première ligne dans une bataille de l'ombre qui implique différentes nations et organisations souhaitant influer et changer la perception du public. 

Facebook a dit que les campagnes russe et iranienne étaient distinctes et qu'il n'avait trouvé aucun lien entre les deux. Mais les deux campagnes ont eu recours à des tactiques similaires, dont "la création de réseaux de comptes pour en tromper d'autres sur leurs identités et sur ce qu'ils faisaient". 

"Nous bannissons ce genre de comportements parce que nous voulons que les gens aient confiance dans les connexions qu'ils font sur Facebook", a indiqué le réseau social dans la note de blog. 

Ces découvertes sont annoncées en amont des élections américaines de mi-mandat de 2018 et sont le dernier exemple en date où Facebook et d'autres réseaux sont utilisés comme des plateformes de propagande pour diffuser des informations mensongères et créer des divisions au sein de l'opinion, après la campagne de désinformation russe qui s'est immiscée dans l'élection présidentielle américaine de 2016. 

Lors d'une conférence téléphonique qui avait eu lieu après ces révélations, le patron de Facebook Mark Zuckerberg avait suggéré qu'il était possible que l'on découvre d'autres campagnes de ce type dans les mois à venir: "Je pense qu'il est prudent de dire que nous menons plusieurs enquêtes actuellement et nous vous en informerons dès que nous en saurons plus." 

Ces révélations vont certainement mettre une pression politique supplémentaire sur Facebook et son patron, alors que le sénateur Mark Warner de Virginia a tweeté qu'il était impatient d'en savoir plus sur ces incidents lors des prochaines auditions au Congrès avec Facebook, Twitter et Google. 

Facebook a supprimé des centaines de pages et de comptes

Facebook a dit avoir supprimé de sa plateforme 652 pages, groupes et comptes. Selon l'entreprise, les pages et comptes impliqués dans deux campagnes distinctes — l'une venue d'Iran, la seconde de Russie. 

Parmi les pages iraniennes, Facebook a dit avoir détecté trois campagnes distinctes, deux d'entre elles étaient connectées et ont été reliées à des médias étatiques iraniens. Les trois campagnes ont ciblé des personnes à travers une multitude de services internet dans le Moyen-Orient, l'Amérique latine, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. 

Une partie des activités de désinformation iraniennes a impliqué des comptes affiliés à ce que Facebook a décrit comme des "cyberattaques traditionnelles, avec des tentatives de piratages de comptes et de diffusions de virus". Facebook a dit qu'il avait déjà détecté auparavant des tentatives de piratage de ce type et les avait arrêtées. 

Facebook a dit que l'entreprise de cybersécurité FireEye l'avait prévenu de l'existence d'un réseau de sites venus d'Iran appelé "Liberty Front Press", qui se faisait passer pour des médias indépendants et des organisations de société civiles. Facebook a dit que grâce aux information d'enregistrement des sites et leurs adresses IP, il avait pu découvrir que Liberty Front Press était en fait lié à des médias étatiques iraniens.

"Une partie du réseau, 'Quest 4 Truth,' affirme être un média iranien indépendant, mais en fait, il est lié à Press TV, un réseau d'informations en anglais affilié aux médias étatiques d'Iran", a dit Facebook. 

Selon Facebook, ces pages liées à l'Iran ont acheté pour plus de 6000 dollars de publicités sur Facebook et Instagram, en utilisant des dollars américains et australiens. Certaines des pages Facebook iraniennes ont organisé de vrais événements, a dit Facebook. 

Même si Facebook a dit que ces comptes ont publié des contenus politiques, qui ciblaient en premier lieu le Moyen-Orient et l'Amérique latine et à partir de 2017, de plus en plus, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le réseau social n'a pas accusé les groupes d'avoir cherché à s'immiscer dans les élections américaines de mi-mandat. 

Plus de comptes russes 

Reuters

Facebook a aussi supprimé des pages, groupes et comptes "qui peuvent être liés à des sources que le gouvernement américain avait déjà identifiées comme venant des services de renseignements militaires russes", a dit l'entreprise. Ces pages se concentraient sur des contenus politiques sur la Syrie et l'Ukraine, deux pays qui sont politiquement très importants pour la Russie. 

La Russie avait utilisé Facebook pour s'immiscer dans l'élection américaine de 2016, en achetant des publicités et en propageant des messages décisifs ou des informations mensongères.  

Tout cela a provoqué une série de scandales, alors que le réseau social tente tout juste de s'en remettre. Facebook investit significativement dans dans la sécurité et la sûreté de sa plateforme. 

Mark Zuckerberg a suggéré ce mardi que ces investissements croissants étaient en train de fonctionner et que l'entreprise était capable de détecter ce type de campagnes de plus en plus tôt. "Nous commençons à voir que ça paie et nous identifions ce type de choses avant l'élection", a-t-il dit. 

Une série de scandales

Facebook a déjà détecté des faux comptes comme celui-ci. Facebook

En juillet 2018, Facebook a annoncé avoir détecté une campagne coordonnée de désinformation qui avait pour but d'influencer les élections américaines de mi-mandat.

Dans le cadre de cette campagne, des douzaines de comptes s'étaient engagés dans "un comportement coordonné inauthentique" et ont organisé des douzaines de vrais événements, souvent en travaillant avec des vrais militants aux Etats-Unis, victimes de la tromperie sans le savoir. 

Facebook n'a pas identifié les responsables derrière cette campagne, mais a dit qu'il y avait des similarités avec les précédentes campagnes de désinformations russes. Le contenu semble avoir été conçu pour diviser politiquement et était généralement de gauche, parfois en opposition directe avec le président Donald Trump. 

Version originale: Rob Price/Business Insider

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