Facebook va demander à 'des personnes indépendantes' de dire si ses modérateurs ont eu raison de censurer un contenu — mais il y a déjà un problème avec ce panel

L'ex-politique britannique Nick Clegg est responsable des affaires publiques de Facebook depuis septembre 2018. REUTERS/Peter Nicholls

Facebook est constamment critiqué pour son rôle et sa responsabilité dans la propagation d'informations mensongères sur sa plateforme.

Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg a pris plusieurs mesures pour combattre ce fléau, via son équipe de 7500 modérateurs qui retirent les contenus jugés haineux, violents, dangereux ou qui relèvent de la désinformation dans 100 langues différentes ou encore un récent investissement de 300 millions de dollars auprès des médias locaux dans le monde.

Dans une interview accordée au Monde, l'ex-politique britannique Nick Clegg, désormais responsable des affaires publiques de Facebook, a précisé que l'entreprise allait mettre en place une sorte de cour d'appel qui pourra être saisie par les utilisateurs estimant avoir été injustement censurés :

"Dans les cas les plus complexes, il sera possible de soumettre la question à un panel, qui sera totalement indépendant."

Facebook a publié lundi 28 janvier 2018 une ébauche de la manière dont ce panel serait composé et fonctionnerait. Il s'agit d'un document de travail, censé être amélioré à l'aide d'une consultation auprès des utilisateurs pour "recueillir les suggestions sur la meilleure manière de concevoir ces panels, qui devront avoir une représentation régionale ou nationale", a souligné Nick Clegg, ajoutant que : 

"Nous définirons probablement un groupe de personnes, dont nous tirerons des 'jurés' ; cela n'aurait aucun sens de demander à des personnes vivant en Amérique du Sud d'arbitrer un désaccord en Australie. Nous faisons plusieurs tests à ce sujet dans le monde entier."

D'après l'ébauche mise en ligne par Facebook, ce panel pourrait être composé de 40 personnes "indépendantes" — autrement dit aucun membre du gouvernement, ex ou employé actuel de Facebook ni aucun lobbyist de l'entreprise. Mais c'est bien Facebook qui choisira ces personnes, même si le mécanisme de sélection n'a pas été détaillé.

Chose qui pourrait être l'objet de critiques, puisque Facebook semble demander à demi-mot de lui faire aveuglement confiance sur ses choix.

Par ailleurs, d'après le document, les décisions collectives du panel seront rendues publiques, mais pas les votes individuels de chaque membre. 

Au cours des mois à venir, le réseau social envisage ainsi d'ouvrir des ateliers à Singapour, Delhi, Nairobi, Berlin, New York, Mexico et d'autres villes pour recueillir des suggestions au sujet de cette proposition.

Cette démarche intervient alors l'entreprise tente de réaffirmer sa position en matière de liberté d'expression et de censure.

Pour Nick Clegg, "Facebook ne peut pas être à la fois le juge et les jurés" :

"Nous sommes en permanence mis sous pression en raison de contenus que nous laissons sur la plateforme ; mais l'autre versant de cette histoire, c'est que Facebook supprime aussi énormément de contenus, et décide seul des paramètres de ce qui est ou non acceptable. Mark Zuckerberg et moi-même pensons que même si Facebook conçoit ces règles de manière intelligente et subtile, l'entreprise ne peut pas être à la fois le juge et les jurés."

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