Mark Zuckerberg auditionné par le Congrès américain. Reuters

  • Facebook révèle avoir trouvé un effort coordonné pour influencer la politique américaine avant les élections de mi-mandat de 2018 en utilisant des profils et des publicités sur Facebook.
  • Facebook assure ne pas savoir encore qui est derrière cette campagne de désinformation.
  • Les législateurs américains ont été informés cette semaine, rapporte le New York Times mardi.

Facebook dit avoir détecté un effort coordonné pour utiliser son réseau social afin d'influencer la politique américaine avant les élections de mi-mandat de 2018.

Mardi, le réseau social a annoncé avoir bloqué 32 pages et comptes engagés dans un "comportement inauthentique coordonné" et qui avaient organisé des dizaines d'événements réels.

"Nous n'en sommes encore qu'au tout début de notre enquête et nous n'avons pas tous les faits — y compris ceux qui sont derrière tout cela", a déclaré Facebook dans un billet de blog. "Mais nous partageons ce que nous savons aujourd'hui étant donné le lien entre ces mauvais acteurs et les manifestations prévues à Washington la semaine prochaine."

Ces révélations arrivent après l'utilisation de Facebook par la Russie pour s'immiscer dans l'élection présidentielle américaine de 2016, mais Facebook ne lie pas encore directement cette nouvelle campagne à la Russie — bien qu'il y ait des similitudes.

"Nous ne pouvons pas dire avec certitude si c'est [le groupe russe] IRA avec des capacités améliorées ou un groupe différent sur la base de ce que nous savons aujourd'hui", a déclaré le responsable de la sécurité de Facebook Alex Stamos lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes mardi.

La campagne d'influence électorale comprend 32 comptes et pages Facebook inauthentiques qui ont créé des douzaines d'événements réels.

30 événements ont déjà eu lieu, ont dit les représentants de Facebook lors de la conférence téléphonique, et les pages ont été retirées avant un événement prévu le 10 août à Washington, DC.

La nouvelle a été révélée un peu plus tôt par le New York Times.

'Resisters' et 'Black Elevation'

Facebook a dit avoir identifié huit pages et 17 profils qui faisaient partie de la conspiration avec plus de 290.000 fans au total.

Parmi les événements créés, le plus important — "No Unite The Right 2 — DC", un événement politique s'opposant à un rassemblement d'extrême droite — a attiré 1400 utilisateurs qui ont déclaré leur intention de participer.

"Les pages Facebook les plus suivies étaient 'Aztlan Warriors','Black Elevation','Mindful Being' et'Resisters'. Les autres pages avaient entre zéro et 10 fans, et les comptes Instagram n'avaient aucun abonné", précise Facebook.

Dans certains cas, les faux comptes ont été directement coordonnés involontairement par des utilisateurs légitimes de Facebook qui sont administrateurs d'autres pages.

Les pages ont également investi environ 11.000 dollars pour 150 publicités, selon Facebook, et ont utilisé des technologies comme les réseaux privés virtuels et les services de téléphonie sur Internet pour dissimuler leurs traces. Ils ont payé des tiers pour diffuser des publicités en leur nom, selon Facebook.

"Il est clair que la personne qui a créé ces comptes s'est donné beaucoup plus de mal pour dissimuler sa véritable identité que la Internet Research Agency (IRA) de Russie l'avait fait dans le passé", a déclaré Facebook.

Facebook a publié quelques exemples de contenu qui faisait partie de la campagne, dont des messages anticoloniaux et un post attaquant les stéréotypes de genre.

Facebook

Pas plus tard que la semaine dernière, Facebook a refusé de répondre à des questions sur le fait de savoir s'il avait détecté de tels efforts pour influencer ou interférer dans les élections de mi-mandat, prévues en novembre 2018.

Des exemples d'articles de faux comptes publiés par Facebook touchent à des questions politiques brûlantes, mais ne font pas référence à des candidats politiques. Lors de la conférence téléphonique, la COO de Facebook Sheryl Sandberg a refusé de s'avancer sur si les comptes faisaient partie d'un effort visant à influencer directement les élections de mi-mandat. "Il est encore très tôt.... nous nous préoccupons toujours du contenu inauthentique", dit-elle.

Facebook, qui compte plus de 2 milliards d'utilisateurs dans le monde, a fait l'objet d'une attention accrue à la suite des révélations selon lesquelles son réseau social a été utilisé pour diffuser des informations erronées lors de l'élection présidentielle américaine de 2016, ainsi que d'autres élections et référendums importants, comme la campagne Brexit en Grande-Bretagne.

Version originale: Alexei Orescovic/Business Insider

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