Mark Zuckerberg veut fusionner WhatsApp, Instagram et Facebook Messenger — et les questions que cela pose en matière de vie privée inquiètent déjà des élus du Congrès

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. Wikimedia Commons/Anthony Quintano

  • Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, veut fusionner l'infrastructure de ses trois applis de messagerie que sont WhatsApp, Instagram et Facebook Messenger.
  • Les trois services continueront d'opérer sous leur nom respectif mais leurs utilisateurs pourront communiquer entre eux, avec un cryptage de bout-en-bout de leurs messages — une fonctionnalité déjà présente sur WhatsApp et Messenger.
  • Le projet inquiète certains élus américains qui y voient un pas en arrière en matière de respect de la vie privée des utilisateurs.

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a un projet ambitieux : fusionner l'infrastructure de ses trois applis de messageries, WhatsApp, Instagram et Facebook Messenger.

D'après un article du New York Times publié vendredi 25 janvier, cette fusion devrait être effective à la fin 2019 ou au début 2020.

Les trois services — qui cumulent 2,6 milliards d'utilisateurs dans le monde— continueront d'opérer sous leur nom respectif mais "l'infrastructure technique sous-jacente" sera unifiée, permettant aux utilisateurs des différentes applis de communiquer entre eux, avec un cryptage de bout-en-bout des messages. Si cette fonctionnalité est déjà présente par défaut sur WhatsApp, elle est disponible en option sur Messenger et totalement absente d'Instagram.

La mise en place de ce projet requiert le travail de milliers d'employés de Facebook pour reconfigurer les trois plateformes, mais Mark Zuckerberg le considère comme prioritaire, selon des sources internes interrogées par le New York Times. Le but serait de faire que les utilisateurs utilisent plus souvent les différents services, et d'ouvrir de nouvelles possibilités pour vendre de la publicité et ajouter de nouveaux services.

Dans un communiqué envoyé au New York Times, Facebook indique vouloir "construire la meilleure expérience de messagerie possible", qui soit "rapide, simple, fiable et privée".

Cette décision montre l'implication plus importante de Mark Zuckerberg au sein d'Instagram et WhatsApp, deux services acquis par Facebook en 2012 et 2014, et ce malgré les promesses d'autonomie faites par le milliardaire à l'époque.

Courant 2018, les fondateurs de WhatsApp et Instagram ont tour à tour quitté Facebook, et été remplacés par des proches de Mark Zuckerberg. Selon le New York Times, des dizaines d'employés de WhatsApp ont fait part de leur désaccord avec le projet du PDG de Facebook.

Un possible revers pour le respect de la vie privée des utilisateurs

Ce rapprochement entre les trois applis inquiète les législateurs, notamment en matière de respect des règles anti-trusts et de la vie privée des utilisateurs.

"C'est pour cela qu'il aurait dû y avoir plus de vigilance lors des rachats d'Instagram et WhatsApp par Facebook, qui semblent maintenant clairement être des fusions horizontales qui auraient dû être surveillées dans le cadre des règles anti-trusts", commente Ro Khanna, représentant démocrate au Congrès, sur Twitter. "Imaginez à quel point le monde serait différent si Facebook était en compétition avec Instagram et WhatsApp. Cela aurait encouragé une vraie concurrence qui aurait promu le respect de la vie privée au bénéfice du consommateur."

"J'ai beaucoup de questions sur la façon dont Facebook prévoit de combiner ces services. Si cela affaiblit la sécurité et le cryptage de WhatsApp d'une manière ou d'une autre, cela représenterait un revers important pour la sécurité de millions de personnes dans le monde", s'interroge de son côté le sénateur démocrate Ron Wyden, dans un communiqué transmis à Business Insider. "Si Facebook fait cela pour récolter plus de données personnelles à des fins commerciales, c'est une raison de plus d'être inquiets de la façon dont les entreprises utilisent nos données", poursuit-il.

Mais d'autres accueillent la nouvelle favorablement. Comme l'ancien responsable de la sécurité de Facebook, Alex Stamos, d'ordinaire plutôt critique envers le réseau social. Sur Twitter, il écrit que la mise en place du cryptage de bout-en-bout sur Facebook Messenger et Instagram serait "la plus importante amélioration en matière de respect de la vie privée sur les plateformes de communication dans l'histoire de l'humanité", tout en demandant de la transparence sur les décisions prises et les détails techniques.

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