Facebook incite ses employés à utiliser un chatbot pour répondre aux critiques de leurs proches

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, s'exprime lors d'une conférence en avril 2018. Anthony Quintano/Wikimedia Commons

Les fêtes de fin d'année sont un moment redouté par les salariés de Facebook. Alors que le réseau social est pointé du doigt à l'international pour son mode de gouvernance, certains employés ont fait part à leur direction de leur crainte d'affronter les remarques de leurs proches. Pour Thanksgiving, Facebook leur a donc offert un moyen de répondre aux critiques sereinement : un chatbot. Facebook représente-t-il une menace pour la démocratie ? Respecte-t-il réellement la vie privée de ses utilisateurs ? Utilise-t-il leurs données à des fins marchandes ou politiques ? Le "Liam Bot" a la réponse.

En le consultant, les salariés peuvent ainsi s'aligner sur la position officielle de la firme à propos de ces sujets épineux. Et pour cause, les réponses préenregistrées proviennent directement du département des relations publiques. "Nos employés nous demandent régulièrement des informations à utiliser avec leurs proches sur des sujets [concernant Facebook] évoqués dans les médias, et ce particulièrement à l'approche des fêtes de fin d'année", a indiqué une porte-parole de Facebook au New York Times, qui a révélé l'information. "Nous avons intégré cela dans un chatbot, que nous avons commencé à tester au printemps."

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Dans le cas où un proche s'interrogerait sur la manière dont le réseau social agit contre les discours haineux, l'agent conversationnel répondrait sans ciller que Facebook consulte des experts en la matière, a engagé davantage de modérateurs afin de réguler le flux de contenus et utilise l'intelligence artificielle afin de débusquer les messages de haine. Le chatbot peut également fournir des statistiques, tirées d'un rapport interne, illustrant la façon dont l'entreprise applique ses normes.

Le réseau social a récemment traversé une série de scandales qui ont durablement terni son image. Après avoir été accusé d'avoir favorisé la propagation de fake news durant la campagne présidentielle américaine de 2016, Facebook s'est ensuite empêtré dans la controverse Cambridge Analytica. Entre 2014 et 2016, cette société britannique a exploité les données d'environ 87 millions d'utilisateurs américains de Facebook à des fins électorales. Venu défendre son projet de cryptomonnaie Libra devant le Congrès américain fin octobre, Mark Zuckerberg a quant à lui vécu une audition houleuse, essuyant les critiques virulentes des élus, notamment sur la politique du réseau social concernant les publicités politiques.

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