Facebook laisse entendre que la crypto-monnaie Libra pourrait finalement ne jamais exister

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg. L'entreprise laisse entendre que sa crypto-monnaie Libra pourrait ne jamais voir le jour. REUTERS/Leah Millis/File Photo

Projet phare de Facebook dévoilé en juin, la crypto-monnaie Libra pourrait ne jamais voir le jour malgré le soutien de poids lourds du secteur de la tech comme Uber, MasterCard, Stripe, Visa, Booking.com et Iliad, le groupe derrière l'opérateur telecom Free. A l'occasion de la publication de ses résultats financiers du deuxième trimestre, Facebook, qui engrange toujours plus de revenus publicitaires, a fait part de réserves entourant Libra qui devait être lancée en 2020, a remarqué la chaîne américaine CNBC. Dans les documents envoyés, et consultables ici, à la Securities and Exchange Commission (SEC) — le gendarme américain de la Bourse — Facebook fait valoir que plusieurs facteurs pourraient "nuire à nos activités et à notre réputation, ou nos résultats financiers".

A tel point que le groupe de Mark Zuckerberg conclut que "rien ne garantit que Libra ou nos produits et services associés seront disponibles en temps opportun ou ne le seront tout court". Cette prudence de la part de Facebook tient à deux facteurs conjugués. D'une part, la pression des régulateurs. "Notre participation à la Libra Association nous soumettra à un examen réglementaire approfondi", écrit Facebook à la SEC. Depuis la révélation du projet, régulateurs américains et européens s'interrogent notamment sur le contrôle de la Libra et sur la sécurité des transactions via Facebook, Messenger et WhatsApp. 

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L'adoption par le marché et le manque d'expérience de Facebook sont des facteurs de risques

"La Libra est basée sur une technologie relativement nouvelle et non éprouvée, et les lois et règlements entourant la monnaie numérique sont incertains et en évolution", indique Facebook pour expliquer pourquoi il est soumis à autant de contrôles et d'auditions devant le Parlement américain par exemple. Le porteur de ce projet regrette clairement que les lois internationales et propres à chaque pays retardent le lancement et nuisent à son plan.

"Dans de nombreuses juridictions, l'application ou l'interprétation de ces lois et règlements ne sont pas claires, en particulier en ce qui concerne l'évolution des lois et des règlements qui s'appliquent à la blockchain et à la crypto-monnaie. Ces lois et règlements, de même que toutes les demandes de renseignements ou des enquêtes connexes, pourraient retarder ou entraver le lancement de la monnaie".

'Incertitude' autour de l'adoption de la Libra

Le second facteur qui entre en jeu est l'adoption de cette nouvelle devise par le marché qui demeure "une grande incertitude". Facebook reconnaît ainsi n'avoir aucune expérience dans la blockchain ou dans la crypto-monnaie et ceci pourrait avoir "une incidence défavorable sur notre capacité à développer et commercialiser avec succès ces produits et services". 

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En pratique, la Libra prendrait la forme d'une monnaie numérique pouvant être utilisée via une application smartphone pour effectuer facilement des paiements et envoyer de l'argent liquide au-delà des frontières sans le genre de frais pour lesquels l'industrie financière est connue. Au départ, l'accent semblait être mis principalement sur les personnes qui ne sont pas bancarisées, c'est-à-dire qui n'ont pas accès aux services financiers — il y a 1,7 milliard de personnes dans le monde de ce cas, selon la Banque mondiale.

Facebook voulait également développer sa propre application pour s'asseoir dessus : Calibra. Calibra serait une application mobile permettant aux utilisateurs d'envoyer et de recevoir la monnaie numérique, et existerait sous la forme d'applications iOS et Android autonomes ainsi que de fonctionnalités intégrées à WhatsApp et Messenger, les applications de messagerie de l'entreprise. C'est aussi le nom d'une nouvelle filiale qui dépendrait de Facebook.

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