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Facebook 'ne changera pas' sa politique en matière de discours haineux malgré le boycott par plus de 500 annonceurs

Facebook 'ne changera pas' sa politique en matière de discours haineux malgré le boycott par plus de 500 annonceurs
Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook. © AP

Mark Zuckerberg aurait déclaré aux employés que l'entreprise ne changerait pas sa politique sur les discours haineux malgré le boycott de la plateforme par plus de 500 annonceurs ce mois-ci, rapporte The Information."Nous ne changerons pas nos politiques ou notre approche sur quoi que ce soit en raison d'une menace sur un petit pourcentage de nos revenus, ou sur n'importe quel pourcentage de nos revenus", aurait annoncé le PDG de Facebook lors d'une réunion publique virtuelle la semaine dernière.

"Je pense que tous ces annonceurs seront de retour sur la plateforme bien assez tôt", aurait-il poursuivi, ajoutant que le boycott était "une question de réputation et de partenariat" plutôt qu'une question financière, la plupart des revenus de Facebook provenant de petites entreprises et pas de grandes marques.

Facebook a vu sa valeur marchande chuter de 60 milliards de dollars (53,27 millions d'euros) en seulement deux jours, plus tôt cette semaine, lorsque les grandes marques ont rejoint le boycott, mais ses actions ont largement rebondi depuis.

Au début de ce mois, des groupes de défense des droits civils américains, dont la NAACP, l'Anti-Defamation League et Color of Change, ont appelé les annonceurs à boycotter Facebook suite à l'inaction de Mark Zuckerberg sur des messages controversés du président américain Donald Trump suggérant des violences contre les personnes protestant contre la brutalité policière et le racisme systémique.

Depuis le lancement de la campagne, plus de 500 entreprises, dont de grandes marques comme Coca-Cola, Ford, Starbucks, Verizon, Adidas et Unilever, ont retiré des publicités de la plateforme. Vendredi, alors que le boycott prenait de l'ampleur, Facebook a déclaré qu'il allait apposer des étiquettes sur les messages "dignes d'intérêt" des politiciens qui violent ses politiques de discours haineux — un revirement important pour l'entreprise — et renforcer ses règles pour les annonceurs.

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Les dirigeants de Facebook ont également essayé, lors de multiples discussions privées, de répondre aux préoccupations des annonceurs, mais ces négociations ont finalement échoué, les annonceurs regrettant le manque d'efforts de la plateforme et les organisateurs du boycott exigeant que Mark Zuckerberg, qui représenterait "l'autorité ultime", y assiste personnellement, rapporte Reuters.

Mark Zuckerberg a finalement accepté de rencontrer les dirigeants de la NAACP, Color of Change, et de l'Anti-Defamation League, a déclaré le porte-parole de cette dernière, Todd Gutnick, à Business Insider US. Cependant, ses déclarations en date de vendredi suggèrent qu'il a peut-être déjà pris sa décision, et que le boycott pourrait en fait se retourner contre lui. "Si quelqu'un vous menace de quelque chose, cela vous met dans une situation où, d'une certaine manière, il est encore plus difficile de faire ce qu'il veut parce qu'il semble que vous capitulez", aurait-il déclaré aux employés, selon The Information.

Dans un courriel adressé à Business Insider US, un porte-parole de Facebook a assuré prendre "ces questions très au sérieux". "Nous respectons les réactions de nos partenaires. Nous faisons de réels progrès en gardant les discours haineux hors de notre plateforme, et nous ne bénéficions pas de ce genre de contenu. Mais comme nous l'avons dit, nous changeons nos politiques sur la base de principes, et non de pressions sur les revenus", a-t-il poursuivi.

Version originale : Tyler Sonnemaker / Business Insider

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