Facebook ne soumettra pas les publications des politiques à son "fact-checking" ni aux règles du réseau social

Depuis les accusations à son encontre en 2016, Marc Zuckerberg tente à sa façon de combattre les fake-news sur Facebook. Wikimedia Commons/Anthony Quintano

Facebook a mis en place un partenariat avec des médias comme l'AFP pour vérifier les publications soupçonnées de répandre de fausses informations, mais le réseau social vient d'annoncer que les hommes politiques seront exemptés de ce "fact-checking". Dans un discours prononcé au Atlantic Festival, mardi 24 septembre, puis dans un communiqué, Nick Clegg, directeur mondial des affaires publiques de Facebook, a déclaré : "Nous ne pensons pas qu'il soit approprié pour nous d'agir en tant qu'arbitre des débats politiques et d'empêcher le discours d'un responsable politique de toucher son public. C'est pour cela que Facebook exempte les hommes politiques de notre programme de fact-checking."

Nick Clegg précise que cette exemption existe depuis un an environ. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que les politiques n'auront même plus à respecter les standards de la communauté Facebook. Le réseau dispose d'une politique d'exemption de ces standards pour les publications jugées dignes d'intérêt public. Cette exception a été créée en 2016, suite à la censure de la photo de la "petite fille au napalm", pour permettre aux médias de publier des contenus montrant par exemple de la violence ou de la nudité. Désormais, les politiciens bénéficieront aussi de cette exemption. "À partir d'aujourd'hui, nous considérerons le discours des politiques comme un contenu digne d'intérêt général qui doit, de manière générale, être vu et entendu", a déclaré Nick Clegg. 

Si Facebook ne soumettra jamais les publications des politiques aux équipes de fact-checking, le réseau social se garde le droit de les modérer dans deux situations : lorsque leur discours peut représenter un danger pour les gens, et lorsqu'il s'agit d'une publicité. "Un contenu susceptible d'inciter à la violence, par exemple, peut présenter un risque pour la sécurité qui l'emporte sur la valeur de l'intérêt général", précise le communiqué. 

Et "quand un(e) politique partage un contenu précédemment démenti, y compris des liens, des vidéos et des photos, nous avons l'intention de rétrograder ce contenu, d'afficher des informations sur le même sujet vérifiées par des journalistes, et d'empêcher l'intégration de ce contenu dans des publicités", a ajouté Nick Clegg.

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Avec ces annonces, Facebook entend montrer qu'il se prépare aux élections américaines présidentielles de novembre 2020. Suite à l'élection de Donald Trump en 2016, le réseau social avait été accusé de négligence face aux campagnes de fausses informations de la Russie pour influencer l'élection.

Dans son discours, Nick Clegg a affirmé : "Ce n'est un secret pour personne, Facebook a fait des erreurs en 2016, et la Russie a essayé d'utiliser notre réseau pour influencer les élections en divisant et en répandant de fausses informations. Mais nous avons tiré les leçons de 2016. Facebook a passé les trois dernières années à mettre en place ses défenses pour empêcher que cela ne se reproduise."

Face aux fake-news, le géant de la tech affirme une fois de plus que sa priorité est à la liberté d'expression, malgré les polémiques qu'il essuie sur le sujet. Les hommes politiques peuvent désormais être rassurés, ils pourront toujours se servir de Facebook pour raconter ce qui leur plaît.  

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