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Facebook 'promeut activement' des contenus négationnistes auprès de certains utilisateurs, selon une étude

Facebook 'promeut activement' des contenus négationnistes auprès de certains utilisateurs, selon une étude
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, lors de son témoignage devant les commissions du commerce et de la justice au Capitole à Washington, le mardi 10 avril 2018. © AP Photo/Andrew Harnik

Facebook a un problème majeur avec ses algorithmes de recommandation. Selon un nouveau rapport, si un utilisateur de Facebook a déjà interagi avec un contenu négationniste, niant l'existence de la Shoah, Facebook "met activement en avant d'autres contenus négationnistes auprès de cet utilisateur". C'est ce qu'indique le rapport du 10 août de l'Institut pour le Dialogue Stratégique — un think tank britannique —, "Hosting the Holohoax : A Snapshot of Holocaust Denial Across Social Media" (qu'on peut traduire par "Héberger les hoax sur la Shoah : un aperçu du négationnisme sur les réseaux sociaux").

Le rapport montre que Facebook ne fait pas qu'héberger des contenus antisémites niant l'existence de la Shoah, mais qu'il continue à suggérer ce type de contenus aux utilisateurs. En utilisant la méthode de la "boule de neige" sur Facebook, où un utilisateur clique sur un contenu suggéré en fonction de son activité antérieure, le rapport a constaté que "lorsqu'un utilisateur suit des pages publiques contenant du contenu négationniste", Facebook promeut activement le contenu correspondant. Dans le cas du contenu négationniste, "Facebook promeut activement d'autres contenus négationnistes auprès de cet utilisateur".

Le rapport a trouvé des contenus négationnistes similaires disponibles sur Reddit, Twitter et YouTube mais Facebook est le seul service qui a activement fait apparaître des contenus supplémentaires liés à la Shoah.

Ces mêmes algorithmes de recommandation qui poussent des contenus négationnistes sont à la base du fonctionnement du plus grand réseau social du monde. Facebook recueille des informations extrêmement détaillées sur la façon dont les utilisateurs interagissent avec tout ce qui se trouve sur le réseau social, et s'adapte à chaque utilisateur en fonction de ces informations.

Avec plus de 2 milliards d'utilisateurs, Facebook est de loin le plus grand réseau social existant. Mais alors que le service continue à se développer, la société qui le gère a lutté ou carrément refusé de modérer le contenu — un article du Wall Street Journal datant de mai a révélé que des cadres, dont le PDG Mark Zuckerberg, ont refusé de modérer le service même lorsqu'il a été prouvé que ses algorithmes "exploitent l'attrait du cerveau humain pour tout ce qui divise".

Mark Zuckerberg a déjà parlé de son propre combat pour modérer un sujet comme la négation de la Shoah sur Facebook. "Je suis juif, et il y a un ensemble de personnes qui nient que la Shoah ait eu lieu. Je trouve cela profondément offensant", avait-t-il déclaré à Recode en juillet 2018. "Mais en fin de compte, je ne pense pas que notre plateforme devrait enlever ces contenus car je pense qu'il y a des choses que certaines personnes comprennent mal".

La négation de la Shoah ne viole pas les politiques d'utilisation de Facebook

Facebook a longtemps été critiqué pour ses politiques qui autorisent la négation de la Shoah. En 2009, Michael Arrington, de TechCrunch, a qualifié l'entreprise d'"obstinément fière" de sa position après que Brian Cuban, le frère de l'investisseur milliardaire Mark Cuban, l'a fustigée pour avoir "promu et encouragé la haine".

"La simple déclaration que la Shoah n'a pas eu lieu n'est pas une violation de nos conditions", avait déclaré un porte-parole sur Facebook à ABC News à l'époque.

Jonathan Greenblatt, PDG de l'Anti-Defamation League, une association qui se bat contre l'antisémitisme, avait déclaré dans un communiqué suite aux commentaires de Mark Zuckerberg en 2018 que la négation de la Shoah est une "tactique de tromperie délibérée, volontaire et de longue date des antisémites qui est incontestablement haineuse, blessante et menaçante pour les Juifs".

Un représentant de Facebook a partagé la déclaration suivante avec Business Insider US :

"Nous supprimons toute publication qui célèbre, défend ou tente de justifier la Shoah. Il en va de même pour tout contenu qui se moque des victimes de la Shoah, qui accuse les victimes de mentir, qui diffuse de la haine ou qui prône la violence contre le peuple juif de quelque manière que ce soit. Nous retirons également les groupes et les pages qui discutent du négationnisme à partir des recommandations et des références liées à ce sujet dans les prévisions de recherche. Bien que nous ne supprimons pas les contenus simplement parce qu'ils sont mensongers, de nombreuses publications qui nient la Shoah violent souvent notre politique contre les discours de haine et sont supprimés. Dans les pays où c'est illégal, comme l'Allemagne, la France et la Pologne, ce contenu n'est pas autorisé conformément à la loi. Il est difficile de trouver un juste équilibre entre la sécurité des personnes et la liberté d'expression, et nous savons que de nombreuses personnes sont en profond désaccord avec notre position. Nous développons et révisons constamment nos politiques et nous consultons des organisations dans le monde entier pour nous assurer que nous faisons ce qu'il faut".

Version originale : Ben Gilbert/Business Insider.

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