Facebook travaille à donner aux robots le sens du toucher et la capacité d'apprendre comme des humains

Facebook a dévoilé trois projets qui, espère-t-il, contribueront à relever les défis de l'intelligence artificielle et de la robotique. Facebook

Par le passé, Facebook a déjà évoqué publiquement son intérêt pour le secteur de la robotique mais sans donner plus de précision. Ce lundi 20 mai, la firme américaine a enfin de révélé des détails concernant les projets spécifiques sur lesquels elle travaille. Le géant des réseaux sociaux a dévoilé trois projets de robotique qui, espère-t-il, contribueront à relever le défi de construire des systèmes d'intelligence artificielle (IA) qui n'ont pas à dépendre de grandes quantités de données pré-établies pour apprendre de nouvelles informations. L'entreprise de Mark Zuckerberg mène des recherches visant à enseigner aux robots comment apprendre à reconnaître le monde qui les entoure à la manière des humains.

"Le monde réel est désordonné. Il n'est pas simple", a déclaré auprès de Business Insider US Roberto Calandra, chercheur de la section IA chez Facebook. "Le monde dans lequel nous vivons n'est pas un endroit parfait. Il n'est pas bien ordonné. Le fait que nous essayons de développer des algorithmes qui fonctionnent sur de vrais robots [aidera] à créer des algorithmes [IA] qui, en général, seront plus fiables, plus robustes et qui apprendront plus rapidement".

Les trois projets de Facebook sont menés au sein de la section de recherche en intelligence artificielle de l'entreprise américaine. Cette section travaille en toute indépendance des autres services populaires de la firme, comme sa gamme d'applications pour smartphone. Facebook affirme que ses recherches en robotique et intelligence artificielle servent à faire avancer l'IA dans le secteur industriel et au niveau universitaire, et souligne que ses informaticiens ne mènent pas ces recherches dans le but d'intégrer cette technologie aux produits destinés aux utilisateurs.

Ainsi, dans le cadre de l'un de ces projets, Facebook développe des algorithmes visant à réduire le temps qu'il faudrait à un robot à six pattes pour apprendre à marcher. Et ce même si la machine ne dispose d'aucune information sur son environnement.

"L'idée est qu'avec un peu de chance, nous pouvons obtenir des performances où le robot, sans aucune connaissance préalable du monde ou de ce que signifie marcher, peut apprendre à marcher d'une manière naturelle en quelques heures", explique Roberto Calandra.

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Dans un autre projet, l'entreprise dirigée par Mark Zuckerberg a découvert que se servir du concept de la curiosité comme facteur de motivation pourrait aider les robots à apprendre plus rapidement, établissant ainsi un véritable parallèle avec la manière dont les humains apprennent. Facebook affirme avoir appliqué cette technique axée sur la curiosité à des applications se servant d'un bras robotique ainsi que lors de simulations.

Le troisième domaine étudié par Facebook consiste à aider les robots à découvrir le monde par le toucher. L'entreprise américaine a développé une méthode permettant aux robots d'accomplir des tâches en apprenant grâce au toucher sans avoir préalablement reçu de données de formation spécifiques. Selon Roberto Calandra, il est difficile de construire du matériel avec les bons capteurs tactiles, ce qui explique en partie pourquoi cette démarche demeure un réel défi pour les machines.

"En tant qu'humains, chaque fois que nous saisissons notre tasse ou que nous tendons la main vers notre téléphone, nous sommes en fait très doués pour percevoir les objets et comprendre comment les manipuler par le toucher", détaille-t-il. "Pour l'heure, il est encore difficile de construire le matériel pour permettre aux machines de faire la même chose".

Accélérer le processus

L'accomplissement de tels progrès pourrait être déterminant pour accélérer le développement de systèmes d'intelligence artificielle. Dans de nombreux cas, les systèmes d'IA doivent être formés avec des données pré-établies pour fonctionner. Par exemple, si vous voulez créer un algorithme qui peut détecter les chats sur des photos, il faut qu'il comprenne à quoi ressemble un chat en parcourant de grandes quantités de données, comme des milliers de photos étiquetées comme contenant des chats.

Mais l'étiquetage des données prend beaucoup de temps et dans certains cas les données nécessaires peuvent être indisponibles. C'est pourquoi les chercheurs de Facebook espèrent que leurs projets axés sur la robotique aboutiront à des algorithmes qui permettront de découvrir le monde comme le font les humains.

Franziska Meier, également chercheuse scientifique pour le groupe d'IA de Facebook, souligne que le traitement du langage naturel est un cas d'utilisation dans lequel les données requises peuvent être indisponibles. "Vous aurez peut-être envie de traduire des mots d'une langue à une autre, mais vous pourriez être limité dans votre tâche si vous disposez de beaucoup de données pour une langue mais pas pour les autres", a-t-elle indiqué à Business Insider US. 

Facebook

Ces différents projets soulignent l'intention de Facebook de s'imposer comme un leader du secteur de l'intelligence artificielle. Un titre pour lequel des rivaux comme Google et Apple, entre autres, sont également en compétition. L'an dernier, Facebook avait annoncé avoir embauché des informaticiens réputés de l'Université Carnegie-Mellon (Etats-Unis) pour renforcer ses travaux en matière d'intelligence artificielle et de robotique. De son côté, Apple a révélé en décembre dernier avoir débauché un cadre supérieur de Google pour s'occuper du "machine learning" et de la stratégie concernant l'intelligence artificielle. 

Les grandes entreprises de la Silicon Valley comme Facebook investissent davantage dans l'intelligence artificielle car on s'attend à ce que ce secteur connaisse un grand boom. En avril 2018, la société d'études de marché Gartner a estimé que la valeur commerciale tirée de l'intelligence artificielle atteindrait un peu plus de mille milliards de dollars pour l'année, soit une augmentation de 70% par rapport à 2017.

Version originale : Lisa Eadicicco/Business Insider

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