Facebook veut payer ses utilisateurs pour espionner leur smartphone

Facebook a trouvé une nouvelle façon de récolter des données sur les applications et les appareils que les gens utilisent. L'application s’appelle "Study by Facebook" et a été dévoilée par l'entreprise ce mardi afin d'aider le géant des réseaux sociaux à collecter plus d'informations sur les utilisateurs de smartphones en Inde et aux Etats-Unis, comme par exemple les applications installées sur leurs téléphones, le temps passé sur ces applications, leur pays, l'appareil utilisé, et le type de réseau. En installant l'application, les utilisateurs permettront à Facebook de savoir quelles fonctions des applications qu'ils utilisent suscitent le plus d’engagement.

Study by Facebook sera disponible en téléchargement dans le Google Play Store sur les smartphones Android. Tous les participants ayant téléchargé l’application et ainsi donné à Facebook l'accès à toutes leurs données seront rémunérés. Facebook n'a néanmoins pas encore donné d'information quant à ce processus de rémunération. Study by Facebook est le successeur de l'application controversée appelée Facebook Research, qui récoltait des données similaires à partir d’appareils de certains participants en échange d’une carte cadeaux de 20 dollars par mois.

"Nous pensons que ce travail est important afin de nous aider à améliorer nos produits pour les gens qui utilisent Facebook", est-il expliqué en tête du blog. "Nous savons également que ce genre de recherche doit être clair sur ce pour quoi les gens signent, comment leurs informations vont être collectées et utilisées, et comment sortir de ce programme de recherche à n’importe quel moment."

Facebook Research, son prédécesseur, est sorti en 2016 et était discrètement exploité jusqu'en début de cette année, lorsque TechCrunch a rapporté l'existence de cette application, ainsi que le fait que certains adolescents installaient le programme. A l'époque, on s'inquiétait que Facebook n'alertait pas assez les participants sur ce pour quoi ils avaient signé, même si l'entreprise affirmait qu'il n'y avait "aucun secret" à propos de son application Research, que celle-ci n'"espionnait pas", qu’environ 5% de ses utilisateurs étaient âgés entre 13 et 17 ans et que ces utilisateurs avaient une autorisation parentale.

Facebook Research a beaucoup en commun avec Onavo, une application de Facebook qui aide de manière similaire le réseau social à surveiller les applications et les services que ses utilisateurs apprécient. Facebook aurait utilisé les données d'Onavo et constaté qu'une application de chat vidéo appelée Houseparty était en plein essor. Elle a donc introduit les appels vidéo de groupe dans Facebook Messenger pour réduire l'avance qu'avait cette jeune application de vidéo. Cependant, en 2018, Apple a interdit Onavo de l'App Store. L'application a été complètement arrêtée en février de cette année.

Et Pourtant, Facebook a trouvé un autre moyen : Facebook Research a été distribué aux utilisateurs d'iPhone et d'iPad via une solution de contournement, en tirant parti d'un programme destiné aux utilisateurs professionnels qui permet à certaines applications de sauter l'App Store et de s'installer directement sur l'appareil.  Mais suite aux informations révélant l'existence de Facebook Research en janvier, Apple a révoqué l’accès de Facebook à ce canal de distribution d’applications professionnelles. L'application n'était plus disponible sur iPhone, bien qu'elle continue sous Android.

C'est peut-être pour cette raison que Facebook déclare dans son blog, annonçant l’arrivée de "Study by Facebook", qu'il essaie d'être le gestionnaire responsable de toutes les informations que vous avez consenties à lui envoyer, et qu'il essaie de rémunérer tous les participants de manière équitable.

"Nous offrons la transparence, en rémunérant tous les participants et nous gardons toutes les informations de nos utilisateurs en sécurité", a déclaré Facebook.

En attendant, l'article du blog ne mentionne pas l'arrivée de "Study by Facebook" sur les appareils Apple. Etant donné son passif, il n'est pas certain que l'application soit validée par la réglementation stricte d'Apple.

Version originale : Business Insider / Nick Bastone

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  1. Une petite révolution cette application ! Depuis le temps que facebook flirte avec la légalité pour espionner nos portables peut être que les choses évolueront ! Je me demande pourquoi ils se limitent à l'Inde et aux USA ? Très intéressant en tout cas.

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