La SNCF mise sur BlaBlaCar pendant la grève — et c'est un signal déroutant selon un de leurs concurrents

FlixBus dispose de 300 cars en France. Il trouve le partenariat entre BlaBlaCar et Oui Bus sans intérêt. FlixBus

  • OuiBus et BlaBlaCar s'associent pour partager certains de leurs trajets sur leurs plateformes respectives.
  • Interrogé par Business Insider France, leur rival FlixBus trouve que ce mouvement aura un impact "limité".

L'opérateur de cars OuiBus, filiale de la SNCF, et le spécialiste du covoiturage BlaBlaCar, viennent d'annoncer une alliance de circonstance pendant la grève SNCF pour partager des trajets sur leurs plateformes respectives.

Ce partenariat intervient deux semaines après le choix opéré par BlaBlaCar de proposer des trajets en car — opérés par des partenaires — au départ de Paris pour rejoindre Lille, Rouen et Rennes. Et qui aurait inspiré la SNCF.

"L’idée de BlaBlaCar de proposer des bus sur sa plateforme nous est apparue comme une évidence: pourquoi ne pas unir les forces des deux modes de transport pour aller encore plus loin?", a déclaré Roland de Barbentane, directeur général de Ouibus, dans un communiqué.

Des places OuiBus seront disponibles à la réservation sur le site de BlaBlaCar et seront proposées à un tarif fixe par trajet, sur certains axes. En parallèle, OuiBus permettra à BlaBlaCar de proposer 20 destinations sur son site Ouibus.com.

Cette annonce peut surprendre dans la mesure où les deux sociétés sont rivales sur les trajets longue distance. Nicolas Brusson, le directeur général de BlaBlaCar, reconnaissait d'ailleurs en début d'année que les entreprises OuiBus, FlixBus et Isilines — opérateurs des cars dits Macron — lui avaient piqué un certain nombre de clients sur son activité originelle du covoiturage.

Pour FlixBus, concurrent des deux opérateurs, cet attelage n'est pas inquiétant pour autant. Au contraire: 

"Je ne donne pas de leçons mais ça en dit long sur la recherche d'un modèle économique qui fonctionne pour les deux entreprises. Quand on commence à pactiser avec son concurrent, c'est qu'on n'a plus beaucoup de cartouches", confie Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France, à Business Insider France.

"L'impact va être très limité sur quelques destinations. Il n'y a pas d'intérêt. Les deux activités ne sont pas complémentaires."

Cette initiative se rajoute aux services annexes proposés par la SNCF — qui empiètent déjà sur le covoiturage longue distance — comme OuiCar, concurrente de Drivy, elle-même partenaire de BlaBlaCar.

"Nous ne sommes plus surpris de rien. Pour BlaBlaCar, c'est une énième tentative mais c'est un constat d'échec. Pour les trajets en cars qu'ils proposent, mis à part le 13 avril, il n'y a que 5-6 places réservées, une heure avant le départ. Et pour OuiBus, j'ai du mal à voir l'intérêt alors qu'on reconnait tous qu'on a déjà beaucoup de demandes les jours de grèves. Or c'est comme s'ils cherchaient des clients supplémentaires sur des axes surchargés."

Présent dans 26 pays, l'entreprise allemande FlixBus opère depuis 2015 en France. A l'instar de ces rivales, entreprises publiques, elle n'est pas rentable mais "on a bon espoir de l'être cette année".

Pour Oui Bus, les pertes étaient de 45 millions d'euros en 2016 et 130 millions en cumulé depuis 2012. Pour Isilines, son directeur général Hugo Roncal a indiqué publiquement à l'automne dernier qu'en 2017 elles devraient se limiter à quelques millions d'euros, "pas plus que les doigts d’une main" — après 20 millions d'euros en 2016.

Un total de 7,1 millions de voyageurs ont emprunté les lignes d'autocar libéralisées en France l'an passé, soit près de 15% de plus qu'en 2016, selon des données publiées par l'Arafer, l'Autorité de régulation des transports ferroviaires et routiers.

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