FlixBus répond à BlaBlaCar en s'emparant d'Eurolines et isilines. Il n'y a plus que 2 acteurs sur le marché des cars Macron en France.

FlixBus dispose de 300 cars en France. Il trouve le partenariat entre BlaBlaCar et Oui Bus sans intérêt. FlixBus

L'Allemand FlixBus — qui revendique le transport de 45 millions de passagers en Europe et aux Etats-Unis — vient d'annoncer être entré en négociations exclusives avec le groupe français Transdev Group pour acquérir Eurolines et isilines, ses activités de cars longue distance. Les deux parties vont entamer la procédure d'information-consultation des instances représentatives du personnel concernées au sujet de ce projet de cession, indiquent-elles dans un communiqué. Ce rapprochement est une réponse directe à l'offensive de BlaBlaCar dans cette activité du transport en car longue distance, après son rachat de OuiBus annoncé en fin d'année dernière. Son DG Nicolas Brusson vient d'ailleurs d'annoncer l'arrivée de son service BlaBlaBus dans une soixante de villes en Allemagne d'ici la fin de l'année, un marché où FlixBus est en quasi-monopole avec 600 destinations. 

L'entreprise allemande revendique 50% de parts de marché sur les trajets en France et à l'international (depuis, vers et au sein de la France) et a annoncé en 2018 qu'elle atteindrait 7 millions de voyageurs. Avec Eurolines, FlixBus étend sa force de frappe en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en République Tchèque et en Espagne tout en bénéficiant d'un réseau de cars couvrant 25 pays. Le montant du rachat n'a pas été dévoilé. 

De son côté, Transdev se débarrasse d'une activité lourdement déficitaire avec "la volonté de recentrer ses moyens sur le transport public et sur le transport pour le compte des entreprises", indique Thierry Mallet, président-directeur général de Transdev Group, dans un communiqué. La Caisse des dépôts et consignations est l'actionnaire majoritaire de l'opérateur.

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Les deux entreprises fonctionnent de la même manière : elles font appel à des auto-caristes professionnels et ne possèdent pas les véhicules. Mais le modèle est compliqué à rentabiliser. Il comporte notamment des coûts fixes importants et incompressibles : le prix du pétrole, les péages ou encore un minimum garanti pour le prestataire.

Résultat, aucune entreprise ne gagne de l'argent : OuiBus a accumulé 165 millions de pertes en six ans. Pour Eurolines, elles étaient de 17 millions d'euros en 2017, selon le bilan déposé au greffe du tribunal de commerce pour 35 millions d'euros de chiffre d'affaires. A l'instar de ces rivales, entreprises publiques, elle n'est pas rentable. Le monde affirme que ses pertes étaient de 5 millions d'euros en 2018.

Un total de 7,1 millions de voyageurs ont emprunté les lignes d'autocar libéralisées en France en 2017, soit près de 15% de plus qu'en 2016, selon des données publiées par l'Arafer, l'Autorité de régulation des transports ferroviaires et routiers. Le chiffre d'affaires estimé était de 105 millions d'euros en 2017. Au seul troisième trimestre 2018, en raison des grèves SNCF, 2,6 millions de passagers ont été transportés, en hausse de 20%.

En quatre ans, la libéralisation de l'activité de transport en car longue distance créée par la loi Macron d'août 2015, lorsque l'actuel Président de la République était ministre de l'Economie, le marché national va passer de cinq à deux acteurs. L'Arafer dénombre par ailleurs neuf opérateurs locaux. Il y aurait près de 2500 emplois directs et indirects concernés par ce marché dont les deux acteurs croient au potentiel de croissance.

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