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Le fondateur de Telegram affirme que les Etats-Unis ont tenté de le convaincre de mettre des portes dérobées dans son app

Le fondateur de Telegram affirme que les Etats-Unis ont tenté de le convaincre de mettre des portes dérobées dans son app
© Pavel Durov, fondateur de Telegram.

Pavel Durov, le fondateur russe de l'application de chat Telegram, prétend que les agences de renseignement américaines ont tenté de le convaincre lui et son entreprise de construire des backdoors (portes dérobées) pour sa plateforme de messagerie instantanée afin d'y avoir accès.

Il a affirmé sur Twitter mercredi que les agences de renseignements s'y étaient prises à deux fois pour corrompre des développeurs, lors d'un voyage d'une semaine aux Etats-Unis l'an dernier. Il a aussi affirmé que le FBI avait fait pression sur lui.

"Durant notre voyage d'équipe d'une semaine l'an dernier aux Etats-Unis, il y a eu deux tentatives pour acheter nos développeurs de la part des agences de renseignement américaines + de la pression du FBI", a écrit Durov sur Twitter. "Il serait naïf de penser que vous pouvez développer/sécuriser une app cryptée basée aux Etats-Unis", a-t-il ajouté dans un autre tweet.

Telegram est une application de messagerie qui revendique 100 millions d'utilisateurs actifs. L'entreprise fournit un espace sécurisé pour que les internautes puissent discuter en toute discrétion dans des "Secrets Chats". Cette fonction utilise une méthode cryptée qui fait que les messages sont illisibles à toute personne qui n'est pas le destinataire ou l'émetteur.

Durov a également dit que Signal, son principal rival, a été financé par le gouvernement américain et qu'une porte dérobée est susceptible d'apparaître au cours des cinq prochaines années au sein de l'application. Ce n'est pas la première fois qu'il fait ces allégations non fondées sur son concurrent — il faut donc prendre ces commentaires avec prudence.

Les agences de renseignement aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et dans d'autres pays demandent aux sociétés technologiques comme Telegram de cesser d'utiliser le cryptage de bout en bout afin d'avoir accès aux communications entre des terroristes soupçonnés et d'autres criminels. Cependant, l'arrêt du chiffrement de ces plateformes les exposerait aux pirates informatiques, qui peuvent potentiellement exploiter n'importe quelle porte dérobée créée pour les agences telles que la NSA et le GCHQ.

Le DG d'Apple Tim Cook a déclaré en novembre 2015:

"Pour protéger les personnes qui utilisent des produits, vous devez crypter. Vous avez simplement à regarder autour de vous et vous verrez tous les vols de données qui ont lieu. C'est de plus en plus fréquent. Ça engendre des violations de la vie privée, mais aussi des problèmes de sécurité. Nous croyons très fortement dans le chiffrement de bout en bout et sans backdoors."

L'idée d'affaiblir le cryptage est un sujet qui est revenu sur le devant de la scène au Royaume-Uni suite à la récente vague d'attaques terroristes dans le pays. La ministre de l'Intérieur Amber Rudd, a déclaré lors d'une émission de la BBC en mars qu'il était "inacceptable" que les terroristes utilisent des applications comme WhatsApp pour dissimuler leurs communications et qu'il ne devrait pas y avoir "de place pour les terroristes pour se cacher".

Version originale: Sam Shead/Business Insider UK

Business Insider
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