Mark Fields, le DG de Ford. Ford

Mark Fields, le PDG de Ford. Ford

Mardi, Ford a promis un nouvel investissement de 4,5 milliards de dollars sur cinq ans dans les véhicules électriques et autonomes.

Le patron de Ford, Mark Fields, a annoncé la nouvelle sur le site d'assemblage de Flat Rock, qui doit recevoir une enveloppe de 700 millions de dollars et accueillera 700 employés. 

Mark Fields a aussi indiqué à cette occasion que Ford avait décidé de ne pas construire une usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique. Il devait y fabriquer des petites voitures, plus difficiles à faire assembler aux Etats-Unis, où le coût de la main d'œuvre est plus élevé, en raison de leurs faibles marges.

Cela a aussitôt déclenché des spéculations selon lesquelles Ford avait cédé à la pression du président-élu Donald Trump, qui avait attaqué le constructeur automobile pendant sa campagne sur ses usines au Mexique. Donald Trump a par la suite affirmé, à tort, qu'il avait empêché l'usine Ford du Kentucky d'être délocalisée au Mexique.

Mark Fields a déclaré lors d'entretiens à l'issue de son annonce que l'entreprise n'avait pas conclu de marché avec Donald Trump, même si la décision de Ford d'investir dans l'usine de Flat Rock était un témoignage de sa confiance dans la politique pro-entreprise que le gouvernement Trump va probablement mettre en place.

Il a par ailleurs expliqué à Business Insider le raisonnement derrière sa décision concernant l'usine au Mexique, un projet évalué à 1,6 milliard de dollars.

"En ce qui concerne cette usine, nous passons chaque année par un processus où nous observons les changements de segments, puis nous faisons notre planification en terme de volume et de capacité", a-t-il dit. 

"A la fin de l'automne, il était assez clair que nous n'avions pas besoin de cette capacité, et nous avons pris cette décision."

Des employés d'usine Ford écoutent leur PDG Mark Fields à Flat Rock, Michigan, le 3 janvier 2017. REUTERS/Rebecca Cook

Des employés d'usine Ford écoutent leur PDG Mark Fields à Flat Rock, Michigan, le 3 janvier 2017. REUTERS/Rebecca Cook

Une approche équilibrée de la voiture électrique

Bien que Ford soit une entreprise globale qui vend de petites voitures partout dans le monde, augmenter la capacité de production pour ces véhicules avec de nouvelles usines est devenu un exercice plus risqué, dans la mesure où les consommateurs préfèrent de plus en plus acheter des 4x4 et des SUV. Certains leaders du secteur, comme le patron de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) Sergio Marchionne, pensent même qu'un changement structurel est en cours et que la demande pour les petites voitures ne se retournera jamais. C'est pourquoi FCA cesse de produire ces véhicules aux Etats-Unis.

Mark Fields ne veut pas que Ford en arrive là.

"C'est important pour nous de rester présents sur les petites voitures", a-t-il dit, avant d'ajouter "qu'aux Etats-Unis, nous commençons à voir un début de rupture séculaire" avec des consommateurs qui ont désormais plus de choix dans les SUV et les crossover qu'il y a dix ans, quand ces véhicules étaient construits par des usines de camions et restaient gourmandes en essence. 

Mark Fields a aussi abordé la réalité du marché américain, juste après avoir promis une nouvelle gamme de véhicules hybrides, électriques et autonomes.

La demande pour les véhicules électriques est encore modeste, mais les constructeurs sont encouragés à les construire pour respecter les normes environnementales fixées par les pouvoirs publics.

Ford a adopté une stratégie offensive sur les véhicules électriques et autonomes: Mark Fields a annoncé que des SUV compact électriques seraient mis en production d'ici à 2020. Et en 2016, l'entreprise a dit qu'elle lancerait des véhicules entièrement autonomes dès 2022. 

Ford a aussi l'intention de mettre ces véhicules sur les routes.

"Nous ne gérons pas notre entreprise pour les relations presse", a déclaré Fields. "Nous pensons désormais à l'horizon 10-15 ans, avec un rétroplanning, et [essayons de trouver comment] honorer ces promesses."

Mais Ford veut aussi construire et vendre des véhicules que les consommateurs désirent acheter — et Mark Fields espère revoir l'environnement réglementaire à la faveur de l'arrivée de la nouvelle administration.

"Si vous êtes une entreprise qui est obligée de développer des produits qui ne se vendent pas, cela finit mal en général", a-t-il observé, en référence aux véhicules efficaces d'un point de vue énergétique mais que les consommateurs ne veulent plus.

Moins de charges du gouvernement

Le prix de l'essence bas aux Etats-Unis a soutenu la demande pour des SUV et des pickup. emdot / flickr

Le prix de l'essence bas aux Etats-Unis a soutenu la demande pour des SUV et des pickup. emdot / flickr

Le gouvernement américain a mis en place, en 2011, des normes plus strictes qui imposent aux constructeurs de faire des véhicules plus économes d'ici à 2025. Un point d'étape est prévu en 2018 pour déterminer si ces objectifs étaient réalistes.

"Nous allons examiner nos hypothèses sur le coût énergétique", a indiqué Mark Fields. "Nous devrions avoir une approche basée sur l'analyse de données pour voir si la régulation a du sens." 

Les prix de l'essence aux Etats-Unis sont restés relativement bas au cours des deux dernières années, en raison de la chute du prix du pétrole. Cela a créé un boom des ventes de pickups et de SUV — des véhicules que Ford vend beaucoup et qui ont des marges élevées.

L'an dernier, l'agence américaine de protection de l'environnement a dit qu'elle verrouillerait les standards réglementaires pour les modèles des années 2022 à 2025.

"Le gouvernement a décidé de court-circuiter le passage en revue. Nous voulons nous assurer qu'avec le nouveau gouvernement nous aurons cette discussion", a dit Mark Fields. "La législation ne peut pas aller au-delà les limitations du marché". 

Et d'ajouter: "au bout du compte, nous sommes une entreprise qui veut faire des bénéfices."

Version originale: Matthew DeBord/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Ce site vous confronte aux choix de vie ou de mort des futures voitures autonomes

VIDEO: Cette machine se sert de votre aspirateur pour faire des moules en 3D avec à peu près tous les objets