L'élection d'un président d'extrême droite au Brésil pourrait dévaster l'Amazonie et des communautés indigènes réclament un 'couloir sacré de la vie' pour la protéger

Vue aérienne d'une étendue de jungle amazonienne récemment dégagée par des bûcherons et des agriculteurs près de la ville de Novo Progresso, au Brésil, le 22 septembre 2013. Reuters/Nacho Doce

  •  Jair Bolsonaro, qui vient d'être élu président du Brésil, a annoncé son intention de réduire davantage l'Amazonie, qui est la plus grande forêt tropicale du monde.
  • Les communautés autochtones demandent la création d'un "couloir sacré de la vie et de la culture" couvrant l'Amazonie, des montagnes des Andes à l'océan Atlantique.
  • L'alliance autochtone, qui milite pour une représentation gouvernementale à la Convention sur la biodiversité des Nations Unies, a déclaré qu'elle se battrait pour la zone protégée même si des représentants du gouvernement s'y opposent.

Alors que les scientifiques du monde entier craignent que le nouveau président élu du Brésil, Jair Bolsonaro, ne détruise davantage de la forêt amazonienne, un groupe de communautés autochtones réclame la création d'une zone protégée de près de 200 millions d'hectares (500 millions d'acres) allant des Andes à l'océan Atlantique.

L'alliance, baptisée COICA, a présenté son idée de "couloir sacré de la vie et de la culture" lors de la Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique en Égypte la semaine dernière. La zone proposée deviendrait le plus grand espace protégé au monde, d'une taille égale à celle du Mexique.

"Nous venons de la forêt et nous nous inquiétons de ce qui se passe", a déclaré le vice-président de la COICA, Tuntiak Katan, selon le journal The Guardian. "Cet espace est le dernier grand sanctuaire du monde pour la biodiversité. Il existe encore parce que nous y vivons. D'autres lieux ont été détruits".

La COICA ne reconnaît pas les frontières nationales mises en place sans le consentement des peuples autochtones, mais l'alliance comprend des membres d'environ 500 cultures de neuf pays différents. L'alliance souhaite collaborer avec des ONG et d’autres groupes autochtones, et cherche à obtenir une représentation gouvernementale à la Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique.

La proposition du groupe intervient alors que la politique brésilienne subit un changement radical qui pourrait potentiellement dévaster la forêt amazonienne. Jair Bolsonaro, le président récemment élu, a déclaré que le développement du Brésil se heurtait à un trop grand nombre de zones protégées du point de vue de l'environnement et qu'il allait bientôt contrôler près des deux tiers de l'Amazonie.

Bolsonaro a annoncé son intention de réduire davantage la forêt tropicale, et les critiques craignent qu'il "institutionnalise le génocide" en Amazonie. Le sol de l'Amazonie n'est pas bon pour l'agriculture, mais les scientifiques ont découvert qu'une zone de la taille de l'Etat du Delaware aux États-Unis—de plus de 4920 km carrés —avait été défrichée en 2017. Les scientifiques estiment que des zones encore plus grandes pourraient être détruites tant que Bolsonaro sera au pouvoir.

"Je pense que nous nous dirigeons vers une période très sombre de l'histoire du Brésil", a déclaré le chercheur brésilien sur les changements climatiques, Paulo Artaxo au magazine Science. "Il ne sert à rien d'enjoliver tout cela. Bolsonaro est la pire chose qui puisse arriver à l'environnement."

Auparavant, la Colombie avait publié une proposition similaire visant à protéger l'Amazonie des Andes jusqu'à l'Atlantique. Le projet, soutenu par l'Équateur, devait être discuté lors d'une prochaine conférence sur le climat. Toutefois, avec l'élection de Bolsonaro au Brésil et du populiste de droite Iván Duque en Colombie, l'avenir du projet est incertain. La proposition de la COICA est plus complète et plus large que celle de la Colombie, explique The Guardian.

La COICA a déclaré qu'elle ferait pression pour la mise en place d'une zone protégée, peu importe ce que feront Bolsonaro et d'autres hommes politiques. Le groupe a cependant peu de pouvoir politique et pourrait être attaqué par les industries minière et agroalimentaire.

"Nous savons que les gouvernements vont essayer de nous dépasser", aurait déclaré Tuntiak Katan, selon The Guardian. "Nous avons besoin d'une stratégie défensive, d'une stratégie de communication. Ce n'est pas nouveau pour nous. Nous sommes confrontés à ces défis depuis des centaines d'années".

Version originale: Peter Kotecki/Business Insider

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  1. PIERRE GIMIE

    Et Macron qui menace de précarité toute la classe moyenne française ! Comment croire à la bonne fois de nos dirigeants politiques qui préfèrent assurer un avenir écologique, alors qu'ils refusent tout avenir social à leurs peuples !
    Nous serions presque porter à croire que leur propre avenir leur importe plus que ceux des peuples qui les ont élus ! invraisemblable non ?

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