Le cabinet international de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG) et l'association Hello Tomorrow qui soutient les entrepreneurs scientifiques ont dévoilé ce jeudi 14 mars 2019 leur étude sur la deeptech. La deeptech fait référence aux startups qui inventent de nouvelles solutions basées sur des technologies de rupture — intelligence artificielle, blockchain, biotech, robotique etc. "Ce sont des technologies qui sont encore nouvelles, qui sont conçues dans des laboratoires de recherche et qui nécessitent encore de la recherche pour aboutir à des applications concrètes", a précisé Arnaud de la Tour, directeur général de Hello Tomorrow. 

Selon l'étude, la France est très présente dans deux domaines de la deeptech en particulier. Il s'agit d'une part de la photonique — domaine qui étudie la production, la manipulation et la transmission de la lumière, visible ou invisible — et de l'électronique (les startups françaises représentent 13% de celles de ce secteur au niveau mondial) et d'autre part, des nouveaux matériaux (10%). L'IA n'arrive qu'en quatrième position (6%), alors que le président Emmanuel Macron rêve de faire du pays un champion du domaine. Fin mars 2018, après la remise du rapport de Cédric Villani sur l'IA, le président français avait déclaré que la France allait consacrer 1,5 milliard d'euros dans le domaine d'ici la fin du quinquennat. 

Au niveau mondial, les startups françaises spécialisées dans les drones et la robotique représentent 7%, celles dans la biotech 5% et celles dans la blockchain 4%. Mais le pays attire encore trop peu d'investissements, alors qu'au niveau mondial, les startups de la deeptech ont bénéficié de près de 18 milliards de dollars de financements en 2018, un montant en hausse de 22% par an depuis 2015.

Alors que 13% des startups de la deep tech en photonique et électronique sont françaises, elles ne captent que 5% des investissements mondiaux. Ce chiffre est encore plus bas pour les biotechs (2%) et pour les startups spécialisées dans les drones et la robotique (1%).

Le rapport souligne que la France manque d'un écosystème solide – laboratoires de recherche, startups, investisseurs et grandes entreprises — pour pleinement profiter des opportunités offertes par ces innovations de rupture, malgré le fait qu'elle abrite des universités mondialement reconnues dans certains domaines comme l'IA. 

Pour réaliser cette étude, Hello Tomorrow et BCG se sont basés sur des interviews approfondies, des études de marché, des données concernant les financements, les brevets et les publications scientifiques, et une base de données sur les startups de la deeptech composée des 10 000 startups qui ont participé depuis 2015 au Challenge organisé par Hello Tomorrow et 8682 startups qui ont déposé un brevet dans une des 16 technologies répertoriées. 

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