François de Rugy : l'enquête du gouvernement valide les travaux dans son logement, mais dans l'ensemble seulement

François de Rugy, le 14 juillet 2019, avant sa démission du ministère de la Transition écologique et solidaire. REUTERS/Charles Platiau/File picture

François de Rugy peut souffler un peu. Une semaine après sa démission du ministère de la Transition écologique, un rapport du secrétariat général du gouvernement (SGG) le dédouane en partie. Ce rapport, publié mardi, valide dans l'ensemble les travaux réalisés dans son logement de fonction. Le Premier ministre Edouard Philippe avait demandé à cette institution administrative dépendante de Matignon une inspection sur la régularité de travaux entrepris par l'ancien numéro deux du gouvernement, mis en cause par Mediapart pour ses dépenses quand il était président de l'Assemblée nationale et ministre d'Etat.

A la suite de son arrivée à l'hôtel de Roquelaure en septembre 2018, "un certain nombre de demandes de rénovation et d'achat d'équipements ou d'ameublement ont été exprimées. Dans ce cadre, des travaux ont été commandés et payés pour un montant de 64.523 euros TTC", écrit la contrôleuse générale des armées et cheffe de la mission d'organisation des services du Premier ministre Virginie Aubard, dans le rapport du SGG. "Il ressort de l'enquête que la liste des travaux réalisés depuis 10 ans dans le logement fait apparaître qu'aucune rénovation importante ou aucun rafraîchissement de l'appartement n'a été réalisé depuis 2009 et même depuis 2003, date de la dernière rénovation globale selon les informations transmises par le ministère", ajoute-t-elle. "Cela explique un relatif état d'usure des revêtements dans certaines pièces qui pouvait justifier la réalisation de travaux", indique-t-elle, précisant que "les règles de la commande publique ont été globalement respectées". "Globalement" seulement...

La commande du dressing passée "avec une relative urgence"

"Des dépenses d'équipements et d'ameublement ont été effectuées à l'occasion des travaux précités pour un montant d'environ 10.000 euros TTC." Certaines demandes initialement exprimées ont été ajustées à la baisse, soit que certains éléments n'aient finalement pas été commandés, soit que d'autres aient été remplacés par des éléments du Mobilier national ou achetés dans la grande distribution".

Concernant le dressing, "force est de constater que la commande semble avoir été passée avec une relative urgence et que le devis n'a pas été ajusté en envisageant par exemple un degré de finition moindre", relève dans le même temps le SGG. "Au final, ces choix de finitions de peinture et de menuiseries ont conduit à augmenter le coût des prestations".

En démissionnant la semaine dernière, François de Rugy a dénoncé des "ragots" et des "approximations", estimant que la volonté de nuire, de salir, de démolir" ne faisait pas de doute" et expliqué son départ du gouvernement par sa volonté de pouvoir se "défendre".

En parallèle de la publication du rapport, l'entourage d'Edouard Philippe a estimé que l'inspection n'avait relevé "aucune irrégularité imputable au ministre". Matignon a également annoncé une "nouvelle circulaire" afin de "renforcer le process de contrôle des travaux dans les logements de fonction".

La question de l'indépendance des enquêtes

L'inspection diligentée par l'Assemblée nationale sur les frais engagés lors des dîners organisés par François de Rugy à l'Hôtel de Lassay devrait, elle, également être rendue public ce mardi. Selon franceinfo, cette enquête conclue qu'il s'agissait de "dîners professionnels". Une source proche du dossier a également indiqué que le sèche-cheveux doré à la feuille d'or à 499 euros, que François de Rugy est accusé d'avoir acheté sur les derniers publics, "n'existe pas". Le document rédigé par l'Assemblée estimerait que François de Rugy aurait respecté les règles en vigueur.

Néanmoins, ces deux enquêtes de l'Assemblée nationale et du secrétariat général du gouvernement ont rapidement été critiquées. Delphine Batho, députée écologiste, a par exemple estimé sur franceinfo lundi que "les enquêtes internes ne sont pas crédibles". "Elles ne voient pas les emplois fictifs de François Fillon, elles ne voient pas les situations de harcèlement sexuel à l'Assemblée", a-t-elle ajoutée. La députée aurait ainsi souhaité que ces enquêtes soient menées par un organisme indépendant comme la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Manon Aubry, député européenne La France insoumise, a elle aussi dénoncé un manque d'indépendance : "un peu comme si Bayer Mosanto disait que le glyphosate n'était pas nocif pour la santé", a-t-elle ironisé sur Twitter. Sur LCI, Charles de Courson, député Les Centristes, a lui estimé qu'il appartenait à la Cour des comptes de se prononcer sur les dépenses de François de Rugy.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : François de Rugy annonce sa démission sur Facebook

VIDEO: Voici pourquoi nous touchons du bois pour nous porter chance