François de Rugy : le résumé des affaires qui mettent le ministre dans l'embarras

François de Rugy : le résumé des affaires qui mettent le ministre dans l'embarras

François de Rugy lors du Conseil de défense écologique le 9 juillet à Paris. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

Les révélations sur le train de vie et les méthodes de François de Rugy s'enchaînent. Dîners fastueux, logement social, travaux... Le ministre de la Transition écologique et solidaire doit répondre de plusieurs affaires, mis au jour par Mediapart notamment. Reçu par le Premier ministre Edouard Philippe jeudi après-midi, François de Rugy a conservé son poste malgré les appels à la démission de certains opposants. Il s'est pour cela engagé à soumettre ses frais de réceptions aux autorités de contrôles de l'Assemblée et à rembourser si nécessaire "chaque euro contesté".

François de Rugy a pris la parole tard mercredi soir sur Facebook dans un post agrémenté de documents pour contester les informations de Mediapart. Invité de BFMTV vendredi matin, il s'est de nouveau expliqué, parfois au bord des larmes. "Je n'ai absolument pas de raison de démissionner. Je l'ai dit au Premier ministre qui ne me l'a pas demandé", a-t-il affirmé. Le ministre a ajouté qu'il se réservait le droit de "porter plainte pour dénonciation calomnieuse". On fait le point sur ces affaires qui embarrassent le ministre de la Transition écologique.

Les repas fastueux à l'hôtel de Lassay organisés par le couple

Mediapart a ouvert le feu mercredi en révélant que François de Rugy et sa femme Séverine de Rugy, journaliste à Gala, avaient organisé des repas mondains entre 2017 et 2018 à l'hôtel de Lassay, la résidence du président de l'Assemblée nationale (poste qu'il occupait alors). Et ce aux frais du contribuable. Ces dîners, très fastueux d'après le site d'investigation, qui en a dénombré une dizaine, n'auraient eu aucun lien avec les fonctions de François de Rugy.

Le personnel de l'hôtel de Lassay aurait été mobilisé pour servir des homards géants ou encore des bouteilles de grands crus issus des caves de l'Assemblée, comme un Mouton-Rotschild à au moins 500 euros la bouteille. Dix à trente personnes appartenant au cercle de Séverine de Rugy se seraient retrouvés autour de la table, d'après Mediapart : des journalistes, des producteurs, des acteurs, des personnes issues du monde de la finance...

Au sujet de ces dîners, François de Rugy a répondu à Mediapart qu'il s'agissait de "rencontres informelles avec des acteurs de la société civile liées à l'exercice de la fonction de représentation inhérente au mandat de président de l'Assemblée nationale". "Il est normal qu'un responsable politique rencontre des représentants de la société civile pour nourrir sa réflexion et son action", a-t-il ajouté. L'équipe du ministre a également précisé que "les menus, y compris le vin servi, étaient choisis par le service restauration de l'Assemblée nationale. François de Rugy n'a jamais passé aucune commande spécifique et n'a jamais rien fait acheter en externe".

Mediapart assure dans le même article que le personnel et les moyens de l'Assemblée ont été utilisés pour des événements plus intimes, comme un dîner de Saint-Valentin en 2018 pour François de Rugy et sa femme. "Le service de restauration de l'Hôtel de Lassay a eu la délicate attention, sans qu'aucune demande préalable ne leur soit faite, de décorer la table de François de Rugy et son épouse", a répondu à ce sujet l'équipe du ministre.

Dans son post Facebook, François de Rugy insiste sur son implication pour réduire les dépenses de fonctionnement de la présidence de l'Assemblée nationale. Il assure notamment que les frais de réception de l'hôtel de Lassay ont été réduit de plus de 13% en un an.

Le logement à vocation sociale de François de Rugy

François de Rugy profiterait d'un logement à vocation sociale depuis 2016 malgré ses revenus confortables. C'est en tout cas ce qu'a affirmé Mediapart jeudi soir, après que le ministre a été confirmé dans son poste. L'homme politique aurait accédé à ce logement, situé à Orvault, une ville de Loire-Atlantique dont il a été conseiller municipal, deux mois après avoir été nommé vice-président de l'Assemblée nationale.

Cette situation serait anormale pour deux raisons, d'après Mediapart. D'abord, ce logement n'est plus sa résidence principale depuis juin 2017, date à laquelle il a bénéficié de logements de fonction à l'Assemblée puis au ministère. Ensuite, les revenus de François de Rugy dépassaient le plafond imposé pour l'octroi de ce logement social, à savoir 34 790 euros pour une personne seule sans enfants à charge. François de Rugy aurait, selon Mediapart, fourni sa feuille d'imposition 2015 au bailleur faisant état de revenus imposables s'élevant à 47 985 euros. Et ses revenus devraient depuis avoir augmenté au gré de ses nominations, à la présidence de l'Assemblée nationale puis au sein du gouvernement.

Dans sa réponse à Mediapart, François de Rugy affirme n'avoir "jamais" été mis au courant que le logement qu'il occupait avait une vocation sociale. "Si l’agence avait estimé que je ne rentrais pas dans la catégorie de locataires possibles, c’était à elle de me le signifier puisque je n’avais connaissance d’aucun plafond ou tout autre critère de revenus pour la location de cet appartement !", a-t-il aussi expliqué. Le ministre assure aussi n'avoir "jamais caché l'évolution de (sa) situation". Sur BFMTV, François de Rugy a redit n'avoir "jamais profité indûment d'un logement social" et s'est estimé "victime d'une tricherie du propriétaire et de l'agence immobilière". 

Les travaux dans l'appartement de fonction

Mediapart a aussi révélé jeudi, plus tôt dans la journée, les importants travaux réalisés par François de Rugy dans les appartements privés du ministère au sein de l'hôtel de Roquelaure, dans le 7e arrondissement de Paris. Des travaux réalisés entre fin 2018 et début 2019 avec des deniers publics. Le coût total se serait élevé à 63 000 euros, dont près de 17 000 euros auraient servis à construire un dressing. Le site d'investigation estime, photos à l'appui, qu'il s'agit de simples travaux de confort : sont cités un bout de tapis déchiré, une moquette tachée ou encore un mur sali. Il assure aussi que malgré un appel d'offres, ce ne sont pas les prestataires les moins onéreux qui ont été choisis pour réaliser les travaux.

Sur ce dossier, l'équipe de François de Rugy évoque la "nécessité" de ces travaux et souligne que les peintures qui n'ont pas été rénovées "depuis 2003" étaient "craquelées" et présentaient "de nombreuses tâches et traces d'humidité". Des travaux de rénovation ont déjà été réalisés "il y a seize ans" mais les pièces concernées cette fois-ci seraient "plus anciennes". Quant aux choix des prestataires, le cabinet du ministre explique que les moins chers "ne présentaient pas les références nécessaires pour réaliser des travaux de rénovation dans des bâtiments anciens".

Sur Facebook, François de Rugy redit que "l'ensemble de ces travaux ont été réalisés dans le strict respect des règles légales et procédures en vigueur". Il indique que les services du ministère "ont privilégié les prestataires avec lesquels des marchés publics ont été passés" après qu'il a sollicité "plusieurs devis". François de Rugy publie également un mail des services en charge de la gestion du parc immobilier du ministère qui estiment que les travaux "sont rendus nécessaires par la vétusté actuelle des différentes pièces, laquelle résulte de l'absence de travaux, y compris de rafraichissement, depuis plusieurs années". Il ajoute un second mail dans lequel est expliqué le choix des différentes sociétés ainsi qu'un tableau comparatif des offres.


Le dîner avec un lobbyiste

Ouest-France évoque ce vendredi un dîner qui aurait eu lieu fin mars entre François de Rugy et Marc Teyssier d'Orfeuil. Ce dernier est un lobbyiste des véhicules écolo qui organise régulièrement des débats et des rencontres autour des thématiques touchant à son champ d'activité. François de Rugy aurait ainsi organisé, d'après le journal régional, un dîner réunissant Marc Teyssier d'Orfeuil et des "personnalités importantes du monde de l'énergie", comme Engie.

"C’est un dîner dont j’ai pris l’initiative personnellement. C’est un dîner informel comme j’en ai déjà organisé d’autres. Ce n’est pas un dîner officiel, il ne doit d’ailleurs pas apparaître dans l’agenda public. C’est pourquoi je n’associe pas les membres du cabinet", aurait écrit François de Rugy à ses équipes pour se justifier à l'époque. Un mélange des genres entre intérêts privés et intérêts publics qui pose question. François de Rugy n'a pour le moment pas réagi à ce sujet.

Le logement HLM de sa directrice de cabinet

C'est encore Mediapart qui a révélé jeudi que la préfète Nicole Klein, directrice de cabinet de François de Rugy au ministère, a bénéficié d'un logement HLM à Paris alors qu'elle n'habitait plus la capitale. Le site d'investigation assure que cette haute fonctionnaire a obtenu ce logement social en 2001 et qu'elle l'a conservé entre 2006 et 2008 alors qu'elle occupait plusieurs postes successifs dans des préfectures à travers la France.

Nicole Klein a assuré à Mediapart que sa situation était "légale" et qu'elle n'avait pas encore changé de logement "par manque de temps". "Je ne considère en aucun cas que mon logement aurait été un 'logement social vacant' mais plutôt un havre toujours occupé, au milieu de douze mutations souvent très rapides et toujours au service de l'intérêt général", a-t-elle ajouté.

Malgré tout, la préfète a annoncé mercredi soir à Ouest-France qu'elle quittait le cabinet "à la demande du ministre". "C'est François de Rugy qui souhaite expressément que je parte", a-t-elle affirmé, reconnaissant toutefois ne pas avoir quitté le logement HLM "par facilité et négligence".

Le sèche-cheveux doré à la feuille d'or et autre dépenses personnelles

Suite aux révélations de Mediapart, Le Parisien a listé certaines dépenses de François de Rugy qui peuvent poser question. Le quotidien assure que la femme de celui qui était alors président de l'Assemblée nationale avait acheté un sèche-cheveux doré à la feuille d'or pour 499 euros (Dyson commercialise effectivement ce type d'appareil). Il aurait été laissé à l'Assemblée nationale après le départ du couple. Le Parisien évoque aussi l'aménagement d'un bureau à l'Assemblée nationale pour accueillir les enfants de François de Rugy dont l'origine du financement est incertain (deniers publics ou privés du couple ?). Un troisième chauffeur aurait aussi été assigné au couple, alors qu'il n'aurait dû en bénéficier que de deux, pour amener le fils de Séverine Servat à l'école et conduire François de Rugy à Nantes, où il a été élu.

Sur BFMTV ce vendredi, le ministre a fait part de sa colère : "on raconte que j'ai fait acheter un sèche-cheveux plaqué or, c'est n'importe quoi ! Qu'on me montre ce sèche-cheveux !"

Enfin, Le Parisien rappelle avoir révélé en juillet dernier d'autres dépenses : un appareil à raclette à 200 euros ainsi qu'un vélo elliptique à 768,99 euros remboursés par l'Assemblée nationale. François de Rugy avait à l'époque expliqué ne pas pouvoir "sortir faire un footing dans la rue sans un officier de sécurité".

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  1. benech

    il y avait-il des escort
    girls pour amuser les invités?
    Si non il y a présomption d'innocence

  2. Benoist

    aucun frais, tout à la charge des français, salaire net dans la poche du petit p-dant
    la dictature en marche est pire que les autres,

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