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François Fillon condamné à de la prison ferme pour l'emploi fictif de sa femme


François Fillon le 29 janvier 2017. Il compte faire appel après son procès en première instance dans l'affaire des emplois fictifs. © Marlene Awaad/Bloomberg via Getty Images

Le Tribunal de Paris était appelé à se prononcer dans l'affaire dite "Penelope Fillon" ce lundi 29 juin. Il a estimé que François Fillon était coupable et l'a condamné en première instance à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, 10 ans d'inéligibilité, ainsi qu'à 375 000 euros d'amende. Il est reproché à François Fillon d'avoir offert un emploi fictif de collaboratrice à sa femme lorsqu'il était député de la Sarthe. L'homme politique devait ainsi répondre aux accusations de "détournement de fonds publics" et à celles portant sur des prestations "fictives ou sur-évaluées".

Son ex-suppléant Marc Joulaud ainsi que Penelope Fillon se trouvaient également sur le banc des prévenus. La femme de l'ancien Premier ministre a ainsi été condamnée à trois ans de prison avec sursis, 37 000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité. De plus, le couple doit rembourser les sommes perçues frauduleusement par Penelope Fillon, soit 401 000 euros, selon les estimations du tribunal. Marc Jouleau devra, lui, rembourser solidairement avec Penelope Fillon 679 000 euros. Il est aussi condamné à trois ans de prison avec sursis, 20 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité.

Les espoirs de la défense d'une réouverture du procès après des déclarations de l'ancienne patronne du PNF Eliane Houlette sur des "pressions" procédurales de sa hiérarchie pendant cette enquête sensible ont été rapidement douchés par le tribunal, qui a rejeté leur demande en début d'audience.

Les avocats de la défense ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel. "Cette décision qui n'est pas juste va être frappé d'appel. Il y aura un nouveau procès", a ainsi déclaré l'avocat Antonin Lévy. Ce dernier a également dénoncé les "conditions scandaleuses" du procès.

Les contrats de Penelope Fillon ne répondaient à 'aucune besoin'

Pour le tribunal, les contrats d'assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari, puis de Marc Joulaud, entre 1998 et 2013, n'avaient "aucune consistance" et ne répondaient à "aucun besoin". François Fillon, qui avait défendu la réalité du travail de son épouse, n'a "pas procédé à une remise en question", a souligné la présidente Nathalie Gavarino, qualifiant le comportement de l'ancien Premier ministre de "manquement non seulement à son devoir de probité mais aussi à celui d'exemplarité" en tant que parlementaire.

Les époux Fillon sont également condamnés pour les emplois fictifs, en 2006 et 2007, de leurs deux enfants aînés Marie et Charles, embauchés comme assistants parlementaires de leur père quand il était sénateur.

Le couple Fillon a aussi été reconnu coupable de complicité et de recel d'abus de biens sociaux, pour l'emploi fictif de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes, un titre aux mains d'un ami de François Fillon.

L'ancien Premier ministre a toutefois été relaxé pour ne pas avoir déclaré un prêt de 50.000 euros en 2012.

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Business Insider (avec AFP)
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