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François Fillon s'offre une victoire surprise au premier tour de la primaire de la droite et affrontera Alain Juppé au second tour

François Fillon s'offre une victoire surprise au premier tour de la primaire de la droite et affrontera Alain Juppé au second tour
© Alain Juppé (g) et François Fillon ont remporté le premier tour de la primaire de la droite et du centre le 20 novembre 2016. REUTERS/Vincent Kessler, Eric Gaillard

François Fillon, vainqueur surprise du premier tour de la primaire de la droite et du centre, et Alain Juppé, nettement distancé, se disputeront l'investiture présidentielle dimanche prochain, condamnant Nicolas Sarkozy à l'élimination.

Selon les résultats provisoires de la Haute autorité de la primaire dimanche soir, François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, recueillait 44,1%, le maire de Bordeaux 28,2% et le prédécesseur de François Hollande, 21%.

Le second tour paraît mal engagé pour Alain Juppé, pourtant inamovible favori des sondages depuis son entrée en lice en août 2014, Nicolas Sarkozy ayant annoncé qu'il voterait pour François Fillon, ainsi que Bruno Le Maire, qui a raté le pari du "renouveau" en recueillant moins de 3% des suffrages.

Seule Nathalie Kosciusko-Morizet, qui devrait ravir à Bruno Le Maire la quatrième place, a dit choisir le maire de Bordeaux.

Sept candidats se disputaient l'investiture en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Les quatre "outsiders" sont écrasés par le trio de tête, plus particulièrement Bruno Le Maire, qui ambitionnait de jouer le rôle de "faiseur de rois". L'ancien ministre et député (Les Républicains) de l'Eure est devancé de peu par Nathalie Kosciusko-Morizet (autour de 2,5% chacun). Jean-Frédéric Poisson obtient 1,4% et n'a pas donné de consigne de vote, et Jean-François Copé, qui subit un camouflet avec moins de 1% (0,3%).

Ce scrutin inédit à droite a été marqué par une participation record dans les 10.228 bureaux de vote ouverts en France métropolitaine et outremer. Elle était de plus de 2,5 millions de votants à 17h00 (16h00 GMT), selon Thierry Solère, le président du comité d'organisation de la primaire.

Des bureaux de vote, qui ont fermé à 19h00 (18h00 GMT) en France métropolitaine, ont dû faire face à une forte affluence, à Paris notamment, ce qui a retardé les opérations de dépouillement. En 2011, lors de la primaire socialiste, 2,6 votants s'étaient déplacés au premier tour.

Cette primaire dont Nicolas Sarkozy ne voulait pas, signe sa sortie prématurée du paysage politique, quatre ans après sa défaite à l'élection présidentielle de 2012.

REUTERS/Ian Langsdon

"La page des guerres fratricides de notre famille politique est donc tournée je l'espère définitivement", a souligné l'ancien président lors d'une déclaration à son QG de campagne.

"Comme je l'ai toujours fait tout au long de ma vie politique, j'ai défendu mes valeurs, j'ai défendu mes convictions, avec ardeur avec passion et avec le souci exclusif de la France", a-t-il poursuivi, assurant n'éprouver ni "amertume" ni "tristesse".

"Je ne suis pas parvenu à convaincre une majorité d'électeurs je respecte et je comprends la volonté de ces derniers de choisir pour l'avenir d'autres responsables politiques que moi", a-t-il ajouté, déclarant, sibyllin, vouloir désormais se consacrer à des passions plus "privées".

Il a dit laisser libres ses électeurs de se prononcer mais a dit choisir François Fillon avec lequel il a plus d'"affinités politiques".

A 61 ans, Nicolas Sarkozy, qui ambitionnait de briguer un nouveau mandat élyséen sur une ligne droitière pour porter la voix de "la France en colère", n'aura pas réussi à relever ce pari, toujours lettre morte dans l'histoire de la Ve République.

L'échec apparaît d'autant plus douloureux pour l'ex-"hyperprésident" que son ancien Premier ministre, taxé de "collaborateur" sous son mandat, jouit d'un plébiscite surprise alors qu'il était condamné il y une quinzaine de jours à la troisième, voire quatrième place.

Le député de Paris, 62 ans, a bénéficié dans la dernière ligne droite de la campagne d'une dynamique sans précédent dans les annales politiques de la Ve République, parvenant dans un véritable coup de théâtre à détrôner Alain Juppé.

Revers pour Juppé

Selon plusieurs sondeurs, ce gaulliste social, héritier de Philippe Séguin, aurait tiré profit d'une forme de "vote-refuge" des électeurs de droite, devenant après le maire de Bordeaux le réceptacle de l'anti-sarkozysme.

Les enquêtes qui ont testé l'hypothèse d'un duel Fillon-Juppé avant le premier tour donnaient le Sarthois gagnant.

Premier sur la ligne de départ en 2013, François Fillon a fait campagne sur un programme économique très libéral, d'inspiration thatchérienne, critiquant l'"extrême prudence" des propositions d'Alain Juppé.

Parmi l'un des premiers, en 2013, à avoir ouvert le "droit d'inventaire" à l'encontre de Nicolas Sarkozy et de son bilan, dont il se dit toutefois comptable, François Fillon, éternel "numéro deux" et meurtri par sa défaite face à Jean-François Copé lors de l'élection contestée à la présidence de l'UMP en 2012, tient là une revanche éclatante.

REUTERS/Benoit Tessier

Ce résultat constitue à l'inverse un revers cuisant pour Alain Juppé qui escomptait tirer les bénéfices de ses appels au rassemblement, des "déçus du hollandisme" à ceux du Front national en passant par les centristes de l'UDI et du MoDem. Il se retrouve désormais en danger, les électeurs ayant clairement signifié leur soutien à une ligne idéologique plus "droitière".

"C'est quelqu'un qui n'aime pas les slogans, et de ce point de vue-là, quand on ne fait pas une campagne de slogans, on n'imprime peut être moins dans l'opinion", a réagi sur France 2 l'un des porte-parole du maire de Bordeaux, Maël de Calan.

"Ma conviction, c'est que la campagne démarre maintenant, on va voir le programme de François Fillon qui est très dur", a dit l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, soutien d'Alain Juppé, sur France 2.

"Je pense que c'est Alain Juppé qui a le plus l'incarnation de la fonction présidentielle", a-t-il dit, estimant qu'il était le mieux à même de contrecarrer la candidate du Front national, Marine Le Pen.

Business Insider