Dans de nombreux pays développés, plus de la moitié des entreprises assurent qu'elles adopteront la blockchain d'ici moins de quatre ans, selon une étude du Forum économique mondial

Cette technologie, qui s'apparente à un registre numérique décentralisé et sécurisé, contenant l'historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création, reste néanmoins abstraite et obscure pour beaucoup d'entreprises. 

Plusieurs raisons viennent freiner son adoption. Alexandre Berthier, Business Solution Strategist de l'éditeur de logiciels américain VMware, identifie notamment deux inconnues pour les entreprises à propos de la blockchain, de nature à les faire renoncer pour le moment à cette nouvelle technologie:

  • La performance de la blockchain: à quelle vitesse fonctionnera-t-elle, par rapport à la blockchain sur laquelle repose le bitcoin et qui permet aujourd'hui de valider un nouveau bloc pour réaliser une transaction seulement toutes les dix minutes. La question sous-jacente est donc dans quelle mesure l'implémentation de cette technologie peut-elle accélérer les process.
  • La "scalabilité" de cette technologie, soit la possibilité d'adapter la blockchain à l'activité de l'entreprise et à ses évolutions: "il y a une problématique d'exploitation, pour mettre en place et déployer cette infrastructure complexe", souligne Alexandre Berthier. 

Claire Balva, cofondatrice de Blockchain Partner, une structure qui accompagne les entreprises dans leurs projets liés à la blockchain, souligne "le manque de retour d'expérience" aujourd'hui sur cette technologie: "est-ce que ça va rapporter ou coûter à l'entreprise?", peuvent, selon elle, se demander les patrons. 

L'absence de certitude sur le retour sur investissement peut logiquement constituer un frein à l'adoption de la blockchain, comme pour d'autres nouvelles technologies.

Le coût de son implémentation peut être "moins chère si une entreprise n'est pas encore digitalisée", souligne par ailleurs Claire Balva. Une société dont le fonctionnement repose déjà sur une structure numérique devra effectivement remplacer tout un système. "Il y a une phase d'apprentissage et de développement technique au départ", ajoute-t-elle.

La blockchain privée plus rassurante pour les entreprises

Pour Emmanuel Moyrand, président de Monuma, une application reposant sur la blockchain pour certifier des objets de valeurs, cette technologie "doit permettre de tout automatisée et d'accélérer la création de valeur". Il croit à sa diffusion notamment dans le secteur de l'assurance.

Le groupe Axa a d'ailleurs ouvert à l'automne 2017 une plateforme d'assurance, basée sur la blockchain publique Ethereum, pour couvrir les retards d'avion. En France, beaucoup de projets sont en cours. Le distributeur Carrefour a aussi lancé une blockchain privée pour garantir la traçabilité du poulet d'Auvergne, début mars. Et huit autres produits vendus dans ses magasins doivent suivre. 

A l'inverse de la blockchain publique, la blockchain privée n'est consultable qu'en interne, au sein de la filière du poulet d'Auvergne par exemple, pour suivre les différentes étapes de de la production à la commercialisation. La différence est comparable à un intranet dans une entreprise, accessible seulement aux salariés, par rapport à internet, ouvert à tous.

L'adoption d'une blockchain publique permet donc à tout le monde de pouvoir consulter les informations et transactions qui s'accumulent au fil du temps. Elle peut notamment être utilisée par les entreprises pour vérifier les diplômes de candidats à l'embauche.  

Mais pour leur activité professionnelle, les sociétés sont souvent frileuses à l'idée d'adopter une blockchain publique, qui offrirait une grande transparence sur leurs opérations.

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